DROGUE DURE ou DOUCE ?

OxyContin: l’incroyable saga de l’antidouleur qui décime les Américains

Adrienne Rey 

Aux États-Unis, la crise des opiacés fait rage. En 2017, elle a tué 64.000 personnes, devenant la première cause de mortalité accidentelle. Une famille –les Sackler– a construit sa fortune sur la vente du plus populaire de ces antidouleurs: l’OxyContin…

Deux pilules de vingt milligrammes d'OxyCotin. | 
Handout / US Drug Enforcement Administration / AFP
Deux pilules de vingt milligrammes d’OxyCotin. | Handout / US Drug Enforcement Administration

La Mortimer Sackler est une rose appréciée des horticulteurs pour l’élégance de sa corolle, son parfum entêtant et sa résistance aux maladies… Elle a été baptisée ainsi en 2010 pour honorer la mémoire du médecin éponyme, peu connu du grand public, mais père de l’un des antidouleurs les plus puissants au monde: l’OxyContin. Un médicament aujourd’hui accusé d’avoir déclenché une grave crise sanitaire aux États-Unis, où l’espérance de vie est en baisse –une première depuis cinquante ans. Ce recul s’explique en partie par les overdoses mortelles d’opiacés, qui tuent chaque jour 175 personnes, soit l’équivalent d’un Boeing 747 qui s’écraserait chaque semaine… Une situation dramatique, qualifiée «d’urgence nationale» par le président Trump.

À côté des antidouleurs pointés du doigt, comme le Fentanyl et le Percocet, un nom revient souvent, celui de l’OxyContin. Dérivé de l’oxycodone, un analgésique puissant classé comme stupéfiant par l’OMS, il est commercialisé depuis 1995 par le laboratoire pharmaceutique Purdue Pharma, fondé par les frères Sackler.

Dès sa mise sur le marché, cet antidouleur est considéré comme révolutionnaire. À la différence des formules existantes, l’OxyContin promet de soulager la douleur «en continu», sur une période de douze heures. Une particularité dont il tire d’ailleurs son nom, formé à partir de continuous.

En France, le recours à l’OxyContin est très réglementé. Il reste essentiellement prescrit dans le cas de douleurs cancéreuses. A contrario, depuis les années 2000, son usage s’est massivement répandu en Amérique du Nord, où il est désormais employé pour apaiser fibromyalgies, blessures sportives ou encore les douleurs liées à l’arthrose. Six ans après son lancement, l’OxyContin générait déjà près d’un milliard de dollars de bénéfice sur le sol américain.

Le plus court chemin vers l’héroïne? 

Pourtant, dès la fin des années 1990, on soupçonne ce médicament «miracle» de présenter un grand risque addictif. Il est facile de réduire un comprimé d’OxyContin à l’état de poudre, pour la sniffer ou se l’injecter –ce qui procure un effet proche de l’héroïne. Face aux critiques, Purdue Pharma sort une nouvelle formule en 2010, plus difficile à écraser. Une bonne idée, qui va pourtant se révéler désastreuse… Les accros à l’ancienne version vont mal vivre ce sevrage forcé et se tourneront vers des alternatives moins chères et plus dangereuses. Établi avec certitude, ce lien entre OxyContin et drogues dures, a fait l’objet de nombreux travaux de recherches.

On citera, entre autres, l’étude de trois économistes de l’Indiana parue en 2017 et intitulée «How the Reformulation of OxyContin Ignited the Heroin Epidemic» (Comme la nouvelle formule de l’OxyContin a initié l’explosion de consommation d’héroïne). Celle-ci montre qu’un tiers des consommateurs de cet antidouleur se sont ensuite tournés vers d’autres drogues –l’héroïne pour 70% d’entre eux. D’après l’American Society of Addiction Medicine, quatre consommateurs d’héroïne sur cinq auraient d’ailleurs commencé avec des opiacés sur ordonnance. Aujourd’hui, un véritable marché noir s’est mis en place. À New York, par exemple, un cachet «d’Oxy» se négocie aux alentours de quatre-vingt dollars.

Sous le feu des critiques, Purdue Pharma doit répondre aux accusations de la presse américaine, qui reproche au laboratoire pharmaceutique d’avoir sciemment sous-évalué le risque addictif de l’OxyContin, vendu à grand renfort de publicité…

Secrets, mensonges et séduction

Révolutionnaire, l’OxyContin? Le Los Angeles Times en doute. En 2016, le journal révèle les conclusions confidentielles des tests cliniques réalisés par le laboratoire avant commercialisation. Résultat: sur les douze heures d’actions vantées, l’OxyContin ne procure un réel apaisement que de sept à huit heures.

Un «petit» mensonge aux lourdes conséquences, puisqu’il pousse à la surconsommation et peut entraîner le patient dans une spirale addictive. Quant au changement de formule en 2010, qui aurait pu être pris pour une reconnaissance de responsabilité, il n’aurait été engagé par Purdue Pharma qu’à des fins commerciales. Le brevet de l’OxyContin arrivant à terme, l’entreprise se serait ainsi assuré la mainmise sur le médicament, empêchant la création de génériques par des concurrents.

En 2007, lors d’un procès pour publicité mensongère, Purdue Pharma a plaidé coupable, reconnaissant «avoir exploité les idées reçues du corps médical»,
en laissant croire, à tort, que l’OxyContin était moins puissant que la morphine.
Une tromperie qui aurait fait partie d’un plan de communication à plus grande échelle, comme l’a révélé le New Yorker en octobre 2017. Le laboratoire s’est attiré les bonnes grâces de médecins éminents, à coups de séminaires et de campagnes d’information. 

Lorsqu’il se retrouve inquiété par la justice, Perdue Pharma préfère négocier de coûteux arrangements plutôt que risquer un procès. Ce fut notamment le cas en 2015, où, accusé d’être responsable de l’épidémie de consommation d’opiacés, le laboratoire s’est engagé à payer vingt-quatre millions de dollars à l’état du Kentucky.

Philantropes et bienfaiteurs de l’art

Mais le plus grand coup de génie des Sackler reste d’avoir parfaitement dissocié leur patronyme du produit qu’ils commercialisent. Ni leur labo, ni leurs médicaments n’en font mention. Il existe pourtant un monde où leur nom est bien connu: celui des amateurs d’art et de musées. On trouve ainsi une aile Sackler au Metropolitan Museum et au Guggenheim de New York, à la Tate Modern de Londres, ainsi qu’un un escalier «Sackler» au Musée Juif de Berlin. Depuis 1971, la famille a même droit à un morceau d’espace, puisqu’un astéroïde porte son nom.

Ce «philantrophywashing» n’épargne pas la France, où on inaugura en 1997, en grande pompe, «l’aile Sackler des Antiquités Orientales» au Musée du Louvre. En 2013, Raymond Sackler, l’un des trois frères fondateurs, est même promu officier de la Légion d’honneur. Dans son discours de cérémonie, le diplomate François Delattre salue «l’un des médecins les plus remarquables de la psychiatrie, […] prospère homme d’affaires, grand ami de la France et individu exceptionnel».

À défaut de l’écrire sur les boîtes de leurs médicaments, les Sackler ont aussi gravé leur nom aux frontons de grandes universités, parmi les plus prestigieuses, de Tel-Aviv à Leiden en passant par Cambridge, Harvard ou encore Yale, où les enfants de Raymond Sackler, Richard et Jonathan, ont ouvert une chaire de médecine. La nouvelle génération n’a pas attendu la mort du dernier des frères Sackler, en 2017, pour reprendre le flambeau. Marissa, la fille de Mortimer, dirige Beespace, une organisation à but non lucratif qui lève des fonds pour des organismes humanitaires, tels que le Fonds Malala pour le droit à l’éducation des filles.

Une dynastie de self-made (wo)men

Aujourd’hui à la tête d’un empire financier établi à quatorze milliards de dollars par le magazine Forbes, les Sackler comptent parmi les familles les plus riches d’Amérique, devant les Rockefeller et juste derrière les Busch, fondateurs de Budweiser, la bière leader sur le marché américain.

En bonne compagnie parmi ces géants de l’industrie U.S., les Sackler illustrent un pan du rêve américain. Descendant d’une famille juive originaire d’Europe de l’Est, arrivée à Brooklyn dans les années 1920, la fratrie composée d’Arthur, de Raymond et de Mortimer entre très tôt dans les affaires. En 1952, les trois frères se portent acquéreurs de la Purdue Frederick Company, un modeste fabricant de médicaments du Greenwich Village. À l’époque, on est encore bien loin de l’empire Purdue Pharma, et les frères font tourner la boutique grâce à la vente de spray pour les oreilles, de laxatifs ou de Bétadine.

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Il faudra attendre une décennie pour voir les Sackler réussir leur premier coup. Arthur Sackler est contacté par le laboratoire Hoffmann-La Roche, concepteur du Librium et du Valium, pour mettre au point une stratégie de développement destinée à vendre ces composés aux propriétés anxiolytiques. Le coup de maître d’Arthur est d’avoir élargi les prescriptions de ces produits à de très nombreuses indications. Le Valium connaîtra un succès sans précédent, devenant le médicament le plus vendu aux États-Unis. Arthur Sackler a réussi à le marketer pour le vendre à une population sans troubles psychiatriques, notamment aux étudiants stressés. Le journaliste Patrick Radden Keefe dit de l’aîné de la fratrie: «Dès qu’il s’agissait de l’alchimie du marketing, Arthur faisait preuve d’une intuition digne de Don Draper [le héros de la série télévisée Mad Men, ndlr].» 

Moins porté sur les affaires, le cadet Mortimer finira, lui, par renoncer à sa citoyenneté américaine en 1974 (prétendument pour des raisons fiscales) et mènera grand train en Europe, sur les plages du Cap d’Antibes ou en compagnie du gotha suisse. Le petit dernier, Raymond, plus réservé et plus consciencieux, deviendra le patriarche de la dynastie Sackler. Se rendant régulièrement dans les bureaux de Purdue, il aimera se faire appeler «Dr. Sackler» jusqu’à sa mort en juillet 2017, respectivement sept et trente ans après celles de ses frères Raymond et Arthur.

Responsabilité individuelle

De plus en plus attaqué, Purdue Pharma sort de sa réserve habituelle pour se constituer une défense. L’entreprise refuse de porter seule la responsabilité de la crise des opiacés, rappelant qu’elle ne représente que 2% des parts du marché des antidouleurs. Pourtant, le pic de consommation est bien consécutif au lancement de l’OxyContin, qui bouleversa les politiques de vente.

Un kit anti-overdose, désormais vendu dans les pharmacies new-yorkaises sans ordonnance pour tenter de limiter le nombre de victimes de la crise des opiacés. | Spencer Platt/Getty Images/AFP 

L’autre argument traditionnellement avancé par Pharma Purdue est celui de la responsabilité individuelle. Ce ne serait pas le produit ni la dose qui feraient le poison, mais le consommateur. J. David Haddox, directeur adjoint de la politique sanitaire du laboratoire, aurait un jour déclaré, avec un cynisme dont on vous laisse juge: «Si je vous donne une branche de céleri et que vous la mangez, c’est bon pour votre santé. Mais si vous décidez de la passer au blender et de vous l’injecter dans les veines, ça ne le sera pas…»

«La drogue la pure que j’ai jamais goûtée»

En janvier dernier, Bill de Blasio, le maire de New York annonçait que la ville avait décidé de poursuivre en justice les grands laboratoires pharmaceutiques pour leur rôle dans l’épidémie de consommation d’opiacés, chiffrant le préjudice à hauteur de 500 millions de dollars. Dans cette bataille, de Blasio a été rejoint par Elizabeth Sackler. Connue pour son féminisme et son action philanthropique, la fille d’Arthur s’est depuis longtemps désolidarisée de sa famille, estimant toutefois que son père, mort avant la sortie de l’OxyContin, ne pouvait en aucun cas être jugé responsable de la crise actuelle.

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Une autre personnalité peut compter sur le soutien d’Elisabeth Sackler: la célèbre photographe américaine Nan Goldin. Elle a fait de la lutte contre les opiacés un combat personnel. C’est qu’elle connaît bien les affres de l’addiction, ayant été personnellement accro à l’OxyContin pendant plus de trois ans, après se l’être fait prescrire une première suite à une blessure au poignet. Sur son compte Instagram, une série de clichés documente sa descente aux enfers. On y aperçoit, entre autres, la chambre occupée par la photographe lors d’un séjour à Berlin où une tablette d’OxyContin gît au milieu d’autres objets.https://www.instagram.com/p/Bd6AZhwlQ-m/embed/captioned/?cr=1&v=8&wp=1316&rd=http%3A%2F%2Fwww.slate.fr&rp=%2Fstory%2F159295%2Foxycontin-antidouleur-crise-opiaces-americains-accros-morts#%7B%22ci%22%3A0%2C%22os%22%3A1070%2C%22ls%22%3A936%2C%22le%22%3A946.0000000000001%7D

That’s how it started… | nangoldinstudio / Instagram

Goldin raconte avoir pris le médicament comme indiqué, ce qui ne l’a pourtant pas empêchée de devenir accro en une nuit: «C’était la drogue la pure que j’ai jamais goûtée.» Rapidement, sa dose quotidienne passe de trois à dix-huit pilules. Prisonnière de l’addiction, la vie de Goldin ne gravite plus qu’autour des antidouleurs: «En trouver, en utiliser, comptant et recomptant les cachets.» Les écraser et les sniffer était devenu «un travail à temps plein». Après des mois sans quitter son domicile, si ce n’est pour retrouver son dealer, Nan Goldin fait une overdose de Fentanyl, un cousin de l’OxyContin, et se retrouve en cure de désintoxication. 

Aujourd’hui libérée de cette drogue, la célèbre photographe, qui se présente comme «une survivante», a créé un groupe d’action intitulé P.A.I.N. (Prescription Addiction Intervention Now). Publiée sur Instagram, sa lettre ouverte aux Sackler les tient «pour responsables de l’épidémie» et les accuse d’avoir blanchi de l’argent sale auprès des musées et des universités.https://www.instagram.com/p/Bdlh-hsFG3Z/embed/captioned/?cr=1&v=8&wp=1316&rd=http%3A%2F%2Fwww.slate.fr&rp=%2Fstory%2F159295%2Foxycontin-antidouleur-crise-opiaces-americains-accros-morts#%7B%22ci%22%3A1%2C%22os%22%3A1072%2C%22ls%22%3A936%2C%22le%22%3A946.0000000000001%7D

Lettre ouverte. | nangoldinstudio / Instagram

Si elle ne demande pas aux bénéficiaires de rendre l’argent, Nan Goldin les enjoint à ne plus en accepter. Quant aux Sackler et à Purdue Pharma, elle voudrait qu’ils utilisent leur fortune pour financer la lutte contre l’addiction.

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La photographe conclue sur ces mots: «Laissons derrière nous un monde meilleur que celui dont nous avons hérité.» Les mêmes que ceux qu’Arthur Sackler aurait dit à ses enfants peu avant de mourir en 1987.

Police, gendarmerie, cannabis et narcotrafic : un été sur tous les fronts

Que ce soit dans la Creuse, la Corrèze, la Loire ou la Nièvre, des hommes et des femmes se postent résolument en première ligne dans la guerre contre le cannabis. Ils le font fièrement savoir sur twitter. Petit récit humoristique sur une dérive liberticide.

Par Jérôme Morvan.

En cette fin août la chaleur est inhabituelle qui, au petit matin déjà, se languit sur les champs moissonnés. Au cœur de la Creuse, le bruit d’un moteur perce le silence de la campagne. Deux phares jaillissent et accompagnent le jour qui point. Le véhicule s’arrête sur l’accotement dans un crachin de paille sèche. Les visages d’un homme et d’une  femme se découpent sous l’éclairage du plafonnier. L’habitacle est silencieux, chacun sait ce qu’il a à faire en attendant les collègues.

Une portière s’ouvre et se referme lentement. L’homme s’éloigne de quelques pas, les mâchoires serrées et le regard sombre. L’adjudant Frédéric* vérifie machinalement une dernière fois l’accroche de son chargeur sur son pistolet Sig Sauer SP2022, puis, déterminé, il arme la culasse pour chambrer une cartouche de 9 mm.

La brigade de gendarmerie de Sainte-Feyre à laquelle il appartient est surtout connue et appréciée pour ses opérations de contrôles de vitesse sur la nationale 145 et sa gestion sans faiblesse des attestations de déplacements durant le confinement. Mais ce qui se joue aujourd’hui est une affaire d’une autre dimension.

« Gaston*, fais pas l’con ! T’es encore jeune ! Il te reste de belles années. »

Gaston* maugrée mais il se sait défait. Au contact froid du métal, il sent les menottes et la rigueur de la justice se refermer sur ses poignets.

Nitescence inattendue dans la noirceur de l’âme humaine : vue la luxuriance des plants saisis, Gaston* a sûrement respecté l’arrêté préfectoral interdisant l’arrosage des cultures, pelouses, plates-bandes et jardinières. Peut-être n’est-il pas totalement un monstre.

Dans la soirée, la brigade au complet se réunit au Domespace Grill pour une fête dans le respect des gestes barrières. Contrecoup de la tension : c’est une bombance peu raisonnable de pâtés aux patates et de fondu aux frites. Ne pouvant briser le lien forgé dans l’action, les gendarmes décident de se rendre place Bonnyaud à Guéret (sauf Fabienne* qui a tenté la fondu** sur son pâté aux patates et qui est malade), pour un after fraternel jusqu’au petit matin à 21 h 30.

UN CHAMP DE BATAILLE NATIONAL

La raison d’un tel acharnement contre Cannabis sativa L. demeure cependant obscure. Le chanvre n’intoxique éventuellement que ceux qui le consomme, comme l’orge malté qui donne la bière. Les gendarmes se seraient-ils mépris, confondant avec -par exemple- l’ambroisie, Ambrosia artemisiifolia L., une plante envahissante et allergisante ?

Et puis, en détruisant la production locale auto-consommée, pourquoi des militaires français se comportent-ils en supplétifs des producteurs mafieux du rif marocain ? C’est absurde.

PAS LE COUTEAU LE PLUS AFFÛTÉ DU TIROIR

Il faut dire que la confusion perle d’en haut. Voici comment le ministre de l’Intérieur défend l’amende forfaitaire de 200 euros pour usage de stupéfiant (minorée à 150 euros en cas de paiement sous quinzaine), mise en place depuis le début du mois et dont il entend assurer la publicité

Gérald reconnaît de lui-même que la politique qui découle depuis cinquante ans de la mise en œuvre de la loi de prohibition du 31 décembre 1970 génère « le crime organisé » et la « délinquance du quotidien », elle assurerait même « le financement du terrorisme ». La consommation sans la prohibition n’engendre pas les mafias, pourtant, selon Le Point, c’est le grand retour de la politique du chiffre.

UNE DÉMONSTRATION PAR L’ABSURDE DU MAUVAIS EMPLOI DES FORCES DE POLICE ?

Les propos et les consignes du ministre ont naturellement déclenché l’action des préfets, toujours relayée sur twitter. Ici dans la Nièvre et en Corrèze. Là encore de belles saisies, un sachet de cannabis d’un coté et six têtes florales de l’autre ; il faut dire qu’il s’agissait d’une opération d’envergure…

Les préfets sont des hauts fonctionnaires soumis au devoir de réserve, ils exécutent les ordres. Leur seul moyen d’exprimer une opposition éventuelle passe visiblement par l’exhibition de ces opérations pathétiques. Des contrôles aléatoires où tous sont suspects offrent le spectacle d’une police d’occupation dans un pays colonisé par sa propre administration. Dans un État de droit, les forces de police assurent la protection des libertés individuelles, elles ne se battent pas contre la population pour des crimes imaginaires.

Sur twitter les commentateurs acerbes, indignés ou amusés du mésusage des forces de police ne s’y sont pas trompés, mais pour l’heure Gérald n’a pas percuté. Il continue d’être satisfait de lui-même. Tous les prénoms ont été modifiés. L’ensemble du paragraphe n’est de toutes façons qu’une œuvre de fiction, grossier plagiat du style de Sophie Noachovitch du «Nouveau détective». Quelle que soit l’incrédulité qu’ils peuvent susciter, l’ensemble des tweets cités sont en revanche authentiques.** il s’agit bien du fondu creusois (n. m.)

Légaliser le cannabis diminue le nombre de crimes violents et met les dealers au chômage

Par Daniel J. Mitchell.

La guerre contre la drogue est une mauvaise chose. Non pas que chacun devrait en  consommer, mais plutôt parce que la prohibition nuit davantage à la société qu’elle ne l’améliore.

Plus encore, bien que je sois personnellement contre sa consommation, je défends le principe libertarien selon lequel chaque individu devrait être libre de disposer de son corps comme il l’entend, même pour des choses idiotes.

LES DERNIÈRES RECHERCHES

Pour défendre cela d’un point de vue pragmatique, nous nous appuierons aujourd’hui sur une récente étude tout à faire surprenante, réalisée par Evelina Gavrilova, Takuma Kamada, et Floris Zoutman (respectivement deux économistes et un criminologue), dont voici le résumé :

« Nous étudions les effets des lois autorisant l’usage du cannabis thérapeutique (MMLs) sur la criminalité… À partir de données issues de l’Uniform Crime Reports (U.C.R), nous montrons que l’introduction de ces lois a fait baisser de 12,5 % le nombre de crimes violents (tels que les homicides, agressions et vols) dans les États limitrophes au Mexique. Nous montrons aussi que ces crimes diminuent à mesure qu’on se rapproche de la frontière (dans les comtés situés à moins de 350 km)…

L’analyse des données du Supplementary Homicide Reports (S.H.R) révèle que la diminution de ces crimes peut largement être attribuée à la baisse des meurtres liés à la drogue. Nous apportons les preuves que l’introduction d’une loi en faveur du cannabis thérapeutique dans un État donné permet, tel un effet propagateur, la diminution des crimes dans son État voisin.

Nos résultats corroborent l’idée que l’assouplissement de la réglementation sur le cannabis thérapeutique réduit l’activité des organisations de trafics mexicains dans la zone frontalière. Ces organisations font ainsi face à une concurrence légale, qui entraine ainsi une baisse significative de leurs profits dans l’un des marchés de la drogue les plus lucratifs. »

En un mot comme en cent : dépénalisez l’usage des drogues, et le nombre de crimes diminue.

Voici pour ceux qui souhaitent un exemple pertinent issu de l’analyse économique de l’étude :

« Le diagramme 2 représente le marché du cannabis. Par souci de simplification, nous partirons du postulat que la consommation de cannabis récréatifs et de cannabis thérapeutiques est parfaitement substituable, de sorte que l’offre et la demande des deux substances peuvent être représentées par une même courbe.blob:https://www.geraldineclaise.fr/55399931-dcc7-4107-b5e1-4c77d1263242

La courbe SDTO (Supply Drug Trafficking Organizations) représente la courbe d’offre pour les dealers (DTO), plus le nombre de dealers augmente, plus il y a de cannabis disponible.

S0 représente le nombre de dealers (courbe SDTO) auxquels on ajoute le nombre de producteurs locaux. On considère que ces deux groupes alimentaient déjà les réseaux avant l’application des lois sur le cannabis thérapeutique.

L’autorisation du cannabis thérapeutique permet l’arrivée de nouveaux producteurs locaux, ce qui correspond à la courbe en S1. On assiste à une réduction du prix, une augmentation de la quantité totale de cannabis disponible mais à la diminution des quantités vendues par les dealers.

La surface grisée du schéma correspond à la perte subie par les dealers. »

Ci-dessous, le graphique montre comment la légalisation entraîne des pertes importantes pour les dealers.

On pourrait assimiler la zone grisée en une perte sèche comme lors de la mise en place d’une taxe. Il faut néanmoins garder en tête que les pertes subies par les trafiquants de drogue sont bénéfiques pour la société, à l’inverse des pertes dues à une mauvaise politique fiscale.

L’ESPRIT DE LA GUERRE CONTRE LA DROGUE

Après le volet économique, basculons du côté administratif pour saisir l’esprit de la guerre contre la drogue à partir d’un fait réel :

« Si l’État de l’Illinois légalise l’usage récréatif du cannabis, les forces de l’ordre craignent une perte directe d’emplois d’une centaine d’agents, en particulier ceux à quatre pattes… Près de 275 unités cynophiles de police existent dans l’Illinois… Comme de nombreux chiens dans ces unités sont dressés pour ne pas être sociaux, et ce afin d’améliorer leur efficacité de travail, Larner a alors fait remarquer qu’une centaine d’entre eux devront être euthanasiés. »

Oui. Vous avez bien lu. Ceux qui font la guerre à la drogue menacent de tuer leurs chiens si jamais le cannabis est légalisé. (Note : après de sévères critiques, le chef du département de police en question a formellement nié que cela arriverait.)

Pas besoin de dire qu’il s’agit d’une version tordue des manigances du Washington Monument1. Comme cela s’est passé dans le Massachusetts il y a quelques années.

Terminons enfin par un regard malin, et à la fois précis, du système actuel :

J’aime particulièrement le dernier cycle, celui qui montre que la violence engendre toujours plus de violence, bien qu’il aurait aussi pu afficher que cela entrainait aussi des profits encore plus grands pour les dealers.

La bonne nouvelle est que nous sommes en train de remporter cette bataille. De plus en plus d’États légalisent, et de plus en plus de personnalités nous soutiennent ( aussi bien des libertariens tels que John Stossel and Gary Johnson, mais aussi des sceptiques classiques comme  Pat RobertsonCory BookerMona CharenJohn McCain, ou encore Branson).

PS : le seul inconvénient lié à la légalisation est qu’elle devient pour les politiciens une nouvelle source de recette fiscale.

Traduction pour Contrepoints de How Marijuana Legalization Reduces Violent Crime and Puts Drug Smugglers out of Work.

  1. Washington Monument Ploy, tactique politique consistant à couper les services publics les plus visibles, les plus populaires et/ou les plus utiles tout en ne touchant pas aux services publics les moins importants. Cela afin de faire pression sur le législateur. 

La pénalisation française du cannabis n’empêche pas son trafic d’exploser. Au nom d’une posture morale, la classe politique, notamment à droite, se drape dans un aveuglement aussi absurde qu’inefficace. Comble de la tartufferie, la nouvelle amende forfaitaire infligée aux consommateurs remplit les caisses de l’État.

Lorsqu’on s’affiche « Causeur Friendly », on éprouve souvent un sentiment d’irréalité face au traitement médiatique de l’immigration, au décalage asphyxiant entre les discours progressistes et la dure réalité d’une France multicul par-dessus tête. La prohibition du cannabis, conte pour enfants comparable à celui de la maîtrise de nos frontières, devrait susciter en nous un vertige équivalent au regard de l’ampleur du foutage de gueule – l’un des plus grands de ce pays, pourtant peu avare en politiques publiques cataclysmiques.

Des rires préenregistrés mériteraient d’accompagner toutes les déclarations martiales des ministres annonçant un renforcement de la lutte contre l’« économie souterraine » des cités. La guerre contre la drogue (aussi victorieuse que Napoléon à Waterloo) possède désormais tous les attributs de la farce tragique jouée par des comédiens au bout du rouleau.

Des milliers de personnes vivent directement du trafic

Des réseaux parfaitement organisés fournissent du haschisch aux Français, du CM2 jusqu’à leur entrée dans la vie active et bien au-delà. Un maillage territorial, digne de celui de McDo, permet de structurer autour de « fours » une distribution efficace. Ces points de vente s’apparentent au drive-in tant du point de vue du service que du chiffre d’affaires (on évoque 20 000 euros nets par jour par four). Côté action, la police se lance sans conviction dans des descentes aux résultats insignifiants, quand elle ne reçoit pas tout simplement l’ordre de garer ses voitures dos aux points de deal – vivre-ensemble oblige. L’action, la vraie, relève à présent quasi exclusivement des trafiquants et de leurs règlements de comptes en scooter, option Uzi. Les habitants des cités n’ont depuis belle lurette d’autre choix que celui de subir ou de jouer les nourrices en stockant le shit, ce qui est parfois le cas d’immeubles entiers. Résultat tangible de la prohibition, plusieurs dizaines (centaines ?) de milliers de personnes vivent directement du trafic du cannabis dans des territoires généralement réputés perdus, mais qui ne le sont pas pour tout le monde. Face à ce qu’un observateur débarqué de Mars qualifierait de fiasco complet, les autorités françaises viennent de réagir fermement : au lieu d’une année de prison totalement virtuelle, la fumette sera désormais soumise à une amende forfaitaire de 200 euros. Panique chez les dealers et les consommateurs (rires enregistrés).

Imaginons les dealers plutôt en autoentrepreneurs du joint ou en franchisés d’un futur Nicolas de la ganja

Quartier des Grésilles à Dijon, 15 juin 2020 : opération de police, après quatre journées de violences intercommunautaires sur fond de trafic de drogue. © PHILIPPE DESMAZES / AFPQuartier des Grésilles à Dijon, 15 juin 2020 : opération de police, après quatre
journées de violences intercommunautaires sur fond de trafic de drogue. © PHILIPPE DESMAZES / AFP

Même lorsque le voile de la farce se déchire à Dijon – où le trafic de drogue constituait bien sûr la toile de fond de l’affrontement entre Tchétchènes et Maghrébins –, ni les Français ni leurs gouvernants ne paraissent pourtant vouloir remettre en cause la fable de la prohibition du cannabis. Ce statu quo délétère paraît satisfaire tant la gauche libertaire – ce que l’on peut comprendre – que la droite sécuritaire – ce qui est plus mystérieux.

A lire aussi: Amende de 200€ pour les consommateurs de cannabis: encore un enfumage?

La gauche libertaire a en effet gagné depuis longtemps le combat hédoniste du droit individuel à la fumette. La prohibition d’opérette la contente pleinement : la demande, notamment celle des beaux quartiers, se voit comblée et dépénalisée de facto. Quant aux réseaux, ils permettent un ruissellement de la manne du trafic vers la population locale, offrant aux banlieues un informel RSA (canna)bis aux vertus pacificatrices. Qu’au passage, cette délégation publique aux mafias du monopole de la distribution ait accompagné l’émergence d’une contre-société hostile à la France ne lui déplaît pas fondamentalement, c’est plus fort qu’elle.

À droite, on se répartit les rôles entre deux camps. Il y a les défenseurs de la morale et de l

Programme MK-Ultra de la CIA. Archives d’un chercheur sur le LSD

Durant la nuit du 4 juillet 1954, la ville de San Antonio, Texas, a été secouée par le viol et le meurtre d’une fillette de 3 ans. L’homme accusé de ces crimes était Jimmy Shaver, un aviateur de la base aérienne voisine de Lackland, sans casier judiciaire. Shaver a prétendu avoir perdu la mémoire de ces événements.
La victime, Chere Jo Horton, 3 ans, avait disparu vers minuit à l’extérieur de la base aérienne, où ses parents l’avaient laissée sur un parking devant un bar ; elle jouait avec son frère tandis qu’ils y prenaient un verre. Quand ils ont remarqué sa disparition, ils ont formé une équipe de recherche.En moins d’une heure, le groupe est tombé sur une voiture garée près d’une gravière ; les sous-vêtements de Chere étaient suspendus à l’une des portes de la voiture. Shaver est apparu dans l’obscurité. Il était torse nu, couvert de sang et de griffures. N’essayant pas de s’échapper, il a laissé l’équipe de recherche l’accompagner jusqu’au bord de l’autoroute. Les spectateurs l’ont décrit comme « hébété » et dans un état de « transe ».« Qu’est-ce qui se passe ici ? » a-t-il demandé. Il n’avait pas l’air ivre, mais il ne savait pas où il était, comment il était arrivé là, ni de qui était le sang partout sur lui. Pendant ce temps, l’équipe de recherche a trouvé le corps d’Horton dans la gravière. Son cou était brisé, ses jambes avaient été écartées et elle avait été violée.Les agents ont arrêté Shaver. À 29 ans, il s’était remarié récemment, avait deux enfants et aucun antécédent de violence. Il avait été dans le même bar où Horton avait été enlevée mais il était parti avec un ami, qui avait dit à la police qu’aucun des deux n’était ivre, même si Shaver avait l’air défoncé. Avant que les adjoints ne puissent emmener Shaver à la prison du comté, un agent d’un autre commissariat est arrivé avec l’ordre de la police militaire de le mettre en détention provisoire.Vers quatre heures du matin, un commandant de l’armée de l’air a interrogé Shaver et deux médecins l’ont examiné, convenant qu’il n’était pas ivre. L’un d’eux a déclaré plus tard qu’il « n’était probablement pas normal… qu’il était très calme extérieurement, ce à quoi je ne m’attendais pas dans ces circonstances ». Il a été relâché et remis à la prison du comté, et mis en examen pour viol et meurtre.Les enquêteurs ont interrogé Shaver toute la matinée. Quand sa femme est venue lui rendre visite, il ne l’a pas reconnue. Il a fait sa première déclaration à 10 h 30, catégorique sur le fait qu’un autre homme était responsable : Il pouvait évoquer l’image d’un inconnu avec des cheveux blonds et des tatouages. Cependant, après que le commandant de l’armée de l’air fut revenu à la prison, Shaver a signé une deuxième déclaration endossant l’entière responsabilité. Bien qu’il ne se souvînt toujours de rien, avait-il conclu, il avait certainement dû le faire.Deux mois plus tard, en septembre, les souvenirs de Shaver n’étaient toujours pas revenus. Le commandant de l’hôpital de la base, le Col Robert S. Bray, a ordonné qu’une évaluation psychiatrique soit effectuée par le Dr Louis Jolyon West, chef des services psychiatriques de la base aérienne. Il appartenait à West de décider si Shaver était légalement sain d’esprit au moment du meurtre.Shaver passa les deux semaines suivantes sous la supervision de West. Ils sont retournés sur les lieux du crime, essayant de lui rafraîchir la mémoire. Plus tard, West a hypnotisé Shaver et lui a fait une injection de penthotal sodique, ou « sérum de vérité », pour voir s’il pouvait se débarrasser de son amnésie.Pendant que Shaver était sous hypnose, selon les témoignages, il s’est souvenu des événements de cette nuit-là. Il a avoué avoir tué Horton. Elle avait fait ressortir les souvenirs refoulés de sa cousine, « Beth Rainboat », qui l’avait agressé sexuellement dans son enfance. Shaver avait commencé à boire à la maison cette nuit-là quand il « eut des visions de Dieu, qui lui chuchotait à l’oreille de chercher et tuer la méchante Beth ».Pendant que Shaver était sous hypnose, il a avoué avoir tué la jeune fille. Au procès, il a maintenu son innocence.Au procès, West n’a fait qu’un effort minime pour disculper Shaver. L’aviateur a été reconnu coupable. Bien qu’une cour d’appel ait par la suite statué qu’il avait eu un procès inéquitable, il a été de nouveau condamné lors du nouveau procès. En 1958, le jour de son 33eanniversaire, il a été exécuté par la chaise électrique. Il a maintenu son innocence jusqu’au bout.Le procès, qui reposait sur le témoignage de Shaver, aurait pu se terminer différemment si le jury avait été au courant du passé de West. D’après des documents des archives de West qui ont récemment fait surface, le psychiatre avait certains des liens les plus clairs et les plus néfastes de tous les scientifiques avec le projet MKUltra de la CIA. Les dossiers West – en particulier sa correspondance avec Sidney Gottlieb, l’expert en poisons de longue date de la CIA – ont jeté un nouvel éclairage sur l’un des projets les plus infâmes de l’histoire de l’agence. Probablement composé de plus de 149 sous-projets et d’au moins 185 chercheurs travaillant dans des institutions à travers l’Amérique et le Canada, MKUltra a été, comme l’a dit le New York Times, « un effort secret de vingt-cinq ans et de vingt-cinq millions de dollars de la CIA pour apprendre comment contrôler l’esprit humain ». Ses expériences ont violé les lois internationales, sans parler de la charte de l’agence, qui interdit toute activité sur le territoire national.Lors du procès, West a soutenu que Shaver avait souffert d’une crise de folie temporaire la nuit du meurtre de Chere Jo Horton, mais il a soutenu que Shaver était « tout à fait sain d’esprit maintenant ». Dans la salle d’audience, Shaver n’en avait pas l’air. Un article de journal a dit qu’il s’était « assis pendant les séances exténuantes comme un homme en transe », ne disant rien, ne se levant jamais pour s’étirer ou fumer, alors qu’il était connu pour être un gros fumeur.Une grande partie de l’entretien de West avec Shaver sous sérum de vérité a été lue dans le procès verbal de la Cour. Le médecin avait utilisé des questions suggestives pour guider vers le crime un Shaver envoûté. « Raconte-moi quand tu t’es déshabillé, Jimmy », disait-il. La transcription de l’entrevue, qui a survécu dans les journaux de West, montrait également West essayant de prouver que Shaver avait réprimé ses souvenirs : « Jimmy, tu te souviens quand quelque chose comme ça s’est déjà produit ? » Ou : « Après l’avoir déshabillée, qu’as-tu fait ? »« Je ne l’ai jamais déshabillée », a dit Shaver.L’entrevue a été divisée en trois tiers, et le tiers du milieu n’avait pas été enregistré. Quand la transcription a été prise, il était écrit : « Shaver pleure. Il a été confronté à tous les faits à plusieurs reprises. »West a demandé : « Tu te souviens de tout, n’est-ce pas, Jimmy ? »« Oui, monsieur », a répondu Shaver.Bien que les avocats aient examiné les antécédents médicaux de Shaver, on a peu parlé de l’hôpital de la base où les lettres archivées de West indiquent qu’il avait mené ses expériences MKUltra. Shaver avait souffert de migraines si invalidantes qu’il trempait sa tête dans un seau d’eau glacée quand il sentait qu’une migraine arrivait. Son état était suffisamment grave pour que l’Air Force l’ait recommandé pour un programme expérimental de deux ans. Le médecin qui avait tenté de le recruter n’était pas mentionné dans les dossiers judiciaires ou les transcriptions.À la barre, West a dit qu’il n’avait jamais eu le temps de voir si Shaver avait été traité dans le cadre du programme expérimental. Les responsables de Lackland m’ont dit qu’il n’y avait aucune trace de lui dans leur registre central des patients. Mais, curieusement, selon l’archiviste de la base, tous les dossiers des patients de 1954 avaient été conservés, à une exception près : le fichier des noms de famille commençant par « Sa » à « St » avait disparu.

Dr Louis Jolyon West 
à San Francisco, 
en 1976.

La fascination professionnelle de West pour le LSD était pratiquement aussi vieille que la drogue elle-même. Pendant plusieurs décennies, il a fait partie d’une élite de scientifiques qui l’ont utilisé dans des recherches top-secrètes. Le diéthylamide de l’acide lysergique a été synthétisé en 1938 par des chimistes de Sandoz Industries en Suisse, mais ce n’est qu’en 1947 qu’il a été introduit comme médicament. Dans les années 50, lorsque la CIA a commencé à faire des expériences sur des humains, c’était une nouvelle substance. Albert Hofmann, le scientifique suisse qui avait découvert ses qualités hallucinogènes en 1943, l’avait décrite comme une « drogue sacrée » qui ferait faire un grand pas vers « l’expérience mystique d’une réalité profonde et globale ».Dans les années 50, avant même que les hippies n’adoptent la drogue, « très peu de gens prenaient du LSD sans que quelqu’un ne soit un « maître du voyage » », m’a dit Charles Fischer, un chercheur sur les drogues. La suggestibilité due au LSD s’apparentait à celle de l’hypnose ; West avait étudié les deux en tandem. « On peut dire à quelqu’un de faire du mal à quelqu’un, mais on appelle ça autrement », explique M. Fischer. « Martelez le clou dans le bois, et le bois, peut-être, est un être humain. »West semble avoir utilisé généreusement des produits chimiques dans sa pratique médicale, et ses méthodes ont laissé une marque indélébile sur les psychiatres qui ont travaillé avec lui. L’un d’entre eux, Gilbert Rose, a été tellement déconcerté par l’affaire Shaver qu’il a écrit une pièce à ce sujet.« En 50 ans de carrière, ce fut le moment le plus dramatique de ma vie – quand il s’est frappé le visage et s’est souvenu d’avoir tué la fillette », a dit Rose en 2002 au sujet de l’entretien de Shaver sous sérum de vérité. Mais Rose a été choquée quand je lui ai dit que West avait hypnotisé Shaver en plus de lui donner du penthotal sodique. L’hypnose, dit-il, ne faisait pas partie du protocole de l’entretien.Il n’avait jamais su comment West avait découvert l’affaire tout de suite.« Nous avons été impliqués dès le premier jour », se souvient Rose. « Jolly m’a téléphoné le matin du meurtre. Il a pris l’initiative. »West a affirmé qu’il était dans la salle d’audience le jour où Shaver a été condamné à mort. C’est à cette époque qu’il est devenu farouchement opposé à la peine capitale. Savait-il que ses expériences auraient pu mener à l’exécution d’un innocent et à la mort d’un enfant ? Si sa correspondance avec le chef de la CIA de MKUltra Gottlieb – un an seulement avant le crime – avait été présentée au procès, le résultat aurait-il été le même ?Dès qu’ils y ont eu accès, les scientifiques du gouvernement ont vu le LSD comme une drogue miracle potentielle dans la guerre froide. La recherche américaine véritable sur le LSD a commencé peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les services de renseignements américains ont appris que l’URSS était en train d’élaborer un programme pour influencer le comportement humain par la drogue et l’hypnose. Les États-Unis croyaient que les Soviétiques pouvaient extraire des informations de personnes à leur insu, les programmer à faire de faux aveux, et peut-être les persuader de tuer sur ordre.En 1949, la CIA, alors à ses débuts, a lancé le Projet Bluebird, un programme de contrôle de l’esprit qui testait des drogues sur des citoyens américains – la plupart dans des pénitenciers fédéraux ou sur des bases militaires – qui ne connaissaient même pas la batterie de procédures qu’ils avaient subies, et avaient encore moins donné leur consentement.Leurs abus ont trouvé une justification supplémentaire en 1952, lorsque, en Corée, des pilotes américains capturés ont admis à la radio nationale qu’ils avaient vaporisé des armes biologiques illégales dans la campagne coréenne. C’était un aveu si inadmissible que la CIA a fait porter le blâme sur les communistes : Les prisonniers de guerre ont dû subir un « lavage de cerveau ». Le mot, traduction littérale du chinois « xi nao », n’est apparu en anglais qu’en 1950. Il exprimait une série de craintes qui s’étaient installées dans l’Amérique de l’après-guerre : qu’une nouvelle classe de produits chimiques puisse recâbler et automatiser l’esprit humain.« On peut dire à quelqu’un de faire du mal à quelqu’un, mais on appelle ça autrement », explique M. Fischer. « Martelez le clou dans le bois, et le bois, peut-être, est un être humain. »Lorsque les prisonniers de guerre américains sont revenus, l’armée a fait appel à une équipe de scientifiques pour les « déprogrammer ». Parmi ces scientifiques se trouvait West. Né à Brooklyn en 1924, il s’était enrôlé dans l’armée de l’air pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de devenir colonel. Ses amis l’appelaient « Jolly » pour son deuxième prénom, sa taille impressionnante et sa personnalité imposante. Quand il est sorti, il a fait des recherches sur les méthodes de contrôle du comportement humain à l’Université Cornell. Il prétendra plus tard avoir étudié 83 prisonniers de guerre, dont 56 avaient été contraints de faire de faux aveux. Ses collègues et lui ont été félicités pour avoir réintégré les prisonniers de guerre dans la société occidentale et, ce qui est peut-être plus important encore, pour leur avoir fait renoncer à leurs affirmations d’avoir utilisé des armes biologiques.Le succès de West avec les prisonniers de guerre lui a permis d’accéder aux échelons supérieurs de la communauté du renseignement. Gottlieb, l’expert en poisons qui dirigeait la division chimique du personnel des services techniques de la CIA, ainsi que Richard Helms, chef des opérations de la Direction des projets de la CIA, avaient convaincu Allen Dulles, alors directeur de l’agence, que les opérations de contrôle mental étaient lr. Au départ, l’agence ne voulait qu’empêcher un lavage de cerveau potentiel de la part des Soviétiques. Mais le programme défensif est devenu offensif. L’Opération Oiseau bleu s’est transformée en Opération Artichaut, à la recherche d’un sérum de vérité universel.Dans un discours prononcé à l’université de Princeton, Dulles a averti que les espions communistes pouvaient transformer l’esprit américain en « un phonographe jouant un disque mis sur sillon par un génie extérieur ». Quelques jours à peine après ces remarques, le 13 avril 1953, il lança officiellement le projet MKUltra.On sait peu de choses sur le programme. Après le Watergate, Helms (qui était alors directeur de la CIA) ordonna à Gottlieb de détruire tous les documents de MKUltra ; en janvier 1973, le personnel des Services techniques déchiqueta d’innombrables documents décrivant l’utilisation des hallucinogènes.Au milieu des années 1970, après que le Times eut révélé l’existence de MKUltra en première page, le gouvernement a lancé trois enquêtes distinctes, toutes entravées par la destruction par la CIA de ses dossiers : la Commission du vice-président Nelson Rockefeller sur les activités de la CIA aux États-Unis (1975) ; le Comité sénatorial spécial du sénateur Frank Church chargé d’étudier les opérations gouvernementales en matière de renseignement (1975-1976) ; et les sénateurs Edward Kennedy et Daniel Inouye lors des audiences conjointes du Comité spécial du Sénat sur le projet MKUltra, programme de recherche de le CIA en modification comportementale (1977). Lorsque les dossiers étaient disponibles, ils étaient caviardés ; lorsque des témoins étaient convoqués pour témoigner devant le Congrès, ils avaient des oublis.Nous savons que l’objectif principal du projet était « d’influencer le comportement humain ». Sous son égide se trouvaient au moins 149 sous-projets, dont bon nombre comportaient des recherches sur des participants non avisés. Gottlieb, dont l’aptitude et l’amoralité lui ont valu le surnom de « Sorcier noir », a développé des gadgets tout droit sortis d’histoires de science-fiction de bas étage : des bombes puantes à fort potentiel, des touillettes imprégnées de drogues, des coquillages explosifs, un dentifrice empoisonné. Après avoir persuadé une société pharmaceutique d’Indianapolis de reproduire la formule suisse du LSD, la CIA disposait d’un approvisionnement intérieur illimité de sa nouvelle drogue favorite. L’agence espérait produire des coursiers capables d’intégrer des messages cachés dans leur cerveau, d’implanter de faux souvenirs et d’enlever les vrais chez les gens à leur insu, de convertir des groupes à des idéologies opposées, et plus encore. L’objectif le plus grandiose était la création d’assassins programmés par hypnose.Le travail le plus délicat a été effectué loin de Langley – confié à des scientifiques dans des universités, des hôpitaux, des prisons et des bases militaires partout aux États-Unis et au Canada. La CIA a donné à ces scientifiques des pseudonymes, leur a acheminé de l’argent et leur a appris comment dissimuler leurs recherches aux regards indiscrets, y compris ceux de leurs sujets non avertis.Leur travail englobait tout, de la stimulation électronique du cerveau à la privation sensorielle en passant par la « douleur induite » et la « psychose ». Ils ont cherché des moyens de provoquer des crises cardiaques, des contractions sévères et d’intenses algies vasculaires de la face. Si les médicaments ne faisaient pas l’affaire, ils essayaient de maîtriser la perception extra-sensorielle, les vibrations ultrasoniques et l’empoisonnement aux radiations. Un projet a tenté d’exploiter la puissance des champs magnétiques.MKUltra était si bien classifié que lorsque John McCone succéda à Dulles comme directeur de la CIA à la fin de 1961, il ne fut informé de son existence qu’en 1963. Moins d’une demi-douzaine de hauts gradés de l’agence en ont eu connaissance à tout moment au cours de ses 20 ans d’existence.

Sidney Gottlieb
en 1977

West a dirigé le département de psychiatrie de l’UCLA et son centre renommé de neurosciences jusqu’à sa retraite en 1988. Un jour, parmi un lot d’articles de recherche sur l’hypnose dans les archives de West, j’y ai trouvé des lettres entre West et son homme de main de la CIA, « Sherman Grifford » – le nom de couverture de Sidney Gottlieb selon le livre « The Search for the Manchurian Candidate » [A la recherche du candidat mandchou, NdT] de John Marks. West, qui avait déjà écrit à un rédacteur de magazine qu’il n’avait « jamais travaillé pour la CIA », avait en fait travaillé en étroite collaboration avec le « Sorcier noir » de l’agence lui-même.Les lettres commençaient à mi-parcours, sans prologue ni préliminaires. La premier était datée du 11 juin 1953, à peine deux mois après le début de MKUltra, lorsque West était chef du service psychiatrique à la base aérienne de Lackland.Qui seraient les cobayes ? West a énuméré quatre groupes : les aviateurs de base, les volontaires, les patients et les « autres, y compris peut-être les prisonniers dans la prison locale ».S’adressant à Gottlieb sous le nom de « S.G. », West a décrit les expériences qu’il proposait d’effectuer en utilisant une combinaison de médicaments psychotropes et d’hypnose. Il a commencé par un plan visant à découvrir « dans quelle mesure l’information peut être extraite de sujets vraisemblablement réticents (par l’hypnose seule ou en combinaison avec certaines drogues), éventuellement avec amnésie ultérieure pour l’interrogation et/ou la modification du souvenir du sujet de l’information qu’il connaissait auparavant ». Un autre point proposait d’affiner « les techniques permettant d’implanter de fausses informations dans des sujets particuliers… ou d’induire chez eux des troubles mentaux spécifiques ». Il espérait créer des « coursiers » qui porteraient « un message long et complexe » ancré secrètement dans leur esprit, et étudier « l’induction d’états de transe par les drogues ». Sa liste correspondait parfaitement aux objectifs de MKUltra.« Inutile de le dire », a ajouté M. West, les expériences « doivent être mises à l’épreuve dans des essais pratiques sur le terrain ». A cette fin, il a demandé à Gottlieb « une sorte de carte blanche ».Qui seraient les cobayes ? Il a énuméré quatre groupes : les aviateurs de base, les volontaires, les patients, et « les autres, y compris peut-être les prisonniers de la prison locale ». Seuls les volontaires seraient rémunérés. Les autres pourraient être réticents et, bien que cela n’ait pas été précisé, non avertis. Il serait plus facile de préserver son secret s’il « induisait des troubles mentaux spécifiques » chez les personnes qui en souffraient déjà. « Certains patients ayant besoin d’hypnose en thérapie ou souffrant de troubles dissociatifs (transes, fugues, amnésies, etc.) pourraient se prêter à nos expériences ». Les enquêtes officielles sur MKUltra n’ont donné que peu d’informations sur ses sujets, mais la lettre de West laisse entendre que le programme a donné des résultats très positifs.La réponse de Gottlieb est venue sur du papier à en-tête de « Chemrophyl Associates », une société de façade qu’il utilisait pour correspondre avec les sous-traitants de MKUltra. « Mon bon ami », écrivait-il, « je me demandais si votre compréhension apparemment rapide et complète de nos problèmes pouvait être bien réelle. … vous avez en effet développé une image admirablement précise de ce que nous recherchons exactement. J’en suis profondément reconnaissant. »Gottlieb a salué sa nouvelle recrue : « Nous avons gagné beaucoup d’atouts dans la relation que nous développons avec vous. »West a retourné le compliment « Cela me rend très heureux de réaliser que vous me considérez comme un ‘atout’ », a-t-il répondu. « Il n’y a sûrement pas d’entreprise plus vitale à notre époque. »En 1954, à peu près au même moment où le meurtre de Chere Jo Horton avait eu lieu, West a commencé à partager son temps entre Lackland et la faculté de médecine de l’Université de l’Oklahoma, où il allait diriger le département de psychiatrie.West avait dit à son employeur potentiel que ses fonctions à Lackland étaient « purement cliniques » et qu’il « ne faisait aucune recherche, classifiée ou non » – et il avait demandé au conseil d’administration de l’Université de l’Oklahoma la permission d’accepter des fonds du Geschickter Fund for Medical Research, qu’il appelait « une fondation de recherche privée sans but lucratif ». En fait, comme la CIA l’a reconnu plus tard, Geschickter était une autre des inventions de Gottlieb, une organisation fictive qui lui a permis d’agir.En 1956, West a rapporté à la CIA que les expériences qu’il avait commencées en 1953 avaient enfin porté fruit. Dans un article de 1956 intitulé « The Psychophysiological Studies of Hypnosis and Suggestibility » [Études psychophysiologiques sur l’hypnose et la suggestibilité, NdT], il affirme avoir réalisé l’impossible : Il avait su remplacer les « vrais souvenirs » par des « faux » chez les êtres humains à leur insu. Sans détailler d’incidents spécifiques, il l’a exprimé en termes profanes : « Il s’est avéré possible de prendre le souvenir d’un événement précis dans la vie d’un individu et, par suggestion hypnotique, de provoquer le rappel conscient subséquent que cet événement n’a jamais eu lieu, mais qu’un autre événement (fictif) s’est effectivement produit ». Il l’avait fait, prétendait-il, en administrant de « nouveaux médicaments » efficaces pour « accélérer l’induction de l’état hypnotique et approfondir la transe qui peut être produite chez certains sujets ».Aux Archives de la Sécurité Nationale à Washington, j’ai trouvé la version de « The Psychophysiological Studies of Hypnosis and Suggestibility » que la CIA a remise aux sénateurs Kennedy et Inouye en 1977. Le nom et l’affiliation de West ont été censurés, comme prévu. Mais la version de la CIA était aussi plus courte, et édulcorée en comparaison. Le document de West comptait 14 pages. Celui-ci en avait cinq, y compris une page de couverture. Le plus flagrant, c’est qu’il n’est pas fait mention de la victoire triomphale de l’Occident, le remplacement de « la mémoire d’un événement précis dans la vie d’un individu » par un « événement fictif ».Un passage, qui n’est pas dans le texte original de West, affirme que la CIA n’a jamais utilisé le LSD dans des études : « Les effets du LSD [LSD et d’autres drogues] sur la production, le maintien et les manifestations des états dissociés n’ont jamais été étudiés ».West, bien sûr, avait étudié ces effets pendant des années. Mais lorsqu’il s’est agi donner des détails sur ses découvertes concernant l’implantation de souvenirs et le contrôle des pensées, même dans le document que l’on trouve dans ses propres dossiers, il a donné peu de précisions. Il semble avoir été dans une phase rudimentaire de ses recherches. L’acide, écrivait-il, rendait les gens plus difficiles à hypnotiser ; il valait mieux associer l’hypnose à de longues périodes d’isolement et de manque de sommeil. En utilisant une suggestion hypnotique, dit-il, « on peut dire à une personne qu’il s’est passé une année et qu’au cours de cette année de nombreux changements ont eu lieu… de sorte qu’il est maintenant acceptable pour lui de discuter de sujets qu’il ne voulait pas aborder auparavant… Un individu qui se dit déterminé à vouloir faire une chose révélera que, en secret, il désire exactement le contraire. »La CIA avait-elle trafiqué le document original de West pour induire le comité sénatorial en erreur ? Et si c’est le cas, pourquoi l’agence se serait-elle donné tant de mal pour cacher des résultats expérimentaux qui n’ont finalement pas été aussi révélateurs ? Les représentants de l’Agence ont prétendu que le programme avait été un échec colossal, ce qui avait mené à des manchettes moqueuses comme « The Gang That Couldn’t Spray Straight » [La bande incapable d’utiliser un spray correctement, NdT]. Peut-être que l’agence voulait que le monde entier présume que MKUltra était un fiasco, et oublier tout cela.

Le sceau officiel de la CIA en 1974. 

LA CIA semble avoir démantelé MKUltra au milieu des années 60, selon les témoignages du Congrès et les dossiers financiers qui ont survécu, mais les recherches financées par le gouvernement de Jolly West se sont poursuivies à un rythme soutenu. À la fin de l’automne 1966, West arrive à San Francisco pour étudier les hippies et le LSD. Grand, large et les cheveux en brosse, avec un look tout américain en accord avec son passé militaire, il a bricolé une nouvelle garde-robe et s’est mis à sauter des coupes de cheveux. Il a obtenu une subvention du gouvernement et a pris une année sabbatique d’un an de l’Université de l’Oklahoma, officiellement pour trouver un poste de chercheur à Stanford, bien que cette école n’ait eu aucune trace de sa participation à un programme là-bas.Lorsqu’il est arrivé à Haight-Ashbury, West était le seul scientifique au monde à avoir prédit l’émergence de « sectes LSD » potentiellement violentes, comme la famille de Charles Manson. Dans un manuel de psychiatrie de 1967, West avait rédigé un chapitre intitulé « Hallucinogènes », avertissant les étudiants qu’une « substance remarquable » s’infiltrait dans les campus universitaires et les villes. Le LSD était connu pour rendre les utilisateurs « exceptionnellement sensibles et émotionnellement instables ». Elle s’adressait à des enfants en rupture qui désiraient ardemment « partager une activité interdite dans un groupe pour leur donner un sentiment d’appartenance ».L’acide, écrivait-il, rendait les gens plus difficiles à hypnotiser ; il valait mieux associer l’hypnose à de longues périodes d’isolement et de manque de sommeil.Un autre de ses articles, « Dangers de l’hypnose » de 1965, prévoyait la recrudescence de groupes dangereux dirigés par des « fous » qui hypnotisaient leurs adeptes pour les pousser à une criminalité violente. Il a cité deux cas : un double meurtre à Copenhague commis par un homme hypno-programmé, et un « délit militaire » induit expérimentalement dans une base de l’armée américaine non divulguée. (Il n’est pas du tout certain que ce dernier faisait référence au meurtre de Chere Jo Horton par Shaver.)Il avait également supervisé une étude à Oklahoma City, dans laquelle il avait engagé des informateurs pour infiltrer des gangs d’adolescents et provoquer « un changement fondamental » dans « des questions morales, religieuses ou politiques fondamentales ». Le titre du projet était « Mass Conversion » et il avait été financé par Gottlieb.Dans le quartier du Haight [Berceau du mouvement de contre-culture des années 1960, à San Francisco, NdT] Haight-Ashbury attire une foule éclectique dans une ambiance animée qui s’inspire de la célèbre atmosphère hippie, West s’est arrangé pour utiliser une maison victorienne en ruine sur Frederick Street, où il a installé ce qu’il a décrit comme un « laboratoire déguisé en un lieu de planque hippie ». La « planque » a ouvert ses portes en juin 1967, à l’aube de l’été de l’amour. Il a installé six étudiants diplômés dans la « planque », leur disant de « s’habiller comme des hippies » et d’« attirer » les gosses itinérants dans l’appartement. Les passants étaient invités à faire ce qu’ils voulaient et à rester aussi longtemps qu’ils le voulaient, à condition que cela ne les dérangeait pas que les étudiants diplômés prennent des notes sur leur comportement.D’après les dossiers de West, son « crash pad » a été financé par le Foundations Fund for Research in Psychiatry, Inc. qui a également financé un certain nombre de ses autres projets, à travers les décennies et les institutions. Gordon Deckert, le successeur de West à la chaire de l’Université de l’Oklahoma, m’a dit qu’il avait trouvé des documents dans le bureau de West qui révélaient que le Fonds des fondations était une façade pour la CIA.Cela n’aurait pas été le premier « laboratoire déguisé » de l’agence à San Francisco. Quelques années plus tôt, l’opération au titre évocateur, Operation Midnight Climax [opération orgasme de minuit, NdT] avait vu des agents de la CIA ouvrir au moins trois refuges de la région de Bay Area déguisés en bordels haut de gamme, équipés de miroirs sans tain et de photographies bizarres. Un espion nommé George Hunter White et ses collègues ont engagé des prostituées pour attirer des clients potentiels dans les foyers, où on leur servait des cocktails contenant de l’acide. L’objectif était de voir si le LSD, associé au sexe, pouvait être utilisé pour obtenir des informations sensibles des hommes. White écrivit plus tard à son agent de la CIA : « J’étais un petit missionnaire, en fait un hérétique, mais j’ai travaillé de tout cœur dans les vignes parce que c’était très, très amusant. »Mais dans le gîte de Haight-Ashbury, les motifs de West étaient vagues. Personne ne semblait bien comprendre l’objectif du projet, pas même les personnes qui y participaient. Les étudiants diplômés embauchés pour le laboratoire « crash pad » de West ont été chargés de tenir un journal intime de leur travail. Dans des moments d’inattention, presque tous ces étudiants ont admis que quelque chose ne tournait pas rond. Ils ne savaient pas ce qu’ils étaient censés faire, ni pourquoi West était là. Et souvent, il n’était pas là.L’un des journaux intimes des dossiers de West appartenait à une étudiante diplômée en psychologie de Stanford qui vivait à l’appartement cet été-là. L’expérience s’est déroulée sans but au point d’être sans valeur, écrit-elle. Quand les « crashers » sont arrivés, « personne ne se souciait de savoir ce qu’il en était [d’eux] ». Le plus souvent, les hippies ne se présentaient pas du tout, car beaucoup d’entre eux ont apparemment considéré l’endroit avec méfiance. « Qu’est-ce que Jolly fout, c’est comme un zoo », s’est indigné l’étudiante. « Il nous étudie nous ou eux ? »Quand West a fait une de ses rares apparitions, il était habillé comme un « hippie stupide » ; parfois il amenait des amis à la maison. Leur attitude générale, écrit-elle, « était que c’était une bonne occasion de s’amuser. … Ils passaient beaucoup de temps défoncés ». « J’ai l’impression que personne n’est honnête et sincère et que tout cela est une mise en scène gigantesque », a-t-elle ajouté. … « Qu’est-ce qu’il essaie de prouver ? Il s’intéresse aux drogues, c’est clair. Quoi d’autre ? »En décembre 1974, MKUltra est finalement apparu à la lumière dans une formidable explosion de manchettes et d’intrigues. Seymour Hersh l’a rapporté à la une du Times : « Énorme opération de la CIA contre les forces pacifistes ». Les trois enquêtes gouvernementales qui ont suivi – la Commission Rockefeller, la commission Church et les audiences du Comité spécial Kennedy-Inouye – ont porté sur les activités intérieures illégales de divers services de renseignement fédéraux, y compris les écoutes téléphoniques, l’ouverture du courrier et les tests non consentis de drogues sur des citoyens américainsLe rapport final de la commission Church a dévoilé une évaluation interne de 1957 de MKUltra par l’inspecteur général de la CIA. « Des précautions doivent être prises », avertissait le document, « pour dissimuler ces activités au public américain en général. Le fait de savoir que l’agence se livre à des activités contraires à l’éthique et illicites aurait de graves répercussions ». Une étude effectuée en 1963 par l’inspecteur général l’a exprimé de façon encore plus grave : « Une dernière phase de test des produits MKUltra met en danger les droits et les intérêts des citoyens américains. »La commission Church a conclu que MKUltra avait causé la mort d’au moins deux citoyens américains. L’un était un patient psychiatrique à qui on avait injecté un dérivé synthétique de mescaline. L’autre était Frank Olson, un scientifique sous contrat militaire qui avait été sans le savoir drogué au LSD dans un petit rassemblement d’agents dans les bois du Maryland sous la direction de Gottlieb lui-même. Olson tomba ensuite dans une dépression irréparable qui l’amena à se jeter par la fenêtre d’un hôtel de New York où des agents l’avaient emmené pour un « traitement ». (La poursuite de l’enquête du fils d’Olson, Eric – dramatisée par Errol Morris dans la série « Wormwood » – suggère fortement que la CIA s’est arrangée pour que les agents simulent son suicide, le jetant par la fenêtre car ils craignaient qu’il ne dénonce MKUltra et l’utilisation des armes biologiques par les militaires pendant la guerre de Corée).

L’hôtel Statler à New York, N.Y. 
où Frank Olson “s’est tué” par défenestration

La nouvelle de la mort d’Olson a choqué une nation déjà ébranlée par le Watergate, et maintenant moins encline que jamais à faire confiance à ses institutions. Le gouvernement a tenté d’apaiser la controverse en adoptant de nouveaux règlements sur l’expérimentation humaine. La destruction par Gottlieb des dossiers de MKUltra a fait l’objet d’une enquête du ministère de la Justice en 1976, mais, selon le Times, elle a été « discrètement abandonnée ». Gottlieb n’avait témoigné devant le Sénat en 1977 qu’à la condition de bénéficier de l’immunité pénale.Le Sénat a exigé la création d’un programme fédéral pour localiser les victimes des expériences de MKUltra et poursuivre les accusations criminelles contre leurs auteurs. Ce programme n’a jamais fonctionné. Les archives qui ont survécu ont fait état de 80 institutions, dont 44 universités et collèges, et 185 chercheurs, dont Louis Jolyon West. Le Times a identifié West comme l’un des moins d’une douzaine de scientifiques soupçonnés d’avoir secrètement participé à MKUltra sous couverture universitaire.Pourtant, pas un seul des chercheurs n’a fait, à quelque moment que ce soit, l’objet d’une enquête fédérale, pas plus que les victimes n’ont été tenues au courant. En dépit de l’indignation de leaders du Congrès et plus de trois ans de manchettes sur les brutalités du programme, personne – ni le « sorcier noir » Sidney Gottlieb, ni le haut fonctionnaire de la CIA Richard Helms, ni Jolly West – n’a fait l’objet de sanctions juridiques.

MAROC : LA DROGUE S’INVITE À LA PRÉ-CAMPAGNE ÉLECTORALE

Drogue Hashish

Des élus et notables de la région de Guelmim-Oued Noun protègent des barons de la drogue pour élargir leurs bases électorales. 

Dans la région de Guelmim-Oued Noun, des élus et autres notables s’évertuent à protéger ceux de leurs partisans qui se trouvent impliqués dans le trafic international de drogue. Certains politiques organisent même des fêtes pour les détenus libérés, profitant de l’occasion pour faire leur campagne électorale. Le quotidien Assabah rapporte, dans son édition du mardi 25 août, qu’une famille influente a ainsi accueilli en héros le neveu d’un grand électeur qui venait de purger une peine de huit ans de prison pour trafic de stupéfiants. Un accueil qui a été vivement critiqué, sur la toile, par les habitants de la région. Ceux-ci ont notamment pointé du doigt une personnalité qui prétendait, disent-ils, lutter contre la corruption et le trafic de drogue. Mais il s’avère, déplorent-ils, que ce donneur de leçons cherche, lui aussi, à libérer son frère emprisonné pour trafic de drogue. 

Autant dire que cette région, où les barons de la drogue sont couverts par des hommes politiques, est devenu un terreau des plus propices au trafic de hachich. D’ailleurs, les opérations de police se sont multipliées et plusieurs réseaux organisés ont été démantelés. 

La dernière opération en date a ainsi permis à la police judiciaire de Guelmim d’arrêter trois individus suspectés de trafic international de drogue et de psychotropes. La DGSN, rapporte le quotidien Assabah, indique qu’une perquisition effectuée chez les deux premiers suspects interpellés a permis de saisir une voiture 4×4, quatre appareils de géolocalisation et des portables, dont un téléphone satellitaire. Après plusieurs investigations, la brigade a réussi à arrêter le troisième accusé, interpellé dans une ferme agricole située sur la route menant à Agadir. La perquisition a permis de saisir près de 3 tonnes de Chira, un bateau pneumatique, des moteurs de zodiac et des instruments de navigation utilisés dans le trafic de drogue par voie maritime. Les trois prévenus, âgés de 34 à 36 ans, ont été placés en garde à vue pour enquête sous la supervision du parquet. 

Ces films vous présentent la version officielle qui ressort en tant que reportage… mais la réalité est tout autre, car elle est organisée par les états eux-mêmes qui ouvrent leurs frontières en complicité avec les fonctionnaires corrompus, mis en place pour à la fois protéger le trafic et percevoir les commissions de la corruption. Ces mêmes hommes de la mafia en col blanc sont les banquiers Rothschild qui comme pour l’opium en Chine ou l’alcool pour les indiens à exterminer s’arrangent pour détruire les goys au nom de la supériorité de la race juive qui doit dominer le monde. Cette domination est totale, car ils ont achetés les politiques genre le branleur de Macron et l’administration dont la douane et la police. Par leurs banques ils pratiquent le blanchiment qui s’écoule dans leurs paradis fiscaux… et ces ordures de traitres nous font croire qu’ils vont lutter contre les paradis fiscaux alors que c’est leur fond de commerce ! Si vous lisez mes livres sur EPTEIN sur comprendrez bien le fonctionnement destructeur qui a comme fondement l’affaiblissement des Etats avec le gonflement de la dette, la gestion de la monnaie et son imprimerie, la destruction morale et mentale du peuple par le métissage et le forcing d’une immigration débile, ingérable et ruineuse. Avec des conflits sociaux en chaine impossibles à gérer. C’est la tactique routinière du spéculateur qui va tout faire pour vous ruiner pour vous racheter au franc symbolique. La France en faillite ne vaut pas plus d’un Euro ! La dette réelle étant de 6000 milliards personne ne pourra la rembourser…

Le retour en force des capsules de protoxyde d’azote,
la drogue «festive» prisée des ados

Avec le déconfinement et le retour des beaux jours, ce mode de défonce peu cher
et très en vogue chez des ados de plus en plus jeunes,
est de plus en plus consommé un peu partout en France. 

La «drogue du pauvre» s'achète sur Snatchap entre 30 centimes et un euro l'unité et ses capsules après usage finissent par joncher les pavés. | Leïla Khouiel - Capture d'écran Snapchat
La «drogue du pauvre» s’achète sur Snatchap entre 30 centimes et un euro l’unité et ses capsules après usage finissent par joncher les pavés.

Dans un appartement de Pantin, en région parisienne, une dizaine de jeunes fêtent l’anniversaire de l’un d’entre eux. L’âge des convives ne dépasse pas 20 ans. En cercle, un ballon de baudruche coloré à la main, les membres du groupe imitent le même geste: ils prennent chacun leur ballon et en aspirent le contenu. Les paris sont lancés: c’est à celle ou celui qui inhalera la plus grande bouffée. Des fous rires irrépressifs éclatent immédiatement. Ce sont les premiers effets du gaz. Une jeune fille perd même le contrôle de son corps et tombe de sa chaise. Hilarité générale.

Avec le déconfinement, synonyme d’un retour à la vie sociale, ces soirées de shoot collectif au protoxyde d’azote –surnommé «gaz hilarant»– sont à nouveau en vogue chez les jeunes. «Tu en respires et c’est instantané. Ça monte au cerveau, tu as l’impression de planer et tu te mets à rire sans pouvoir te contrôler, raconte encore amusé Ayoub*, 20 ans, originaire de Tremblay-en-France, en région parisienne. C’est euphorisant. Tous tes sens sont en ébullition: vision troublée, sons déformés… Je suis comme propulsé dans un autre monde, une autre dimension!»

Naomie*, 23 ans, a vécu «une expérience» similaire lorsqu’elle étudiait la sociologie à l’université Rennes II. «C’était pendant une soirée BDE, un groupe de potes m’ont proposé de tester. Ça m’a transcendée, je me suis allongée par terre, dans la rue, et j’étais morte de rire. Pour moi, les effets sont équivalents à ceux du poppers. C’est une explosion qui arrive d’un coup et ça redescend au bout d’une minute ou deux. Ça donne envie d’en reprendre aussitôt.»

«C’est chacun sa drogue»

Vendu sous forme de petites capsules métalliques, le «proto» sert à l’origine en cuisine dans les siphons à chantilly. Couplé à de l’oxygène, il est également utilisé dans les hôpitaux comme anesthésique ou antidouleur. Depuis plusieurs années, son usage est détourné à des fins récréatives et les cartouches sont devenues un objet de consommation courant en soirée. Les adeptes de cette drogue percent la capsule à l’aide d’un cracker (ou siphon) et déversent le gaz dans un ballon de baudruche avant de l’inhaler pur et concentré. La popularité de ce produit est loin d’être récente. «Dès 1999, on observait des consommations dans les free parties. Après une période où sa présence décline, le protoxyde d’azote est redevenu à la mode à partir de 2010. On l’a retrouvé dans les fêtes techno alternatives», explique Clément Gérome, sociologue à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).

Son usage s’est progressivement démocratisé et ses adeptes sont de plus en plus jeunes. «J’ai commencé à en prendre à 17 ou 18 ans avant de devenir un consommateur régulier, confie Léo*, Lillois de 20 ans. Maintenant, quand tu vas en soirée ou que tu es posé avec tes potes, il te faut des capsules. C’est à la mode, c’est un élément important si tu veux être dans un bon mood.» Le manutentionnaire ajoute: «Certains vont préférer fumer de la weed, d’autres boire de l’alcool et il y a celles et ceux qui se font des capsules. En fait, c’est chacun sa drogue. La défonce est différente.»

De retour sur le bitume

Depuis son balcon, dans la banlieue sud de Rennes, Naomie observe chaque samedi un groupe de cinq adolescentes inhaler ces ballons hilarants. Un rituel qui a commencé avec la fin du confinement. C’est aussi avec le déconfinement que les cartouches de proto ont à nouveau jonché les rues, les caniveaux et les parcs de plusieurs villes de France: Rennes, mais aussi Paris, Lille, Colmar, Bordeaux, Nice ou encore Marseille.

«Je n’ai jamais vu autant de ces capsules argentées dans mon quartier qu’en ce moment. C’est impressionnant», décrit une habitante de Perpignan. | Leïla Khouiel

Les témoignages et messages d’alertes de riverain·es se sont multipliés ces derniers jours. La préfecture des Alpes-Maritimes a récemment publié une mise en garde sur les réseaux sociaux.

📄 Communiqué de presse – Usage détourné du protoxyde d’azote (N2O) – mise en garde

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«Je n’ai jamais vu autant de ces capsules argentées dans mon quartier qu’en ce moment. C’est impressionnant, décrit une habitante de Perpignan. Certains jeunes ont dû morfler pendant le confinement. L’adolescence est toujours un moment de flottement et là les jeunes se sont retrouvés coupés de leurs amis et du cadre qu’est l’école», tente d’expliquer une opératrice de Drogues Info Service. Le produit est également perçu par nombre de jeunes comme un moyen de se détendre à l’approche de la période estivale.

La défonce à bas coût

Vendues en toute légalité dans des épiceries, des supermarchés ou en ligne, les cartouches de protoxyde d’azote sont surnommées la «drogue du pauvre» en raison de leur prix très bas: entre 30 centimes et un euro l’unité. Et certain·es ont flairé le bon filon. Sur Snapchat, nous avons pu consulter une vingtaine de comptes promettant des livraisons en mains propres de capsules, crackers voire de bonbonnes de gaz à Paris ou encore à Lille. Entre visuels et titres accrocheurs, promotions attractives et livraison express 7 jours sur 7, tout est fait pour attirer le très jeune public de ce réseau social. On va même jusqu’à proposer des arômes (pomme, fraise, myrtille) pour agrémenter le gaz hilarant.

«Le fait de faire ça avec des ballons de toutes les couleurs, je ne pense pas que ça soit nocif»|

«Le succès de ce produit s’explique aussi parce que ses effets sont éphémères, analyse Clément Gérôme. [Ce qui permet à] certains jeunes, par exemple, d’aller en cours, de dîner avec leurs parents ou de conduire seulement quelques dizaines de minutes après avoir pris du gaz hilarant.» «Je ne considère pas le proto comme une drogue parce que les effets se dissipent très rapidement, indique pour sa part Ayoub. Le fait de faire ça en groupe, avec des ballons de toutes les couleurs, c’est presque enfantin. Je ne pense pas que ça soit nocif.»

La partie visible de l’iceberg

Pourtant, les risques sanitaires de ce composé chimique sont bien réels et la liste des effets indésirables préoccupe: perte de connaissance, maux de tête, vomissements, brûlure par le froid du gaz, problèmes d’érection, hallucinations voire paralysie dans les cas les plus graves. En cas d’utilisation régulière ou à forte dose, une atteinte de la moëlle épinière et des troubles psychiques sont à craindre.

«Nous avons enregistré trois cas graves dans les Hauts-de-France depuis le début de l’année, dont deux cas neurologiques. Ce sont des usagers mineurs qui rapportent des fourmillements, des picotements au niveau des mains, des douleurs dans les jambes, des faiblesses pour marcher, des difficultés pour se lever d’une chaise et plus du tout de possibilité de faire une activité sportive, rapporte Sylvie Deheul, médecin au centre d’addictovigilance des Hauts-de-France. Les cas recensés ne sont sûrement que la partie visible de l’iceberg. En réalité, le nombre est probablement beaucoup plus élevé.»

Il reste difficile à l’heure actuelle d’évaluer précisément l’ampleur du phénomène dans l’Hexagone car il n’existe pas de données statistiques officielles sur l’ensemble du territoire. Toutefois, selon une première étuderéalisée entre 2015 et 2017 par le Centre d’addictovigilance de Bordeaux, l’usage détourné du protoxyde d’azote arrive en deuxième position des substances les plus consommées chez les jeunes, après le cannabis.

Certaines municipalités ont pris les devants en instaurant un arrêté qui interdit l’usage et la vente de protoxyde d’azote aux personnes mineures. La liste ne cesse de s’allonger. Dernière en date: la commune de Brunoy, dans l’Essonne, où 200 à 300 cartouches sont ramassées par les services de la ville chaque jour. Au niveau national, le Sénat a voté à l’unanimité en décembre 2019 l’interdiction de la vente de protoxyde d’azote aux personnes âgées de moins de 18 ans. Le texte doit encore être examiné à l’Assemblée nationale.

En attendant, médecins et acteurs de terrain prônent la pédagogie et la nécessité d’un accompagnement des consommateurs et consommatrices régulières. «En cas de dépendance, il faut se faire aider dans des centres de prise en charge des troubles de l’usage ou des addictions, indique Faredj Cherikh, chef du service addictologie au CHU de Nice. Les troubles surviennent généralement au bout de plusieurs mois d’utilisation et peuvent être guéris la plupart du temps en arrêtant simplement la consommation.»

De la drogue dans des masques ou dans une boîte à pizza, le trafic s’adapte au confinement 

Les trafiquants de drogue sont de plus en plus créatifs pour continuer leur commerce malgré les restrictions dues à la pandémie. 

Tous les moyens sont bons pour que la drogue arrive à bon port. | Ihor Malytskyi / Unsplash
Tous les moyens sont bons pour que la drogue arrive à bon port.

Au mois de mars, avant le confinement d’une bonne partie des pays d’Europe, le Covid-19 avait stimulé le trafic de drogue. Soucieux de voir leurs principaux canaux de distribution perturbés par la pandémie, les trafiquant·es avaient accéléré leur distribution à destination des pays européens.

Finalement, rien ne semble perturber le trafic -même pas des restrictions draconiennes sur la liberté de circulation. L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a en effet constaté une augmentation de 20% des expéditions de drogue à destination de l’Europe cette année par rapport à la même période l’an dernier.

Tous les moyens sont bons pour que la drogue arrive à bon port. Un camion réfrigéré transportant des calamars ainsi que cinq tonnes de cocaïne a par exemple été intercepté en direction d’Anvers, ajoute le média américain. Au mois d’avril, les autorités anglaises ont, quant à elles, trouvé avec stupéfaction 1,3 million de dollars de cocaïne (près de 1,2 million d’euros) cachés dans une cargaison de masques anti-coronavirus provenant de Pologne.À lire aussiConfinement et cannabis, cachez cette addiction que le gouvernement ne saurait voir

La malice des trafiquants a poussé Interpol à lancer une alerte pour prévenir de leur nouveau mode opératoire. Les dealer·euses utiliseraient désormais les services de livraison de pizzas à domicile pour transporter de la drogue en plein confinement. Au début du mois d’avril, la police espagnole a intercepté sept personnes habillées en livreur·euses qui transportaient de la cocaïne et de la marijuana.

Les mêmes stratagèmes ont été observés en Malaisie, Espagne, Royaume-Uni et en Irlande où huit kilos de cocaïne et deux armes étaient dissimulées dans des cartons à pizza, ajoute Sud Ouest.

Trafic sur Telegram

En Italie, les consommateur·rices de stupéfiants utilisent également les nouvelles technologies pour se faire livrer leur drogue à domicile. Telegram, une application de messagerie russe, serait très prisée dans le pays transalpin.

«En Italie, un contact très populaire sur Telegram est celui d’un certain Mikel Jérôme. On se présente, et ensuite il montre le menu à disposition : les différents types de marijuana, la cocaïne, les drogues synthétiques et il y a même de l’héroïne. Pour le paiement celui-ci est effectué à travers des Bitcoin, anonymement».

Cachée dans un colis qui masque les odeurs, la drogue est envoyée directement à domicile, précise le Courrier International. À l’image de Telegram, le dark Web serait également une alternative de choix.

Ce qu’il y avait peut-être dans l’ecstasy
que vous avez pris samedi

Après la mort d’une overdose d’un jeune homme de 21 ans,
les «professionnels de la nuit» réclament aux pouvoirs publics français de les aider dans leurs actions de réduction des risques.

Sur cette photo prise le 21 février 2015 à Belfort, une partie d'une saisie record de comprimés d'ecstasy. | Douane française / AFP
Sur cette photo prise le 21 février 2015 à Belfort, une partie d’une saisie record de comprimés d’ecstasy. | Douane française / AFP

Dehors Brut, immense dancefloor, parisien et éphémère, vient de fermer ses portes. Un jeune homme de 21 ans est mort d’une overdose le 1erseptembre après une soirée passée dans cette future zone d’aménagement commercial du XIIe arrondissement de la capitale. Sanction immédiate de la préfecture de police: fermeture administrative pour une durée indéterminée.

«Nous rappelons que notre établissement et tous nos événements depuis 2011 ont toujours fait l’objet d’une attention toute particulière à assurer de façon optimale la sécurité de notre publica aussitôt commenté la directionNous nous sommes tenus à une obligation de moyens stricte sur toutes nos actions de préventions pour lutter contre l’usage de produits stupéfiants et l’excès d’alcool.»

Les premiers éléments de l’enquête, ouverte pour homicide involontaire et confiée à la brigade des stupéfiants, confortent l’hypothèse d’un décès par overdose. «Ses amis ont parlé de quatre ecstasys qui auraient été écrasés et mis dans une bouteille qu’ils partageaient»a confié à l’AFP une source proche du dossier.

Une substance vendue sous l’appellation ecstasy

Dès le lendemain de la mort du jeune homme, le Collectif Action Nuit(CAN), un think tank composé d’expert·es et de «professionnels de la nuit», s’est alarmé dans un communiqué de la «recrudescence de consommation de produits stupéfiants particulièrement dangereux» et notamment d’ecstasys «largement surdosés» qui circulent aujourd’hui en France:

«Ceux-ci sont particulièrement nocifs et provoquent des réactions graves, amenant souvent l’hospitalisation des consommateurs-trices, voire pire. Communément appelés “ecstasys”, des produits largement surdosés circulent ces dernières semaines en France, laissant présager une arrivée de produits asiatiques transformés et également surdosés appelés vulgairement “ecstasy chinois”.»

Le CAN évoque ici la consommation de N-Ethylpentylone, substance qui pourrait être présentée et vendue comme étant de l’ecstasy (dont le principe actif est la méthylènedioxyméthamphétamine ou MDMA), sous forme de poudre, de cristal, de capsule ou de cachets –une substance analysée dans un rapport très détaillé, daté de novembre 2018, de l’OMS. En juin dernier, le quotidien britannique The Telegrah citant la National Crime Agency, faisait état de 125 décès associés à la consommation de N-Ethylpentylone.À lire aussiDrogues licites ou pas: qui consomme quoi et à quel prix sur le marché français

Pour sa part, interrogé par Slate.fr, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) indique «ne pas avoir eu vent d’urgence ou d’événement sanitaire concernant la N-Ethylpentylone depuis le classement au niveau mondial de cette substance, en mars 2019. Nous allons bien évidemment rester très attentifs pour savoir si cette alerte est justifiée».

«À ce stade, les résultats des analyses qui ont dû être pratiquées pour identifier le ou les produits pouvant être incriminés après l’intoxication mortelle du jeune homme de 21 ans ne sont pas disponibles, ajoute l’OFDT. Nous n’avons pas d’éléments à ce sujet et nous ne sommes pas en mesure d’associer cet événement dramatique et la publication du Collectif Action Nuit évoquant une arrivée de produits asiatiques transformés et également surdosés appelés vulgairement “ecstasy chinois”».

MDMA ou Ephylone?

Pour éviter toute confusion, il convient selon l’OFDT d’établir une distinction entre l’augmentation réelle (observée dans les faits) de la teneur en MDMA des comprimés d’ecstasy en France au cours des dernières années et le fait que certains comprimés vendus comme de l’ecstasy contiennent autre chose que de la MDMA. Les comprimés ont vu, en moyenne, leur dose totale en MDMA doubler en cinq ans. Et bien souvent, les usager·es ont modifié leur mode de prise, fractionnant les doses, espaçant les prises et s’adaptant à la puissance des produits circulant aujourd’hui.

Quant au remplacement de la MDMA par d’autres substances, c’est une «arnaque» bien connue et documentée depuis longtemps qui concerne également d’autres drogues.

La N-Ethylpentylone (ou Ephylone, nom officiel retenu au niveau européen) est une substance de la famille des cathinones dont la première identification en Europe date de 2016, en Slovénie, suivie d’une première identification en France la même année. Il semble que les effets ressentis soient légers, incitant à des prises répétées, et que l’écart entre la dose nécessaire pour obtenir des effets et la dose dangereuse soit faible, entraînant un risque important d’effets secondaires (plutôt psychiques) et de surdose. Cette question du délicat dosage des nouveaux produits de synthèse (NPS) était évoquée dans le numéro d’octobre 2018 de Tendances, revue de l’OFDT.

La vente de produits stupéfiants sous d’autres appellations que leur nom réel n’est pas rare. Même si elle ne donne pas toujours lieu à des intoxications graves, elle représente toujours un réel risque pour qui en consomme, tout comme les produits trop dosés ou la présence d’agents de coupe toxiques. C’est pourquoi les associations de réduction des risques prônent la mise en place de systèmes d’analyse de drogues afin d’éviter au maximum ces écueils et d’assurer une certaine sécurité.

«L’Ephylone, cathinone présente sur le marché français depuis au moins 2016 n’a créé que très peu voire aucun engouement chez les usagers et est vendue le plus souvent (en ligne ou dans le monde physique) à l’insu de l’usager et présentée comme étant un autre produit (“arnaques”), résume l’OFDT. Notre Système d’identification national des toxiques et des substances (SINTES) qui collecte et analyse des produits nouveaux ou susceptibles de présenter un caractère de dangerosité particulière (le plus souvent après la survenue de problèmes sanitaires plus ou moins sérieux ou d’effets inattendus) a retrouvé dix-sept fois cette molécule depuis 2017. Elle était toujours vendue comme étant un autre produit. Par deux fois, en 2017, il s’agissait de comprimés vendus comme ecstasys. […]

Bien que les effets puissent être vaguement comparables, la MDMA et l’Ephylone sont deux substances de familles chimiques bien distinctes. Dans les effets ressentis: l’euphorie, la désinhibition et l’effet entactogène sont présents pour ces deux produits mais l’effet empathogène est moins marqué qu’avec la MDMA. De plus, la “descente” est plus difficile. La majorité des signalements a eu lieu durant l’été 2018. La molécule n’a jusqu’ici pas connu de diffusion en milieu festif en France. Les faits rapportés par la presse et qui ont motivé le classement de la molécule au niveau mondial en mars 2019 relèvent d’aires géographiques différentes de la France et dépendent donc de circuits d’approvisionnement potentiellement différents. Il est possible que le classement récent de la molécule devienne un frein à sa diffusion, voire contribue à sa disparition.»The Loop@WeAreTheLoopUK

We tested a gram of n-ethyl pentylone @Parklifefest yesterday – looks & smells same as MDMA crystal. Relieved this user didn’t take it. Take care & seek medical attention if unwell. #JustSayKnow #TimeToTest

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Pour le Collectif Action Nuit, le compte n’y est pas: «Trop peu de médias français ont pris la parole pour mettre en garde le public, comme l’a fait Mixmag. L’information ne circule donc ni dans les médias, ni via les autorités, et le public ne peut être mis au courant et protégé. Si notre devoir est évidemment d’alerter le public potentiellement touché par ce désastre, c’est avant tout à l’État de traiter et de mettre en œuvre des actions concrètes afin de l’éradiquer au plus vite. Il s’agit d’un sujet de santé publique grave. Des jeunes meurent. Nous, professionnels de la nuit, revendiquons une considération de l’État à la mesure de l’enjeu, pour éviter de nouvelles tragédies au sein de nos établissements.»

Consommation doublée en dix ans

Déjà en mars 2018, le CAN avait lancé une alerte à la suite d’une série de graves accidents médicaux dus à l’absorption de substances dangereuses (notamment le GHB) dans plusieurs clubs de la capitale:

«Le GBL est une substance interdite depuis 2011 et pourtant accessible sur internet. Certains publics le détournent de son usage professionnel pour en faire une drogue qui, une fois absorbée, modifie des fonctions physiologiques ou psychiques de l’organisme. Il entraîne des vertiges, des pertes de mémoire, allant jusqu’à la perte de conscience, le coma, l’arrêt cardiaque ou encore l’insuffisance respiratoire. Un dosage infinitésimal suffit et les risques de surdosage sont par conséquent fréquents d’autant plus qu’ils sont associés à la prise d’alcool. Les consommateurs ignorent le plus souvent le mix mortel. Son prix particulièrement attractif et son accès facile sur internet en font un produit prisé des jeunes publics. Le GHB est connu des publics à risques VIH et MST depuis les années 1990. Le GBL dispose aussi d’une particularité chimique recherchée par les prédateurs sexuels, celle d’être métabolisée très rapidement par l’organisme en GHB (appelée la drogue du violeur).»

Ce collectif avait alors transmis aux ministres de la Santé (Agnès Buzyn) et de l’Intérieur (Gérard Collomb) cinq propositions concrètes de mesures urgentes à mettre en œuvre:

  • «des campagnes d’information grand public lors de la circulation avérée de produits toxiques […];
  • l’organisation d’une table ronde autour de la question incluant les associations de prévention terrain […];
  • la fouille des clients par des agents de sécurité agréés par le ministère de l’Intérieur;
  • un moyen d’analyse des produits pour prévenir en cas de toxicité mortelle; 
  • un guichet unique de l’administration pour traiter le signalement des cas constatés.»

Un an et demi plus tard, aucune de ces propositions n’a été suivie d’effets. «Que faire? Il faut d’abord souligner la difficulté du travail (souvent remarquable) de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies pour coller au plus près du phénomène sans cesse évolutif des drogues festives,explique le Dr William Lowenstein, président de SOS AddictionsIl faut souligner l’urgente nécessité pour les grandes villes et notamment pour Paris de financer des “observatoires locaux de la nuit”. C’est là un sujet qui méritera de figurer lors des débats des prochaines élections municipales.»

Hasard ou fatalité, cette nouvelle mobilisation des «professionnels de la nuit» coïncidait avec la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses qui a vu l’Agence nationale française de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) vanter son action dans ce domaine.

«Depuis 2015, l’ANSM s’est mobilisée pour permettre aux usagers de drogues, aux patients en situation de surdosage et à leur entourage un accès large et facilité à la naloxone pour le traitement d’urgence des overdoses aux opioïdes médicamenteux tels que la morphine et la méthadone, ou illicites tels que l’héroïne ou les fentanyloïdes de synthèse, dans l’attente d’une prise en charge médicale.»

Dans le même temps, d’autres voix se sont levées, en France et en Europe, disant une autre réalité. En dix ans, et bien au-delà des seuls espaces festifs, la consommation (licite ou illicite) d’antalgiques opiacés a plus que doublé en France. Les décès par surdose ne cessent d’augmenter tandis que l’un des antidotes –la naloxone commercialisée sous les marques Prenoxad (injectable) et Nascue (spay nasal)– est loin d’être aussi disponible et accessible que le sous-entend l’ANSM ou que le prévoit le Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022.À lire aussiNe pas mourir d’une overdose à domicile, c’est désormais possible

«Concrètement rien n’est fait pour que les recommandations officielles soient suivies d’effets, bien au contraire!, accuse l’association AidesLe grand écart est visible à plusieurs endroits. Au niveau de l’offre tout d’abord, Indivior, le laboratoire qui produit le seul spray nasal disponible aujourd’hui en France a annoncé la fin de sa commercialisation parce que non rentable financièrement. […] Il est primordial que ces deux formes de naloxone demeurent disponibles en France, avec une meilleure accessibilité effective aux personnes concernées. Enfin, nous dénonçons l’absence de dotation de kits de naloxone aux services de premiers secours. […] En tant que premiers acteurs du système de santé à entrer en contact avec les victimes de surdoses, ils doivent absolument être en mesure d’administrer la naloxone et ainsi assurer leur mission: sauver des vies.» De jour comme de nuit.

Aux États-Unis, les overdoses tuent plus
que les accidents de voiture

La consommation de drogues est maintenant qualifiée d’épidémie.

Le fentanyl est la cause principale de l'épidémie qui sévit aux Etats-Unis. | 
Trey Gibson via Unsplash
Le fentanyl est la cause principale de l’épidémie qui sévit aux Etats-Unis.

Pour la première fois dans l’histoire des statistiques aux États-Unis, le risque de mourir d’une overdose d’opioïde est plus grand que celui de mourir dans un accident de voiture. Cette conclusion provient d’une analyse menée par le National Safety Council (NSC) qui a analysé les chiffres de blessures évitables et de décès en 2017.

En examinant différentes données aux niveaux fédéral et national, le NSC estime la probabilité à une chance sur quatre-vingt-seize de mourir d’une overdose, au cours d’une vie. Pour ce qui est des accidents de voiture, la chance est d’une sur 103 et dans le cas d’une chute, d’une sur 114. Le risque de mourir d’un suicide reste le plus élevé avec une chance sur quatre-vingt-huit.

«Trop de personnes pensent encore que la crise liée aux opioïdes est abstraite et ne les touchera pas. Beaucoup ne la voient pas encore comme une menace majeure pour eux ou leur famille», souligne Maureen Vogel, porte-parole du National Safety Council.

La consommation de drogue est une épidémie

En 2016, les blessures involontaires étaient la première cause de mort aux États-Unis avec plus de 61.000 victimes âgées de 1 à 44 ans. Pratiquement deux fois plus que dans le cas d’un cancer ou d’un trouble cardiaque. Le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) note que la majorité de ces morts étaient imputables à un accident de voiture ou à un empoisonnement accidentel.

En 2017, les morts par overdose ont atteint un nouveau pic en dépassant les 70.000 victimes. «Ce qui a commencé il y a plus de deux décennies comme un problème de santé publique, principalement pour des hommes blancs jeunes et d’âge moyen, est maintenant une épidémie d’abus d’opioïde par ordonnance ou illicite, qui a des répercussions sur chaque tranche de la société américaine», affirme l’équipe de recherche.

Un rapport paru en décembre révèle qu’en 2016, le fentanyl a détrôné l’héroïne comme drogue la plus consommée lors d’une overdose aux États-Unis.En savoir plus: Santé Monde overdose Etats-Unis accident de la route drogueEnvie de retrouver votre poids idéal ?Comme J’aime|SponsoriséObtenir ce trésor est impossible! Prouvez-nous le contraire!Hero Wars|SponsoriséHUAWEI P30 PRO NEW EDITION : Changez les règles de la photographieHUAWEI|SponsoriséBeaucoup ont échoué avant. Voulez-vous terminer l’essai?Hero Wars|SponsoriséFaut-il travailler tout nu en open space?Comment une petite agence de communication de San Francisco a fait croire au monde que son staff avait travaillé tout nu pendant un mois, et ce que ce poisson d’avril trop crédible nous dit de l’évolution de l’organisation du travail.Slate.frEst-il possible d’investir dans des entreprises qui guérissent le coronavirus ?eToro Blog Post|Sponsorisé

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Dépression et addiction sont en train de tuer toute une génération de rappeurs

Le décès de Mac Miller, dépressif depuis des années, montre que derrière les textes de plus en plus introspectifs des rappeurs couve souvent un mal-être bien réel.

Mac Miller au festival Coachella à Indio (Californie), le 14 avril 2017 | Christopher Polk / Getty Images for Coachella / AFP
Mac Miller au festival Coachella à Indio (Californie)

Le rappeur américain Mac Miller est mort vendredi 7 septembre à l’âge de 26 ans, des suites d’une overdose si l’on en croit TMZ. Derrière cette triste nouvelle, qui a suscité l’émoi de la quasi-totalité du monde du rap, il y a évidemment une famille et des proches en deuil. Et une ex-petite amie aussi, la pop star Ariana Grande.

Celle qui l’a quitté en mai dernier à cause –entre autres– de ses problèmes de drogues et de sa dépression, celle qui a inspiré les deux derniers albums du rappeur (The Divine Feminine en 2016, puis l’excellent Swimming en août), celle qui aujourd’hui doit faire face à un torrent d’insultes sur les réseaux sociaux de la part de personnes la tenant pour responsable de la mort de Mac Miller. Ce lynchage a poussé Ariana Grande à supprimer d’emblée la section commentaires de son compte Instagram, pour faire taire les horreurs, les mettre sous le tapis.

Fossé entre vie privée et perception du public

Pour une partie du public, visiblement, la logique est simple: il aurait fallu que la chanteuse sacrifie son bien-être et sa carrière pour tenir à bout de bras un boyfriend mal en point depuis des lustres.

Qui peut demander cela sans connaître l’intimité d’un couple? Les deux artistes, au-delà des chiffres pharamineux que l’on associe à leur succès, menaient aussi une vie privée, avec tout ce que cela comprend de moments heureux, mais aussi de blessures. Blâmer Ariana Grande pour le décès de Mac Miller est ridicule et cruel.

L’image renvoyée par les stars de la musique, qui ont en apparence tout pour elles, rend parfois difficile la visualisation d’une dépression. La drogue, on comprend, on dit même qu’elle fait partie du truc; mais la dépression… L’argent, le succès, les fans ou l’épanouissement artistique: cela rend forcément heureux! Que nenni.

Mac Miller était mal depuis belle lurette, et Ariana Grande n’a visiblement pas pu y faire grand-chose. Il suffit d’ailleurs de se pencher sur les textes du rappeur depuis 2012 pour percevoir un mal-être évident, explicite, et une musique souvent cathartique.

«J’avais des problèmes de drogue, reconnaissait-il en 2015 dans une interview avec l’animateur Larry King. Pendant longtemps, ça ne s’est pas limité à la musique, j’avais ces problèmes qui provenaient d’un certain état d’esprit dans lequel j’étais. J’étais dépressif. C’est drôle, parce que quand tu discutes avec des gens, ils te demandent: “Comment peux-tu être déprimé? Tu as de l’argent, etc.” Je devais avoir 18 ou 19 ans quand ça m’est arrivé pour la première fois. C’est une période où les jeunes essaient de savoir qui ils sont, de trouver leur propre identité. Tout est décuplé. La célébrité est trompeuse, parce que tu lis des choses, tout ce qui est dit sur toi, et tu commences à ne plus savoir ce qui est vrai ou non. La limite commence à être floue. J’avais du mal à m’avouer que j’étais dépressif. Enfin, je voulais me l’avouer, mais je n’y arrivais pas. Je me réveillais en étant… pas très heureux, disons.»PUBLICITÉJe fonce#OnSeComprend Inspired by

Œuvre triste, textes prémonitoires

La musique de Mac Miller a été profondément influencée par sa dépression. Sur l’album Watching Movies With The Sound Off en 2013, certainement celui le plus complexe et le plus noir, sa relation aux drogues le questionne déjà, comme le prouve le titre «The Star Room»: «Dealing with these demons, feel the pressure / Find the perfect style / Making sure my mom and dad are still somewhat in love / All there backfires of my experiments with drugs» («Composer avec mes démons, ressentir la pression / Trouver le style parfait / S’assurer que maman et papa ont encore un peu d’amour pour moi / Et tout cela se retourne contre moi avec mon expérimentation des drogues»).

Deux ans plus tard, sur GO:OD AM, et notamment sur le morceau «Perfect Circle / God Speed», c’est la peur face à l’ampleur de son addiction qui le hante: «Them pills that I’m popping, I need to man up / Admit it’s a problem, I need a wake up / Before one morning, I don’t wake up» («Ces pilules que je gobe, il faut que je mûrisse / Que j’admette que c’est un problème, il faut que je me réveille / Avant qu’un matin, je ne me réveille pas»).

Et que dire du titre «Small Worlds», extrait de son dernier album, Swimming? «Nobody know me, oh well / Hard to complain from this five stars hotel […] Nine times out of ten I get it wrong / That’s why I wrote this song, told myself to hold on / I can feel my fingers slippin’ / In a motherfuckin’ instant, I’ll be gone» («Personne ne me connaît / Difficile de se plaindre depuis cet hôtel cinq étoiles […] Neuf fois sur dix, je fais mal les choses / C’est pourquoi j’ai écrit cette chanson, pour me dire à moi-même de tenir / Je peux sentir mes doigts glisser / Dans un putain d’instant, j’aurai disparu»).

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Tabou partiellement levé

Un malaise pèse sur le rap depuis quelques années: celui d’une dépression massive. Puisque cette musique est devenue plus introspective qu’avant, plus égocentrée encore, que les artistes ont de moins en moins peur de cacher leurs fêlures, il est de bon ton de dire que la dépression est à la mode. Chez les jeunes rappeurs, surtout.

On peut y voir un effet de style, certes, mais pas que. Il existe tout un tas de raisons qui peuvent pousser un artiste à succès vers les pensées noires, et la drogue en est une. Alors que la lean, ce mélange de sirop codéiné et de soda très populaire parmi les rappeurs américains (et pas que), se cantonnait surtout au rap sudiste ou de Chicago il y a encore dix ans, elle est aujourd’hui partout. Mac Miller en savait quelque chose, il y fut accroc.

Les troubles mentaux, les vrais, ne sont pas nouveaux dans le rap. Il n’y a qu’à écouter le titre «Mind Playing Tricks On Me» des Geto Boys, sorti en 1991, pour s’en apercevoir. Les trois rappeurs y content leur mal-être, leur schizophrénie et leurs délires psychotiques dans une chanson géniale, mais parfaitement déglinguée.

Dans le milieu du rap, la dépression a pourtant longtemps été taboue. Qu’est-ce qu’Eminem n’a pas entendu lorsqu’il a avoué en souffrir en 2008… Si son album de 2010 s’appelle Recoveryce n’est pas pour rien.

La prise de conscience a peut-être eu lieu en 2012, lorsque le rappeur new-yorkais Capital STEEZ se donne la mort, à seulement 19 ans. Depuis, les artistes rap sont plus nombreux à se confier, que ce soit Mac Miller dans ses textes ou une petite dizaine d’autres au site Vice, qui a rassemblé de nombreux témoignages éclairants en 2016.

Troublante scène «emo-rap»

Il ne faut pas que les nouvelles générations se trompent: la dépression décrite par beaucoup de jeunes rappeurs n’est pas feinte, elle n’est pas qu’une figure de style.

Dans la scène Soundcloud, du nom de la plateforme via laquelle de très nombreux nouveaux artistes ont émergé depuis cinq ans, parmi lesquels XXXTentacion ou 6ix9ine, elle est même omniprésente, au point de la caractériser aux yeux du grand public et d’être baptisée «emo-rap». L’overdose au Fentanyl et au Xanax de Lil Peep à 21 ans, en novembre 2017, a jeté un froid dans cette scène marquée par les délires trash et la violence.

Le rap a encore une grande difficulté à appréhender la dépression, soit taboue, soit érigée au rang de code musical. Et la glorification de la lean n’arrange rien. Depuis la mort de Mac Miller, les rappeurs ont multiplié les appels à une meilleure prise en charge des troubles mentaux dans leur milieu, à l’image de J. Cole.

«Ceci est un message pour toutes les personnes dans ce milieu qui traversent une mauvaise passe. Si vous ne vous sentez pas bien, si vous avez un problème d’addiction, si vous avez besoin d’une oreille attentive pour vider votre sac. Si vous n’êtes pas à l’aise à l’idée de parler à votre entourage. Contactez-moi, s’il vous plaît.»

C’est une bonne chose. Car si le rap est un jeu, la dépression, elle, n’en est pas un –loin de là.

La «lean» décime les rappeurs… et le reste des États-Unis

L’épidémie d’overdoses par opioïdes qui ravage les États-Unis depuis le début des années 2010 est en train de faire baisser l’espérance de vie américaine. Et de détruire toute une nouvelle génération de rappeurs.

Illustration par Eduardo Bertone / Marie Bastille
Illustration par Eduardo Bertone / Marie Bastille

Le 31 décembre dernier, alors que vous n’étiez plus qu’à une bouteille de champagne d’oublier tout 2017, Lil Pump loadait une vidéo contagieuse sur Instagram, dans laquelle on le voyait préparer une partie de Beer Pong remixée aux psychotropes. «En 2018, on joue au lean pong!», fanfaronnait l’ado aux dreadlocks roses et au visage tatoué, en fixant l’objectif avec un sourire laissant scintiller un appareil dentaire.

À 17 ans, Lil Pump, superstar du rap chez les kids, cumule bientôt un milliard de vues sur sa chaîne YouTube grâce à son hit «Gucci Gang», dans lequel il répète cinquante-trois fois le mot «Gucci» et explique qu’il aime prendre des médicaments avec sa grand-mère.

«Héroïne liquide»

Dans ses gobelets, ce qu’il nomme de la lean n’a absolument rien à voir avec de la bière. Également appelée «purple drank», «dirty Sprite» ou même «héroïne liquide», la boisson en question est un mélange de médicaments à base de codéine et de soda. Elle est très prisée par une nouvelle génération de rappeurs n’ayant pas peur de mêler aux codes du hip-hop la déprime narcotique du mouvement grunge et l’esprit écervelé de la culture des frat boys américains.

«La codéine est un opioïde, un dérivé semi-synthétique de la morphine,prévient pourtant l’addictologue Michel Artus. Elle est principalement utilisée en médecine pour traiter la douleur et la toux. Elle provoque un certain détachement du réel, des troubles de l’attention, une légère euphorie et une somnolence qui, en cas de surdosage, peut aller jusqu’au coma avec décès par arrêt respiratoire.»

Mais tout cela n’a pas vraiment l’air de préoccuper cette vague de jeunes rappeurs aux noms malicieusement pharmaceutiques (SmokepurppTrippie ReddLil Uzi VertLil Xan…). Ils racontent à longueur de couplets leurs expériences sous codéine et leurs trips aux pilules antidouleur telles que l’oxycodon, le percocet et autres produits hautement addictifs contenant des opioïdes.

Pourquoi? Tout simplement parce que le rap est, comme toujours, un reflet fidèle de la société américaine. Et depuis quelques années, les États-Unis ont basculé dans une véritable crise des opioïdes. Toutes les couches de la société sont concernées.

Sur la seule année 2016, près de 64.000 personnes ont trouvé la mort par overdose dans le pays –soit l’équivalent des pertes américaines causées par les guerres du Viêt Nam, d’Irak et d’Afghanistan réunies.

C’est d’ailleurs à un photographe de guerre, James Nachtwey, que le Time a ouvert ses pages en février, pour un numéro exceptionnel consacré à cette crise. Pour la première fois en quatre-vingt-quinze ans d’existence, le magazine a entièrement chamboulé son sommaire pour ne parler que de l’épidémie d’addiction aux opioïdes, qui a fait reculer l’espérance de vie nationale pour la première fois depuis un demi­-siècle.

Pour comprendre comment le pays le plus riche du monde s’est retrouvé à ce point accro aux médocs, il faut remonter au début des années 2000, quand le rappeur Lil Pump n’était même pas né.

Tempête narcotique

La démocrate Regina LaBelle a eu tout le temps d’analyser cette crise touchant autant les rappeurs que les banquiers. En 2012, elle a été chargée par le président Obama de prendre la tête, à la Maison-­Blanche, d’un bu­reau dédié à la mise en place d’une politique nationale de contrôle des drogues.

Selon elle, plusieurs facteurs sont à l’origine de cette tempête narcotique. Tout d’abord, le fait qu’au début des années 2000, les médecins aient accordé une attention nouvelle à la question de la douleur. «À l’époque, on parlait de la douleur comme du cinquième signe vital –comme le pouls ou la respiration, par exemple– et les docteurs ont commencé à être jugés en fonction de la manière dont ils parvenaient à la traiter», explique la démocrate.

À la même période, la société Purdue Pharma met au point l’oxycodone, une molécule de la famille des opioïdes faite pour soulager les douleurs. L’entreprise n’hésite pas à abuser du marketing pour parvenir à vendre son médicament en dehors de son domaine d’application –les malades du cancer en phase terminale, suivie par d’autres labos.

«Ces groupes pharmaceutiques ont promis aux médecins que leurs patients n’avaient presque aucun risque de devenir accro à l’oxycodone. Et comme au début des années 2000 nous comprenions beaucoup moins bien les mécanismes de l’addiction, les médecins ont prescrit de l’oxycodone en masse», reprend la «madame drogues» d’Obama.

Pour fournir tous ces consommateurs, certaines pharmacies n’ont pas hésité à mettre leur éthique de côté. C’est ce qui a donné naissance en Floride, là où a grandi Lil Pump, au phénomène des pill mills (littéralement des «piluliers»). Dans ces lieux (une clinique, un cabinet…), des professionnels de santé ont profité de la législation plus laxiste de cet État et ont littéralement inondé toute la côte est de pilules antidouleur.

«Vous veniez y voir un docteur pendant à peine une minute, vous lui disiez que vous aviez mal et vous repartiez avec vos pilules. C’était presque comme des magasins en libre-service», résume Regina LaBelle.

Le 16 novembre 2000, le célèbre DJ de Houston DJ Screw décédait d’une overdose de sirop à la codéine, après avoir popularisé dans tout le milieu du rap du sud des États-Unis ce médicament qu’il récupérait dans des pill mills.

«Juste une boîte de médicaments»

C’est dans l’une d’elles que s’est retrouvé un peu malgré lui Ryan Hampton. Loin de se produire aux platines dans des soirées hip-hop, il travaillait à la Maison-­Blanche lors du deuxième mandat du président Bill Clinton. Il était l’une des étoiles montantes du parti démocrate jusqu’en 2003.

Cette année-là, il se fracture la cheville lors d’une randonnée et se voit prescrire de l’hydromorphone, un opioïde dérivé de la morphine. Au lieu d’aller voir ensuite un spécialiste pour faire de la rééducation, Ryan prend l’habitude de renouveler son ordonnance d’antidouleur et finit par se faire prescrire dans les pill mills un très haut dosage d’oxycodone doublé de xanax.

«Je ne voyais pas ça comme de la drogue. C’était juste une boîte de médicaments prescrite par un médecin. Mais, un jour, j’ai loupé un rendez-vous chez le docteur et je n’ai donc rien pris pendant douze heures. Là, j’ai commencé à être vraiment malade. Je voyais flou, je n’arrivais plus à respirer, je suis quasiment tombé au sol. Je ne le savais pas encore, mais j’étais accro», se rappelle Ryan Hampton.

Plutôt que de diminuer sa consommation, il cherche de nouveaux moyens d’obtenir des médicaments. Et lorsque l’État de Floride décide enfin de sévir en 2007 pour contrôler les émissions d’ordonnances, les médecins qui acceptaient avec joie les paiements cash de Ryan se mettent soudainement à le renvoyer chez lui en le traitant de junkie.

«Je suis sorti d’un rendez-vous sans ordonnance et terriblement déprimé. Juste en face de chez le médecin, il y avait un dealer d’héroïne. Il ne m’a fallu que vingt secondes de réflexion pour passer d’un golden boy de la Maison-­Blanche à un accro à l’héroïne», raconte le quarantenaire.

Après de longues années d’errance et la mort par overdose de plusieurs de ses amis proches, Ryan est maintenant tiré d’affaire, grâce à l’organisme d’aide Facing Addiction. Il est devenu l’un des militants les plus actifs sur le net autour de la crise des opioïdes et sortira en août un essai sur le sujet, American Fix: Inside the Opioid Addiction Crisis.

Aujourd’hui, il ne peut s’empêcher d’en vouloir aux médias ou à certains rappeurs qui font des médicaments un accessoire branché: «Il y a toujours eu chez les jeunes une manière romantique de voir la drogue. Mais je vous garantis que les opioïdes au quotidien n’ont rien de romantique.»

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«Entasser les cadavres»

Même s’il a été l’un des premiers en France à rapper sur le sujet, le chanteur Dehmo trouve lui aussi que les plus jeunes vont un peu loin: «Ils prônent la lean, les pilules, les médicaments, ce genre de drogues vraiment dures. Mais il faut se rendre compte qu’il y a plein de gens aux États-Unis qui commencent à mourir, à force d’en abuser.»

Ryan Hampton confirme que la situation est critique: «Dans l’Ohio, il n’y a même plus assez de place pour entasser les cadavres. Les autorités sont obligées de les conserver dans des réfrigérateurs mobiles laissés sur le trottoir!»

En octobre, l’administration Trump a déclaré la crise des opioïdes «urgence de santé nationale». Pour lutter contre le fléau, elle vient d’annoncer un budget un peu flou, tournant autour des six milliards de dollars. «Ce n’est rien. Selon les estimations, pour renverser les effets de cette crise, il faudrait entre trente et trente-cinq milliards par comté américain. Soit presque 11.000 milliards de dollars. Il faut revoir tout le système de santé, de justice et d’action sociale. Le changement doit être global», développe l’ancien addict.

D’autant plus que depuis quelques années, un nouvel opioïde surpuissant commence à inonder le marché: le fentanyl. Cinquante  fois plus fort que l’héroïne tout en étant beaucoup moins coûteux, ce médicament est désormais fabriqué illégalement en Chine, puis revendu dans les rues américaines.

Dans certaines régions des États-Unis et du Canada, cet antidouleur tue désormais plus que l’héroïne, car il est souvent absorbé par des consommateurs pensant avoir affaire à des opioïdes moins puissants. C’est comme ça que sont morts, par exemple, Michael Jackson, Prince, Tom Petty ou Dolores O’Riordan.

Il y a trois mois, c’est la jeune star du rap Lil Peep, 21 ans, qui décédait d’une overdose de fentanyl et de xanax, après avoir posté sur les réseaux sociaux des photos de lui la bouche pleine de pilules.

Il y a un mois, c’est cette fois le rappeur Fredo Santana qui mourait après avoir surdosé son gobelet de lean. De quoi jeter un froid dans le monde du hip-hop, où de plus en plus d’artistes commencent à militer contre les médicaments qu’ils ont longtemps prônés.

C’est le cas de Wiz Khalifa qui multiplie les déclarations contre la leanqu’il aimait tant, ou de Dehmo en France. «Ce n’est plus trop mon délire», explique ce dernier. Même chose du côté de Lil Xan qui, malgré son nom, a récemment lancé un mouvement anti-xanax. Sur scène, il scande désormais: «Fuck Xanax 2018.» Promis, pour le réveillon 2019, retour au bon vieux beer pong.

La mafia de la drogue du Kosovo
fournit de l’héroïne à l’Europe

Les agences internationales qui luttent contre le trafic de drogue avertissent que le Kosovo est devenu un “paradis pour les contrebandiers” qui fournit jusqu’à 40% de l’héroïne vendue en Europe et en Amérique du Nord.

Les forces nationales, qui luttent pour le maintien de la paix dans la province un an après la guerre, n’ont aucun mandat pour combattre les trafiquants de drogue ; et – avec l’expulsion du Kosovo de la police serbe, y compris de la “4ème unité” de la brigade des stupéfiants – les trafiquants empruntent la “route des Balkans” en toute liberté.

Les soldats de la paix de la K-For “pourraient bien venir d’une autre planète quand il s’agit de s’attaquer à ces types”, a déclaré Marko Nicovic, avocat et vice-président de l’association internationale des officiers chargés de la lutte contre les stupéfiants, basée à New York.

“C’est le réseau de narcotiques le plus difficile à démanteler parce qu’il est dirigé par des familles et qu’il a même sa propre langue. Le Kosovo est en passe de devenir le centre du cancer en Europe, comme l’Europe occidentale le découvrira bientôt”.

Il estime que les trafiquants de la province manipulent actuellement entre 4,5 et 5 tonnes d’héroïne par mois et que ce chiffre augmente rapidement, comparé aux deux tonnes qu’ils transféraient avant la guerre du Kosovo de mars-juin de l’année dernière, lorsque les bombardements de l’OTAN ont forcé le régime serbe à se retirer de la province, majoritairement albanaise.

“C’est plus facile et moins cher – et il y en a beaucoup plus. Le prix baisse et si cela continue, nous prévoyons un boom de l’héroïne en Europe occidentale comme au début des années 80”.

Un trafiquant d’héroïne de Belgrade a confirmé au Guardian que depuis la guerre, les trafiquants d’héroïne du Kosovo, pour la plupart issus de quatre grandes familles, se concentrent sur les marchés d’Europe occidentale et des États-Unis.

Un kilo d’héroïne qui vaut 10 000 livres au Kosovo ou 20 000 livres à Belgrade peut rapporter 40 000 livres sur les marchés britannique, italien ou suisse, a déclaré cet intermédiaire d’héroïne de 24 ans. Il s’attend à ce que la route du Kosovo se développe : “Il n’y a personne pour les arrêter.”

Seule la moitié des 5 000 policiers promis sont arrivés pour participer à l’opération de paix dans la province, qui est maintenant la principale voie d’acheminement de l’héroïne vers l’Europe occidentale et les États-Unis, en passant par certains des pays les plus troublés du monde, l’Afghanistan, le nord de l’Iran, les États du sud de la Fédération de Russie, l’Azerbaïdjan, la Turquie et le Kosovo.

“C’est la Colombie de l’Europe”, a déclaré M. Nikovic, qui a été le chef de la brigade des stupéfiants yougoslave jusqu’en 1996. “Lorsque la police serbe brûlait des maisons au Kosovo, elle en trouvait [de l’héroïne] fourrée dans le toit. Pour autant que je sache, il n’y a pas eu un seul rapport de saisie d’héroïne par la K-For au cours de la dernière année. Ce sont des soldats, pas des enquêteurs criminels”.

En écho à cela, un fonctionnaire de l’OTAN à Bruxelles a déclaré “Les généraux ne veulent pas transformer leurs troupes en flics … Ils ne veulent pas que leurs troupes se fassent tirer dessus en poursuivant des vendeurs au noir.”

Il n’y a aucune preuve que l’Armée de libération du Kosovo des Albanais de souche soit directement impliquée dans le trafic de drogue, mais selon la Revue internationale de la police, basée en Grande-Bretagne et publiée par Jane’s, elle pourrait être dépendante des familles de trafiquants qui, selon la Revue, ont partiellement financé les opérations de l’UCK au Kosovo l’année dernière.

Lorsque les chefs des brigades des stupéfiants d’Europe du Nord et de l’Est se sont rencontrés en Suède il y a 10 jours, la route des Balkans était le principal problème, selon le chef de l’agence tchèque des stupéfiants, Jiri Komorous : “Il y a quatre voies de trafic de drogue à travers les Balkans vers l’Europe occidentale et nous devons améliorer nos tentatives pour contrôler les Albanais du Kosovo”.

La mafia kosovare fait de la contrebande d’héroïne depuis le milieu des années 80 – mais depuis la guerre du Kosovo, elle a pris ses propres responsabilités, selon M. Nicovic : “Vous avez un pays entier sans une force de police qui sait ce qui se passe.

La mafia albanaise du Kosovo est presque intouchable. “Tout se passe sur la base de la structure familiale ou clanique, la Fic (fraternité), il est donc impossible de planter des informateurs”, a déclaré M. Nicovic.

“Leur diaspora est en Turquie et en Allemagne depuis les purges communistes de Tito, donc toute la filière est mise en place. Maintenant, ils ont trouvé le seul pays entre l’Asie et l’Europe qui n’est pas membre d’Interpol”.

Pour la Grande-Bretagne, a-t-il dit, il y a deux routes : “Par camion à travers l’Allemagne, la Belgique et la France, puis via Douvres – et aussi à travers Budapest, la Pologne, les Pays-Bas, puis vers la Grande-Bretagne”.

La responsabilité de l’organisation du travail de la police au Kosovo “est une zone grise”, a déclaré le fonctionnaire de l’OTAN, mais “si le crime organisé continue à prospérer, il aura des ramifications intentionnelles”.

En Australie, la cocaïne est à près de 300 dollars le gramme. | Steve Buissinne via Pixabay 
En Australie, la cocaïne est à près de 300 dollars le gramme.

Sydney, nouvel eldorado des vendeurs de cocaïne 

La consommation explose dans la ville et les bénéfices potentiels de la vente sont si importants qu’ils attirent les trafiquant·es du monde entier. 

Les chiffres sont sans équivoque: le marché australien de cocaïne explose depuis quelques années, et c’est à Sydney que le phénomène est le plus visible.

Les derniers résultats d’analyses des eaux usées à travers le pays, effectuées par l’Australian Criminal Intelligence Commission, montrent que la consommation nationale de cocaïne a augmenté de plus de 50% entre 2016 et 2019. L’État de Nouvelle-Galles du Sud, dont la capitale est Sydney, en serait l’épicentre avec plus de la moitié de la consommation nationale sur son sol.

Comme le rapporte le Sydney Morning Herald, les habitant·es de Sydney consommeraient deux fois plus de cocaïneque celles et ceux de Melbourne et Brisbane, faisant de la ville la véritable capitale australienne de la substance.

Cette hausse de la consommation n’apporte rien de bon pour les personnes qui vivent à Sydney, où certains quartiers sont le théâtre d’incidents dûs au trafic. À Woollahra par exemple, une banlieue à l’est de la métropole, le nombre d’incidents impliquant de la cocaïne augmente en moyenne de 98,8% chaque année depuis deux ans, ajoute le journal australien.

Qui dit drogue illégale, dit aussi arrestations et saisies. À Sydney, les cas ne manquent pas et, récemment, 200 kg ont été saisies dans la banlieue de la ville.

Des prix exorbitants 

L’importante présence de cette drogue en Australie s’expliquerait par l’intérêt accru des trafiquant·es sud-américain·es pour le pays. Et pour cause: les bénéfices de la vente de la cocaïne y sont faramineux comparés, par exemple, aux États-Unis.

Comme le rapporte Vice, un kilogramme de cocaïne aux États-Unis vaudrait environ 48.000 euros, contre 230.000 en Australie. À environ 266 euros le gramme, les rues de Sydney ressemblent à un véritable eldorado pour les dealers de cocaïne, qui sont prêt·es à traverser l’océan Pacifique afin de faire affaire.À lire aussiL’industrie de la cocaïne traverse son plus grand crash économique

Les chemins terrestres entre le Mexique et les États-Unis étant de plus en risqués, des traversées maritimes ont lieu. En 2017 par exemple, un yacht en route pour la Nouvelle-Galles du Sud a été arrêté avec 1,4 tonne de cocaïne à son bord, rapporte le média américain.

Les vendeurs et vendeuses d’Amérique du Sud ne seraient pas les seul·es à lorgner sur ce commerce des antipodes. Les trafiquant·es du Québec, où le kilo de cocaïne est six fois moins cher, exporteraient également des quantités massives de drogues dans le pays d’Océanie.

Un événement pourrait renforcer cette tendance: le coronavirus. Avec la crise sanitaire, les cartels peinent à vendre via leurs circuits classiques, notamment du fait de la fermeture des frontières. Le nombre de saisies a chuté aux États-Unis, et les narcotrafiquant·es semblent se résoudre à utiliser davantage les voies maritimes. L’attrait de vendre de la cocaïne à des prix bien plus élevés outre-Pacifique pourrait ainsi accentuer le phénomène

Les Champignons peuvent t’éveiller à La Conscience et Guérir notre Planète !

Quasi toutes les cérémonies et fêtes religieuses sont là pour cacher d’anciens rituels chamaniques qui utilisaient des plantes et des champignons. Ainsi, Pâques célèbre la cueillette des champignons aux printemps. Le personnage du Père Noël est un copié-collé de la vie des chamans du grand nord qui apportaient les champignons pour le solstice du 21 décembre. Ils se baladaient en traineau, tiré par des rennes, rentraient par la cheminé et faisaient sécher les champignons dans les sapins, ce qui a donné la coutume des boules de noël. Les noms des 12 apôtres signifient chacun dans d’ancienne langues le mot champignon. Par exemple Pierre, la pierre de voûte de l’église, signifie champignons en Sumérien (PITRA).

Depuis 2000, les scientifiques savent que le cannabis et la psilocybine sont nécessaires à l’évolution. Avec l’aide de certaines plantes comme l’ayahuasca, la psilocybine pourrait remplacer 99% des médicaments chimiques qui ne soignent pas et entraînent de nombreux effets secondaires. Mais les lobbys de la chimie, de la médecine et de l’agro-alimentaire dépensent des milliards afin que ces informations ne soient pas trop relayées par les médias officiels. Ils continuent de pourrir l’âme humaine avec leurs poisons qui détruits tout. La chimie est une des causes principales de l’état de notre Humanité actuelle. Elle détruit la nature mais aussi notre ADN, notre système neuronal et donc notre capacité à réfléchir. La chimie, la malbouffe et les écrans sont en train faire baisser le niveau de la conscience des humains. Et les substances qui réparent le mieux les dégâts causés par la chimie, c’est justement la psilocybine des champignons magiques.

Comme le chamanisme avec les champignons et les plantes est le seul outil qui peut inverser ce mouvement d’autodestruction, le monde est rempli de faux chamanisme. Le chamanisme sans substances, le chamanisme par la danse, le chamanisme par le chant etc… Sachez que tous ceux qui font la promotion du chamanisme sans champignons/plantes font partie de ceux qui empêchent le plus l’Humanité de naître. Ils ont repris le flambeaux des heures les plus plus sombres de l’histoire de France, celle de l’inquisition dont l’une des tâches consistaient à éloigner les gens de “la chaire de dieux”. Ils sont souvent de bonne volonté, mais cela n’y change rien.

Savais-tu que depuis les années 90, le QI moyen de l’humanité est en baisse et que cela a été prouvé que c’est dû aux produits chimiques? (“Demain, tous crétins” Docu ARTE) Ces produits ont été interdits depuis longtemps mais ils sont présents dans toute la chaine alimentaire. Face à l’avalanche de produits chimiques, notre ADN, notre système neuronal et l’intelligence sont de plus en plus détruits.

Le problème avec la chimie, c’est que l’on met souvent des dizaines d’années avant de réaliser qu’un produit est nocif. Et après quelques décennies le mal est fait et ces produits sont dans la chaîne alimentaire. Mais on peut être positif en se disant que la solution est là, sous notre nez, dans les forêts et les campagnes.« Om Ganesha »MOSE & SAM GARRETTLecteur audio00:0000:00Utilisez les flèches haut/bas pour augmenter ou diminuer le volume.PlaySeek00:00Current time00:00Toggle MuteVolume1. « Om Ganesha » — MOSE & SAM GARRETT9:072. « Asatoma » — KEVIN JAMES8:303. « Ajeet Kaur – Sat Narayan Wahe Guru » — AJEET KAUR11:374. « Empire Of Angels – Thomas Bergersen » — THOMAS_BERGERSEN5:145. « Jai Ganesha – David Newman » — DAVID NEWMAN10:516. « Ik Ardas Wahe Guru – White Sun » — WHITE SUN7:20

Un avion tellement bourré de cocaïne qu’il s’écrase au décollage

Par Gauthier Vincent – 03/08/2020 Facebook Twitter

Cocaïne/Pixabay
Cocaïne/Pixabay

Un petit avion rempli de cocaïne qui valait 80 millions de dollars s’est écrasé en route vers l’Australie, probablement trop chargé pour voler, selon la police. La drogue a été trouvée dans l’avion après son crash au décollage en Papouasie-Nouvelle-Guinée la semaine dernière.

Cinq membres d’un gang de Melbourne ont été arrêtés lundi, peu après que l’avion ait été envoyé de l’Etat australien du Queensland vers la Papouasie-Nouvelle-Guinée voisine pour y récupérer la drogue, selon la police.

L’avion s’est écrasé plus tard dans la journée alors qu’il tentait de faire voler 500 kg de cocaïne sur une bande de terre isolée de l’île. Personne n’a été retrouvé dans l’épave partiellement brûlée.

La police australienne prétend que la cupidité a joué un rôle important dans les activités du syndicat du crime et ne peut exclure que le poids de la cocaïne ait eu un impact sur la capacité de l’avion à décoller“, peut-on lire dans un communiqué de la police.

Les autorités de Papouasie-Nouvelle-Guinée ont découvert l’avion Cessna 402C écrasé et vide peu après le crash. Des chiens renifleurs ont identifié des traces de cocaïne sur les lieux, ce qui a permis aux policiers de découvrir la contrebande après quatre jours de recherche.

Le pilote, qui s’est rendu au consulat australien en Papouasie-Nouvelle-Guinée mardi, a été accusé de délit d’immigration illégale.

Un camion aurait attendu l’avion dans le Queensland, en Australie, devant transporter la drogue vers le sud.

Les complices  australiens étaient sous surveillance policière depuis deux ans, selon ABC News. Les cinq hommes arrêtés en Australie, âgés de 31, 31, 33, 33 et 61 ans, ont des liens avec la mafia italienne, selon la police. Ils encourent la prison à vie.

Ces arrestations envoient un message clair que la Papouasie-Nouvelle-Guinée ne tolérera pas que des syndicats du crime transnational utilisent notre nation comme point de transit pour des marchandises illicites destinées à l’Australie“, a déclaré David Manning, le chef de la police de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

National Vital Statistics Reports

Volume 67, Number 9

Drugs Most Frequently Involved in Drug Overdose Deaths: United States, 2011–2016

by Holly Hedegaard, M.D., M.S.P.H., and Brigham A. Bastian, B.S., National Center for Health Statistics; James P. Trinidad, M.P.H., M.S., U.S. Food and Drug Administration; Merianne Spencer, M.P.H., and Margaret Warner, Ph.D., National Center for Health Statistics

December 12, 2018page1image2800260688page1image2800260976page1image2800261264page1image2800263648page1image2800263936page1image2800264528page1image2800264880

Abstract

Objective—This report identifies the specific drugs involved most frequently in drug overdose deaths in the United States from 2011 through 2016.

Methods—Record-level data from the 2011–2016 National Vital Statistics System–Mortality files were linked to electronic files containing literal text information from death certificates. Drug overdose deaths were identified using the International Classification of Diseases, Tenth Revision underlying cause- of-death codes X40–X44, X60–X64, X85, and Y10–Y14. Drug mentions were identified by searching the literal text in three fields of the death certificate: the causes of death from Part I, significant conditions contributing to death from Part II, and a description of how the injury occurred. Contextual information was used to determine drug involvement in the death. Descriptive statistics were calculated for drug overdose deaths involving the 10 most frequently mentioned drugs. Deaths involving more than one drug (e.g., a death involving both heroin and cocaine) were counted in all relevant drug categories (e.g., the same death was included in counts of heroin deaths and in counts of cocaine deaths).

Results—Among drug overdose deaths that mentioned at least one specific drug, the 10 most frequently mentioned drugs during 2011–2016 included fentanyl, heroin, hydrocodone, methadone, morphine, oxycodone, alprazolam, diazepam, cocaine, and methamphetamine. Oxycodone ranked first in 2011, heroin during 2012–2015, and fentanyl in 2016. During the study period, cocaine consistently ranked second or third. From 2011 through 2016, the age-adjusted rate of drug overdose deaths involving heroin more than tripled, as did the rate of drug overdose deaths involving methamphetamine. The rate of drug overdose deaths involving fentanyl and fentanyl analogs doubled each year from 2013 through 2016, from 0.6 per 100,000 in 2013 to 1.3 in 2014, 2.6 in 2015, and 5.9 in 2016. The rate of

overdose deaths involving methadone decreased from 1.4 per 100,000 in 2011 to 1.1 in 2016. The 10 most frequently mentioned drugs often were found in combination with each other. The drugs most frequently mentioned varied by the intent of the drug overdose death. In 2016, the drugs most frequently mentioned in unintentional drug overdose deaths were fentanyl, heroin, and cocaine, while the drugs most frequently mentioned in suicides by drug overdose were oxycodone, diphenhydramine, hydrocodone, and alprazolam.

Conclusions—This report identifies patterns in the specific drugs most frequently involved in drug overdose deaths from 2011 through 2016 and highlights the importance of complete and accurate reporting in the literal text on death certificates.

Keywords: opioid • fentanyl • heroin • cocaine • National Vital Statistics System

Introduction

From 1999 through 2016, the age-adjusted rate of drug overdose deaths in the United States more than tripled from 6.1 per 100,000 to 19.8 per 100,000 (1). Multiple studies have used National Vital Statistics System–Mortality (NVSS–M) data, coded using the International Classification of Diseases, Tenth Revision (ICD–10), to examine patterns of drug involvement in overdose deaths (1–5). ICD–10 is the classification system used in the United States to categorize the underlying and multiple causes of death (6). One limitation of this classification system is that, with a few exceptions, ICD–10 codes reflect broad categories of drugs rather than unique specific drugs. For example, oxycodone and hydrocodone are both classified in the same category of natural and semisynthetic opioid analgesics (ICD–10 code T40.2). The broad drug categorizations used in ICD–10 make it difficult to use ICD–10-coded data to monitor trends in deaths involving specific drugs (e.g., deaths involving oxycodone specifically).page1image2798384864

U.S. DEPARTMENT OF HEALTH AND HUMAN SERVICES Centers for Disease Control and Prevention

National Center for Health Statistics National Vital Statistics Systempage1image2798403584page1image2800353056

National Vital Statistics Reports, Vol. 67, No. 9, December 12, 2018

To address this limitation, the National Center for Health Statistics (NCHS) and the U.S. Food and Drug Administration (FDA) collaboratively developed methods to search the literal text from death certificates to identify mentions of specific drugs and other substances, and to search contextual terms to identify involvement of the drug(s) or substance(s) in the death (7). The literal text is the written information provided by the medical certifier, usually a medical examiner or coroner in the case of drug overdose deaths (8,9), and describes the cause of death and other factors or circumstances that contributed to the death. The methods developed by NCHS and FDA search three literal text fields from the U.S. standard death certificate: the causes of death from Part I, significant conditions contributing to death from Part II, and a description of how the injury occurred (7,10).

A previous study presented the findings from use of literal text analysis to identify the specific drugs most frequently involved in drug overdose deaths from 2010 through 2014 (11). This report uses the same methodology and an enhanced search term list to provide results for drug overdose deaths from 2011 through 2016.

Methods

Data source and study population

NVSS–M data from 2011 through 2016 were used in this descriptive analysis. NVSS–M data contain cause-of-death, demographic, and geographic information extracted from death certificates (12). The study population was limited to decedents who were U.S. residents with an ICD–10 underlying cause-of- death of drug overdose: X40–X44 (unintentional), X60–X64 (suicide or intentional self-harm), X85 (assault), and Y10–Y14 (undetermined intent). During the study period, the manner of death was unintentional for 80%–86% of drug overdose deaths, suicide for 8%–13%, homicide for 0.2%, and undetermined intent for 6%–7% (1,13). The underlying cause-of-death codes reflect deaths resulting from acute intoxication from drugs (i.e., drug overdose). Deaths from chronic exposure to drugs (e.g., liver toxicity) or adverse effects experienced from therapeutic or prophylactic dosages of drug were not included. Use of this code set (X40–X44, X60–X64, X85, and Y10–Y14) is consistent with other NCHS publications on drug overdose deaths and facilitates comparison with other analyses using the ICD–10-coded data (1).

NVSS–M files were linked to electronic files containing literal text data, also extracted from death certificates (7). Mentions of drugs or other substances (described below) were identified using the literal text data from three fields of the death certificate: the causes of death from Part I, significant conditions contributing to death from Part II, and a description of how the injury occurred.

Identifying drug mentions and involvement of the drug in the death

The method for searching literal text information to characterize the drugs involved in deaths has been described elsewhere (7). Briefly, the method involves searching the literal text for mentions of drugs and other substances, as well as terms that provide context about the involvement of the drug in the death (i.e., whether the drug contributed to the death). For example, the phrase “METHICILLIN RESISTANT STAPHYLOCOCCUS AUREUS INFECTION” does not suggest drug involvement in mortality, but rather a type of bacterial infection. Similarly, the phrase “NOT DRUG RELATED” clearly indicates that the death did not involve a drug, even though “DRUG” is mentioned in the phrase. The drug or substance mentioned in a literal text field is assumed to be involved in the death unless the contextual information indicates otherwise. Software programs, referred to as the Drug Mention with Involvement (DMI) programs, have been developed using SAS version 9.4 to automate the process (7).

DMI programs identify mentions of drugs and other substances using various search terms. Search terms include generic drug names, brand names, common usage or street names, abbreviations, metabolites, misspellings, and other variations. The list of search terms used in this report is broader than that used in a previous report (7), and was developed to maintain as much substance specificity as possible. The new search term list was applied to the literal text for all years of the study (2011–2016). Because a new search term list was used in this analysis, the results for 2011–2014 may differ slightly from those reported previously (from 0 to 36 additional deaths depending on the drug and the year) (11).

Each search term was mapped to a “principal variant,” the overarching label assigned to a drug, a drug class, or exposure not otherwise specified. For example, terms such as “COCAIEN”, “COCAINE CRACK”, “COCAINE HYDROCHLORIDE”, and “COCAINETOXICITY” were all mapped to the principal variant “COCAINE”. In general, the principal variant was the generic drug name. Some search terms—mostly for combination drug products—were mapped to two or more principal variants. Use of principal variants makes it possible to generate aggregate counts for all search terms that refer to the same drug or substance. Principal variants also were categorized according to whether they referred to specific drugs or substances (e.g., methadone), classes of drugs or substances (e.g., opioids), or nonspecific references to exposures to drugs (e.g., words such as “DRUG”, “MULTIDRUG”, or “POLYPHARMACY”). The DMI Search Terms and principal variants table is provided in an accompanying CSV file (https://ftp.cdc.gov/pub/Health_Statistics/NCHS/Program_ Code/oae/).

A frequency distribution of the principal variants identified the top 20 drugs for each year from 2011 through 2016. A referent drug category was created for each of the top 20 drugs. The term “referent drug” in the tables and figures in this report generally refers to a single principal variant for the drug of interest. However, due to the greater detail in the updated principal variant list, some of the referent drug categories are comprised of two or more principal variants, generally reflecting

a drug and its metabolites. For example, the principal variant HYDROCODONE and the principal variant NORHYDROCODONE (a metabolite of hydrocodone) were grouped together to create the referent drug category of HYDROCODONE. The referent group FENTANYL included fentanyl as well as fentanyl metabolites, precursors, and analogs. The grouping of principal variants into referent groups was based on expertise from FDA and NCHS. The referent groups table, which contains a list of search terms and the principal variants included in each referent drug category, is provided in the CSV file (https://ftp.cdc.gov/ pub/Health_Statistics/NCHS/Program_Code/oae/).

Analysis

deaths with codes T36–T50.8 increased each year (75% in 2011, 76% in 2012, 78% in 2013, 81% in 2014, 83% in 2015, and 85% in 2016).

This improvement in reporting of specific drugs and drug classes during the study period could potentially influence the observed trends in drug overdose deaths for specific drugs (Figures 1–3). To assess the possible influence of improved reporting, an adjustment analysis was conducted. In this analysis, an adjustment factor was applied to each number and age-adjusted rate for drug overdose deaths involving specific drugs. The adjustment factor assumed that the specificity of drug reporting remained constant from 2011 through 2016 at the 2016 rate (i.e., 85.4% of drug overdose deaths with an ICD–10 multiple-cause code of T36–T50.8). A description of the methodology and the results from the adjustment analysis are provided in the Technical Notes.

Results

The number of drug overdose deaths per year increased 54%, from 41,340 deaths in 2011 to 63,632 deaths in 2016 (Table A). From the literal text analysis, the percentage of drug overdose deaths mentioning at least one specific drug or substance increased from 73% of the deaths in 2011 to 85% of the deaths in 2016. The percentage of drug overdose deaths that mentioned only a drug class but not a specific drug or substance declined from 5.1% of deaths in 2011 to 2.5% in 2016. Review of the literal text for these deaths indicated that the deaths that mentioned only a drug class frequently involved either an opioid or an opiate (ranging from 54% in 2015 to 60% in 2016). The percentage of deaths that did not mention a specific drug or substance or a drug class declined from 22% of drug overdose deaths in 2011 to 13% in 2016.

Most frequently mentioned drugs

Table B shows the relative ranking of the top 15 drugs involved in drug overdose deaths for each year from 2011 through 2016 among deaths that mentioned at least one specific drug. The number of deaths for each drug should be interpreted in light of the improvements in reporting as described in Table A, and should be considered the minimum number for that drug because there could be additional deaths in which the drug was involved, but the drug was not reported in the literal text.

The top 15 drugs were identified based on the number of drug overdose deaths per referent drug category. While the ranking changed from year to year, the top 10 drugs involved in overdose deaths remained consistent throughout the 6-year period. The top 10 drugs belonged to three drug classes:

  • Opioids: fentanyl, heroin, hydrocodone, methadone, morphine, and oxycodone
  • Benzodiazepines: alprazolam and diazepam
  • Stimulants: cocaine and methamphetamineThe drugs that ranked 11–15 varied from year to year and included such drugs as diphenhydramine, citalopram, acetaminophen, carisoprodol, tramadol, oxymorphone, amitriptyline, clonazepam, gabapentin, and amphetamine.

Results are reported as numbers, percentages, or rates for the deaths involving the referent drug. Deaths involving more than one referent drug (e.g., a death involving both heroin and cocaine) are counted in all relevant drug categories (e.g., the same death is included in counts of heroin deaths and in counts of cocaine deaths); therefore counts are not mutually exclusive. Age-adjusted death rates are calculated using the direct method and the 2000 standard U.S. population (12). Trends in age- adjusted death rates are evaluated using the National Cancer Institute’s Joinpoint Regression Program (version 4.6.0.0) (14). Joinpoint software fitted weighted least-squares regression models to the rates on the log transform scale. Allowing one observed time point at each end and two for the middle line segments, the Grid Search Algorithm searched for a maximum of two joinpoints at an overall alpha level of 0.05 (15). Any mention of an annual percent change in this report indicates a statistically significant trend. Comparisons of rates between years were tested for statistical significance using methods described elsewhere (12).

Analyses of mentions of other drugs reported in addition to the referent drug (concomitant drugs) were also conducted. Only deaths with mention of at least two specific drugs (the referent drug and at least one concomitant drug) are included in this analysis. Alcohol, nicotine, and nondrug substances are not included in the analysis.

The numbers and rates of drug-specific overdose deaths shown in the tables and figures should be considered the minimum number or rate for that referent drug category because there could be additional deaths in which the drug was involved, but the drug was not reported in the literal text on the death certificate.

Assessing improvement in reporting on death certificates

The ICD–10 multiple-cause codes T36–T50.8 provide information on the types of drugs or drug classes involved in the death. The percentage of deaths with an underlying-cause code of X40–X44, X60–X64, X85, and Y10–Y14 that have a multiple-cause code of T36–T50.8 is a measure of the specificity of reporting of drugs or drug classes in drug overdose deaths. This measure was used to assess possible changes in reporting through the years of the study. The percentage of drug overdose

National Vital Statistics Reports, Vol. 67, No. 9, December 12, 2018 3

National Vital Statistics Reports, Vol. 67, No. 9, December 12, 2018

Table A. Number and percentage of drug overdose deaths with mention of a specific drug, with mention of only a drug class, and with no mention of a drug class or specific drug: United States, 2011–2016page4image2881610816page4image2881611104

2011

2012

2013

2014

2015

2016page4image2881619808page4image2881620096page4image2881620384page4image2881620672page4image2881621088page4image2881621376

Drug overdose deaths

All drug overdose deaths . . . . . . . . . . . . . . . .

Drug overdose deaths with mention of
at least one specific drug or
other substance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Drug overdose deaths with mention of
a class only (no specific drug or
other substance) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Drug overdose deaths without
mention of a specific drug,
other substance, or class1 . . . . . . . . . . . . . .

Number

41,340

30,103 2,122 9,115

Percent

100.0

72.8 5.1 22.0

Number

41,502

30,923 2,093 8,486

Percent

100.0

74.5 5.0 20.4

Number

43,982

33,640 1,918 8,424

Percent

100.0

76.5 4.4 19.2

Number

47,055

37,631 1,653 7,771

Percent

100.0

80.0 3.5 16.5

Number

52,404

43,141 1,650 7,613

Percent

100.0

82.3 3.1 14.5

Number

Percentpage4image2881725376page4image2881725664

63,632 100.0

54,137 85.1 1,566 2.5 7,929 12.5page4image2881734448

1Category includes drug overdose deaths with mentions of substances not otherwise specified (NOS) (e.g., mention of “POLYPHARMACY” or “DRUG”), uninformative text, and drug overdose deaths with no mentions identified (e.g., text stating “OVERDOSE” with no mention of a drug).

NOTES: Drug overdose deaths are identified using International Classification of Diseases, Tenth Revision (ICD–10) underlying cause-of-death codes X40–X44, X60–X64, X85, and Y10–Y14. Percentages may not add to 100 due to rounding. The reporting of at least one specific drug or drug class in the literal text, as identified using ICD–10 multiple cause-of-death codes T36-T50.8, improved from 75% of drug overdose deaths in 2011 to 85% of drug overdose deaths in 2016.

SOURCE: NCHS, National Vital Statistics System, Mortality files linked with death certificate literal text, 2011–2016.

For the top 15 drugs:

  • ●  Among drug overdose deaths that mentioned at least one specific drug, oxycodone ranked first in 2011, heroin from 2012 through 2015, and fentanyl in 2016.
  • ●  In 2011 and 2012, fentanyl was mentioned in approximately 1,600 drug overdose deaths each year, but mentions increased in 2013 (1,919 deaths), 2014 (4,223 deaths), 2015 (8,251 deaths), and 2016 (18,335 deaths). In 2016, 29% of all drug overdose deaths mentioned involvement of fentanyl.
  • ●  The number of drug overdose deaths involving heroin increased threefold, from 4,571 deaths or 11% of all drug overdose deaths in 2011 to 15,961 deaths or 25% of all drug overdose deaths in 2016.
  • ●  Throughout the study period, cocaine ranked second or third among the top 15 drugs. From 2014 through 2016, the number of drug overdose deaths involving cocaine nearly doubled from 5,892 to 11,316.The number of drug overdose deaths involving methamphetamine increased 3.6-fold, from 1,887 deaths in 2011 to 6,762 deaths in 2016.
    The number of drug overdose deaths involving methadone decreased from 4,545 deaths in 2011 to 3,493 deaths in 2016.Age-adjusted rates for drug overdose deaths involving the most frequently mentioned drugs, 2011–2016Trends from 2011 through 2016 in the age-adjusted rates of drug overdose deaths involving the 10 most frequently mentioned drugs are shown in Figures 1–3. Improvements in reporting should be considered when interpreting these trends (see Technical Notes). As a reference, from 2011 through 2016, the age-adjusted rate of all drug overdose deaths, whether or not

a specific drug was mentioned, increased from 13.2 per 100,000 to 19.8, an average increase of 9% per year.

• From 2011 through 2016, the age-adjusted rate of drug overdose deaths involving heroin more than tripled from 1.5 per 100,000 population to 5.1. The rate increased on average by about 34% per year from 2011 through 2014, and by about 20% per year from 2014 through 2016 (Figure 1, Table).

7 6 5 4 3

2 1 0

Methadone3

Morphine4

2013 2014

Fentanyl1 Heroin2

Oxycodone

Hydrocodone 2015 2016page4image2882068368

2011

2012

1Significant increasing trend for 2013–2016, < 0.05.
2Significant increasing trend for 2011–2016 with different rates of change over time,
< 0.05.
3Significant decreasing trend for 2011–2014, < 0.05.
4Significant increasing trend for 2011–2015, < 0.05.
NOTES: Drug overdose deaths are identified using International Classification of Diseases, Tenth Revision underlying cause-of-death codes X40–X44, X60–X64, X85, and Y10–Y14. Deaths may involve other drugs in addition to the referent drug (i.e., the one listed). Deaths involving more than one drug (e.g., a death involving both heroin and cocaine) are counted in both totals. Caution should be used when comparing numbers across years. The reporting of at least one specific drug in the literal text improved from 73% of drug overdose deaths in 2011 to 85% of drug overdose deaths in 2016.
SOURCE: NCHS, National Vital Statistics System, Mortality files linked with death certificate literal text, 2011–2016.

Figure 1. Age-adjusted rates for drug overdose deaths involving selected opioids, 2011–2016

Deaths per 100,000 standard population

National Vital Statistics Reports, Vol. 67, No. 9, December 12, 2018 5page5image2882575024page5image2882575616page5image2882575904page5image2882576688page5image2882577536page5image2882577824page5image2882578112page5image2882578400page5image2882578816page5image2882585152page5image2882585344page5image2882585632page5image2882585920page5image2882586512page5image2882584032page5image2882604912page5image2882605456page5image2882605648page5image2882605936page5image2882606224page5image2882606512page5image2882606800page5image2882607088page5image2882607376page5image2882607664page5image2882607952page5image2882608240page5image2882608528page5image2882608816page5image2882609104page5image2882609392

Table B. Top 15 drugs involved in drug overdose deaths: United States, 2011–2016

Rank1

Referent drug

deaths2

Referent drug

deaths2

Referent drug

deaths2

  1. 1  Oxycodone. . . . . . . . . . . . . . . . .
  2. 2  Cocaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  3. 3  Heroin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  4. 4  Methadone. . . . . . . . . . . . . . . . .
  5. 5  Alprazolam. . . . . . . . . . . . . . . . .
  6. 6  Morphine . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  7. 7  Hydrocodone . . . . . . . . . . . . . . .
  8. 8  Methamphetamine . . . . . . . . . . .
  9. 9  Diazepam . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  10. 10  Fentanyl . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  11. 11  Diphenhydramine. . . . . . . . . . . .
  12. 12  Oxymorphone . . . . . . . . . . . . . .
  13. 13  Citalopram . . . . . . . . . . . . . . . . .
  14. 14  Acetaminophen . . . . . . . . . . . . .
  15. 15  Tramadol . . . . . . . . . . . . . . . . . .

5,587 5,070 4,571 4,545 4,066 3,290 3,206 1,887 1,698 1,662 1,226 1,190 1,043

13.5 12.3 11.1 11.0

Heroin
Oxycodone. . . . . . . . . . . . . . . . . Cocaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Methadone. . . . . . . . . . . . . . . . . Alprazolam. . . . . . . . . . . . . . . . . Morphine . . . . . . . . . . . . . . . . . . Hydrocodone . . . . . . . . . . . . . . . Methamphetamine . . . . . . . . . . . Fentanyl . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Diazepam . . . . . . . . . . . . . . . . . . Diphenhydramine. . . . . . . . . . . . Citalopram . . . . . . . . . . . . . . . . . Tramadol . . . . . . . . . . . . . . . . . . Oxymorphone . . . . . . . . . . . . . . Amitriptyline. . . . . . . . . . . . . . . .

6,155 5,178 4,780 4,087 3,803 3,513 3,037 2,267 1,615 1,577 1,300 1,042

14.8 12.5 11.5

Heroin
Cocaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Oxycodone. . . . . . . . . . . . . . . . . Morphine . . . . . . . . . . . . . . . . . . Alprazolam. . . . . . . . . . . . . . . . . Methadone. . . . . . . . . . . . . . . . . Methamphetamine . . . . . . . . . . . Hydrocodone . . . . . . . . . . . . . . . Fentanyl . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Diazepam . . . . . . . . . . . . . . . . . . Diphenhydramine. . . . . . . . . . . . Tramadol . . . . . . . . . . . . . . . . . . Clonazepam . . . . . . . . . . . . . . . . Citalopram . . . . . . . . . . . . . . . . . Amitriptyline. . . . . . . . . . . . . . . .

8,418 5,319 4,967 3,772 3,724 3,700 3,194 3,113 1,919 1,618 1,360 1,009

19.1 12.1 11.3

Rank1

Referent drug

deaths2

Referent drug

deaths2

Referent drug

deaths2

  1. 1  Heroin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  2. 2  Cocaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  3. 3  Oxycodone. . . . . . . . . . . . . . . . .
  4. 4  Alprazolam. . . . . . . . . . . . . . . . .
  5. 5  Fentanyl . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  6. 6  Morphine . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  7. 7  Methamphetamine . . . . . . . . . . .
  8. 8  Methadone. . . . . . . . . . . . . . . . .
  9. 9  Hydrocodone . . . . . . . . . . . . . . .
  10. 10  Diazepam . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  11. 11  Diphenhydramine. . . . . . . . . . . .
  12. 12  Tramadol . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  13. 13  Clonazepam . . . . . . . . . . . . . . . .
  14. 14  Citalopram . . . . . . . . . . . . . . . . .
  15. 15  Oxymorphone . . . . . . . . . . . . . .

10,882 5,892 5,431 4,237 4,223 4,024 3,747 3,498 3,299 1,748 1,614 1,175 1,139 1,014

23.1 12.5 11.5

Heroin
Fentanyl . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Cocaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Oxycodone. . . . . . . . . . . . . . . . . Methamphetamine . . . . . . . . . . . Alprazolam. . . . . . . . . . . . . . . . . Morphine . . . . . . . . . . . . . . . . . . Methadone. . . . . . . . . . . . . . . . . Hydrocodone . . . . . . . . . . . . . . . Diphenhydramine. . . . . . . . . . . .

13,318 8,251 7,324 5,792 5,092 4,801 4,226 3,376 3,051 1,798 1,796 1,328 1,222 1,177 1,006

25.4 15.7 14.0 11.1

Fentanyl . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Heroin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Cocaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Methamphetamine . . . . . . . . . . . Alprazolam. . . . . . . . . . . . . . . . . Oxycodone. . . . . . . . . . . . . . . . . Morphine . . . . . . . . . . . . . . . . . . Methadone. . . . . . . . . . . . . . . . . Hydrocodone . . . . . . . . . . . . . . . Diazepam . . . . . . . . . . . . . . . . . . Diphenhydramine. . . . . . . . . . . . Clonazepam . . . . . . . . . . . . . . . . Gabapentin. . . . . . . . . . . . . . . . . Tramadol . . . . . . . . . . . . . . . . . . Amphetamine. . . . . . . . . . . . . . .

18,335 15,961 11,316

28.8 25.1 17.8 10.6

1Ranks were not tested for statistical significance.
2Number of drug overdose deaths involving the referent drug. 3Percentage of drug overdose deaths involving the referent drug.

2011 (n = 41,340) Number of

Percent of deaths3

2012 (n = 41,502) Number of

Percent of deaths3

2013 (n = 43,982) Number of

Percent of deaths3

2014 (n = 47,055) Number of

Percent of deaths3

2015 (n = 52,404) Number of

Percent of deaths3

2016 (n = 63,632) Number of

Percent of deaths3

879 849

9.8 8.0 7.8 4.6 4.1 4.0 3.0 2.9 2.5 2.1 2.1

935 866 835

9.8 9.2 8.5 7.3 5.5 3.9 3.8 3.1 2.5 2.3 2.1 2.0

946 914 815

8.6 8.5 8.4 7.3 7.1 4.4 3.7 3.1 2.3 2.2 2.1 1.9

909

. ………….

9.0 9.0 8.6 8.0 7.4 7.0 3.7 3.4 2.5 2.4 2.2 1.9

Diazepam . . . . Clonazepam . . Gabapentin. . . Tramadol . . . . Oxymorphone

. ………….

9.7 9.2 8.1 6.4 5.8 3.4 3.4 2.5 2.3 2.2 1.9

6,762 6,209 6,199 5,014 3,493 3,199 2,022 2,008 1,656 1,546 1,250 1,193

9.8 9.7 7.9 5.5 5.0 3.2 3.2 2.6 2.4 2.0 1.9

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. ………….

. ………….

. ………….

NOTES: Drug overdose deaths are identified using International Classification of Diseases, Tenth Revision (ICD–10) underlying cause-of-death codes X40–X44, X60–X64, X85, and Y10–Y14. Deaths may involve other drugs in addition to the referent drug (i.e., the one listed). Deaths involving more than one drug (e.g., a death involving both heroin and cocaine) are counted in both totals. Caution should be used when comparing numbers across years. The reporting of at least one specific drug or drug class in the literal text, as identified using ICD–10 multiple cause-of-death codes T36–T50.8, improved from 75% of drug overdose deaths in 2011 to 85% of drug overdose deaths in 2016.

SOURCE: NCHS, National Vital Statistics System, Mortality files linked with death certificate literal text, 2011–2016.

National Vital Statistics Reports, Vol. 67, No. 9, December 12, 2018

4.0page6image2879385776

3.5 3.0

2.5

2.0

1.5

1.0

0.5

0.0

2011 2012

Cocaine1

Methamphetamine1

2013 2014 2015 2016

1Significant increasing trend for 2011–2016, < 0.05.
NOTES: Drug overdose deaths are identified using International Classification of Diseases, Tenth Revision underlying cause-of-death codes X40–X44, X60–X64, X85, and Y10–Y14. Deaths may involve other drugs in addition to the referent drug (i.e., the one listed). Deaths involving more than one drug (e.g., a death involving both heroin and cocaine) are counted in both totals. Caution should be used when comparing numbers across years. The reporting of at least one specific drug in the literal text improved from 73% of drug overdose deaths in 2011 to 85% of drug overdose deaths in 2016.
SOURCE: NCHS, National Vital Statistics System, Mortality files linked with death certificate literal text, 2011–2016.

4.0 3.5 3.0 2.5 2.0 1.5 1.0 0.5

0.0

2011 2012

Alprazolam Diazepam

2013 2014

2015 2016page6image2882567072page6image2882568240

NOTES: Drug overdose deaths are identified using International Classification of Diseases, Tenth Revision underlying cause-of-death codes X40–X44, X60–X64, X85, and Y10–Y14. Deaths may involve other drugs in addition to the referent drug (i.e., the one listed). Deaths involving more than one drug (e.g., a death involving both heroin and cocaine) are counted in both totals. Caution should be used when comparing numbers across years. The reporting of at least one specific drug in the literal text improved from 73% of drug overdose deaths in 2011 to 85% of drug overdose deaths in 2016.
SOURCE: NCHS, National Vital Statistics System, Mortality files linked with death certificate literal text, 2011–2016.

Figure 2. Age-adjusted rates for drug overdose deaths involving selected benzodiazepines, 2011–2016

  • From 2011 through 2013, there was no statistical change in the age-adjusted rate of drug overdose deaths involving fentanyl. From 2013 through 2016, the rate increased on average by about 113% per year, from 0.6 per 100,000 population in 2013, to 1.3 in 2014, 2.6 in 2015, and 5.9 in 2016.
  • The age-adjusted rate of drug overdose deaths involving morphine increased from 1.0 per 100,000 population in 2011 to 1.5 in 2016. The rate increased on average by about 6% per year from 2011 through 2015. Between 2015 and 2016, the rate changed 18%, however, this trend was not statistically significant.
  • The age-adjusted rate of drug overdose deaths involving methadone decreased from 1.4 per 100,000 population in 2011 to 1.1 in 2016. The rate decreased on average by about 10% per year from 2011 through 2014. From 2014 through 2016, there was no significant change in the rate.
  • From 2011 through 2016, there was no significant change in the age-adjusted death rate for drug overdose deaths involving hydrocodone.
  • The age-adjusted rate of drug overdose deaths involving oxycodone decreased from 1.8 per 100,000 population in 2011 to 1.6 in 2013, then increased to 1.9 in 2016; however, these decreasing and increasing trends were not statistically significant.
  • The age-adjusted rate of drug overdose deaths involving alprazolam decreased from 1.3 per 100,000 population in 2011 to 1.2 in 2013, then increased to 2.0 in 2016; however, these decreasing and increasing trends were not statistically significant (Figure 2, Table).

Figure 3. Age-adjusted rates for drug overdose deaths involving selected stimulants, 2011–2016

• From 2011 through 2016, there was no significant change in the age-adjusted rate for drug overdose deaths involving diazepam.

• The age-adjusted rate of drug overdose deaths involving cocaine increased from 1.6 per 100,000 population in 2011 to 3.6 in 2016. The rate increased on average by about 18% per year (Figure 3, Table).

• The age-adjusted rate of drug overdose deaths involving methamphetamine more than tripled from 0.6 per 100,000 population in 2011 to 2.1 in 2016. The rate increased on average by about 29% per year.

• In the adjustment analysis, the findings for the trends in rates based on observed and adjusted numbers were, in general, the same for fentanyl, oxycodone, diazepam, cocaine, and methamphetamine (see Technical Notes). For heroin, the inflection point in 2014 was no longer found, resulting in a percent change in the rate of about 24% per year from 2011 through 2016. For morphine, the inflection point in 2015 was no longer found, resulting in a percent change in the rate of about 5% per year from 2011 through 2016. For methadone, rates decreased by about 12% per year from 2011 through 2014, and by about 3% from 2014 through 2016. For hydrocodone, there was a significant decline in the age-adjusted rates of about 4% per year from 2011 through 2016. For alprazolam, the inflection point in 2013 was no longer found, and as with the observed values, the increasing trend from 2011 through 2016 was not statistically significant.

Deaths per 100,000 standard population

Deaths per 100,000 standard population

Drug overdose deaths in 2016 involving multiple drugs

Table C shows the percentage of drug overdose deaths with concomitant involvement of other drugs for the top 10 drugs involved in drug overdose deaths in 2016. The percentage of deaths with concomitant involvement of other drugs varied by drug. For example, almost all drug overdose deaths involving alprazolam or diazepam (96%) mentioned involvement of other drugs. In contrast, 50% of the drug overdose deaths involving methamphetamine, and 69% of the drug overdose deaths involving fentanyl mentioned involvement of one or more other specific drugs.

Table D shows the most frequent concomitant drug mentions for each of the top 10 drugs involved in drug overdose deaths in 2016.

  • Two in five overdose deaths involving cocaine also mentioned fentanyl.
  • Nearly one-third of drug overdose deaths involving fentanyl also mentioned heroin (32%).
  • Alprazolam was mentioned in 26% of the overdose deaths involving hydrocodone, 22% of the deaths involving methadone, and 25% of the deaths involving oxycodone.
  • More than one-third of the overdose deaths involving cocaine also mentioned heroin (34%).
  • More than 20% of the overdose deaths involving methamphetamine also mentioned heroin.Most frequently mentioned drugs involved in drug overdose deaths in 2016, by intent of deathTable E shows the top 10 drugs involved in drug overdose deaths in 2016 by intent of death, for deaths in which at least

one specific drug was identified. Results are shown for unintentional drug overdose deaths (ICD–10 underlying-cause codes X40–X44), suicides by drug overdose (ICD–10 underlying- cause codes X60–X64), and drug overdose deaths for which the intent could not be determined (undetermined intent; [ICD–10 underlying-cause codes Y10–Y14]). The results for 110 deaths with an intent of homicide (ICD–10 underlying-cause code X85) are not shown due to small numbers.

In 2016, unintentional drug overdose deaths most frequently mentioned fentanyl, heroin, and cocaine, while suicides by drug overdose most frequently mentioned oxycodone, diphenhydramine, hydrocodone, and alprazolam. Methadone ranked in the top 10 for unintentional and undetermined intent deaths, but not among suicides by drug overdose. Quetiapine, tramadol, bupropion, and zolpidem ranked in the top 10 for suicides by drug overdose, but not for unintentional drug overdose deaths and overdose deaths of undetermined intent.

Discussion

Findings for specific drugs

From 2011 through 2016, the number of drug overdose deaths increased by 54%, from 41,340 deaths in 2011 to 63,632 deaths in 2016. The most frequently mentioned drugs involved in these deaths were the opioids heroin, oxycodone, methadone, morphine, hydrocodone, and fentanyl; the benzodiazepines alprazolam and diazepam; and the stimulants cocaine and methamphetamine.

Among drug overdose deaths that mentioned at least one specific drug, oxycodone ranked first in 2011, heroin ranked first from 2012 through 2015, and fentanyl ranked first in 2016. Cocaine ranked second or third throughout the study period.

An analysis of trends among the most frequently mentioned drugs showed that, for several drugs, the age-adjusted rate of

Table C. Number and percentage of deaths with concomitant drug involvement for drug overdose deaths involving the top 10 drugs: United States, 2016

National Vital Statistics Reports, Vol. 67, No. 9, December 12, 2018 7page7image2884990416

Referent drug

Number of drug overdose deaths involving the referent drug

18,335 15,961 3,199 3,493 5,014 6,199

6,209 2,022

11,316 6,762

Number of drug overdose deaths involving the referent drug and one or more concomitant drugs

12,694 11,248 2,743 2,551 4,175 5,027

5,970 1,951

8,363 3,370

Percentage of drug overdose deaths involving the referent drug and one or more concomitant drugs

69.2 70.5 85.7 73.0 83.3 81.1

96.2 96.5

73.9 49.8page7image2885047152

Opioids Fentanyl . . . . . . . . . . . . . . . Heroin . . . . . . . . . . . . . . . . Hydrocodone . . . . . . . . . . . Methadone. . . . . . . . . . . . . Morphine . . . . . . . . . . . . . . Oxycodone. . . . . . . . . . . . .

.. .

.. .

.. .

.. .

.. .

.. .

. …………

. …………

. …………

. …………

. …………

. …………

Benzodiazepines
Alprazolam. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Diazepam . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Stimulants

Cocaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Methamphetamine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .page7image2885133488

NOTES: Drug overdose deaths are identified using International Classification of Diseases, Tenth Revision underlying cause-of-death codes X40–X44, X60–X64, X85, and Y10–Y14. Only deaths with at least one specific drug identified are included in the analysis.

SOURCE: NCHS, National Vital Statistics System, Mortality files linked with death certificate literal text, 2016.

National Vital Statistics Reports, Vol. 67, No. 9, December 12, 2018
Table D. Most frequent concomitant drugs for drug overdose deaths involving the top 10 drugs: United States, 2016page8image2885532896page8image2885533488

Most frequent concomitant drug

Second most frequent concomitant drug

Third most frequent concomitant drugpage8image2885547600page8image2885547888page8image2885548176

Referent drug

Opioids Fentanyl . . . . . . . . . . . . . . Heroin . . . . . . . . . . . . . . . Hydrocodone . . . . . . . . . . Methadone. . . . . . . . . . . . Morphine . . . . . . . . . . . . . Oxycodone. . . . . . . . . . . .

Benzodiazepines Alprazolam. . . . . . . . . . . . Diazepam . . . . . . . . . . . . .

Stimulants Cocaine . . . . . . . . . . . . . . Methamphetamine . . . . . .

…… .

…… .

.. . . . . .

…… .

.. . . . . .

…… .

…… .

…… .

…… .

.. . . . . .

Number of drug overdose deaths involving the referent drug

18,335 15,961 3,199 3,493 5,014 6,199

6,209 2,022

11,316 6,762

Concomitant drug

Heroin Fentanyl Alprazolam Alprazolam Fentanyl Alprazolam

Fentanyl Oxycodone

Fentanyl Heroin

Number and percentage1 of deaths involving both drugs

5,915 (32.3) 5,915 (37.1) 822 (25.7) 751 (21.5) 1,612 (32.1) 1,571 (25.3)

1,760 (28.3) 576 (28.5)

4,598 (40.6) 1,477 (21.8)

Concomitant drug

Cocaine Cocaine Oxycodone Fentanyl Cocaine Fentanyl

Heroin Fentanyl

Heroin Fentanyl

Number and percentage1 of deaths involving both drugs

4,598 (25.1) 3,804 (23.8) 551 (17.2) 528 (15.1) 846 (16.9) 1,150 (18.6)

1,668 (26.9) 502 (24.8)

3,804 (33.6) 753 (11.1)

Concomitant drug

Alprazolam Alprazolam Fentanyl Heroin Heroin Morphine

Oxycodone Heroin

Alprazolam Cocaine

Number and percentage1 of deaths involving both drugs

1,760 (9.6) 1,668 (10.5) 478 (14.9) 483 (13.8) 687 (13.7) 668 (10.8)

1,571 (25.3) 404 (20.0)

1,031 (9.1) 562 (8.3)page8image2885764096page8image2885764816page8image2885766176

1Percentage of drug overdose deaths involving the referent drug that also involved the concomitant drug. Deaths may involve more than one concomitant drug in addition to the referent drug.

NOTES: Drug overdose deaths are identified using International Classification of Diseases, Tenth Revision underlying cause-of-death codes X40–X44, X60–X64, X85, and Y10–Y14. Only deaths with at least one specific drug identified are included in the analysis.

SOURCE: NCHS, National Vital Statistics System, Mortality files linked with death certificate literal text, 2016.

Table E. Top 10 drugs involved in drug overdose deaths, by intent of death: United States, 2016page8image2885840480

Rank1

Referent drug

deaths2

16,981 15,075 10,618

6,448 5,510 5,225 4,122 3,110 2,556 1,723

Referent drug

Oxycodone. . . . . . . Diphenhydramine. . Hydrocodone . . . . . Alprazolam. . . . . . . Acetaminophen . . . Quetiapine . . . . . . . Morphine . . . . . . . . Tramadol . . . . . . . . Bupropion . . . . . . . Zolpidem . . . . . . . .

deaths2

 648
 576
 472
 468
 343
 297
 268
 266
 264
 251

Referent drug

Fentanyl . . . . . . . . . Heroin . . . . . . . . . . Morphine . . . . . . . . Cocaine . . . . . . . . . Oxycodone. . . . . . . Methadone. . . . . . . Alprazolam. . . . . . . Methamphetamine . Hydrocodone . . . . . Diphenhydramine. .

deaths2

1,185 766 619 579 322 264 225 195 169 152

Unintentional (n = 54,793) Number of

Percent of deaths3

31.0 27.5 19.4 11.8 10.1

9.5 7.5 5.7 4.7 3.1

Suicide (n = 5,086) Number of

Percent of deaths3

12.7 11.3 9.3 9.2 6.7 5.8 5.3 5.2 5.2 4.9

Undetermined (n = 3,643) Number of

Percent of deaths3

32.5 21.0 17.0 15.9

8.8 7.2 6.2 5.4 4.6 4.2page8image2885974384page8image2885974928page8image2885975120page8image2885975408

  1. 1  Fentanyl . . . . . . . . .
  2. 2  Heroin . . . . . . . . . .
  3. 3  Cocaine . . . . . . . . .
  4. 4  Methamphetamine .
  5. 5  Alprazolam. . . . . . .
  6. 6  Oxycodone. . . . . . .
  7. 7  Morphine . . . . . . . .
  8. 8  Methadone. . . . . . .
  9. 9  Hydrocodone . . . . .
  10. 10  Diazepam . . . . . . . .

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

. . . . .

. . . . .

. . . . .

. . . . .

. . . . .

. . . . .

. . . . .

. . . . .

. . . . .

. . . . .page8image2886051776

1Ranks were not tested for statistical significance.
2Number of drug overdose deaths involving the referent drug. 3Percentage of drug overdose deaths involving the referent drug.

NOTES: Drug overdose deaths are identified using International Classification of Diseases, Tenth Revision underlying cause-of-death codes X40–X44 (unintentional), X60–X64 (suicide), and Y10–Y14 (undetermined). Only deaths with at least one specific drug identified are included in the analysis. The results for 110 deaths with an intent of homicide (X85) are not shown due to small numbers. Deaths may involve other drugs in addition to the referent drug (i.e., the one listed). Deaths involving more than one drug (e.g., a death involving both heroin and cocaine) are counted in both totals.

SOURCE: NCHS National Vital Statistics System, Mortality files linked with death certificate literal text, 2016.

drug overdose deaths increased considerably within a relatively short period. From 2011 through 2016, the rate of drug overdose deaths involving heroin more than tripled, as did the rate of drug overdose deaths involving methamphetamine. The rate of drug overdose deaths involving fentanyl and fentanyl analogs doubled each year from 2013 through 2016, from 0.6 per 100,000 in 2013 to 1.3 in 2014, 2.6 in 2015, and 5.9 in 2016. Among the drugs discussed in this report, only methadone showed a decreasing drug overdose death rate, from 1.4 per 100,000 in 2011 to 1.1 in 2016.

Results from the literal text analysis highlight the concomitant occurrence of more than one drug in many drug overdose deaths. For the top 10 drugs involved in drug overdose deaths in 2016, the proportion of deaths involving both the referent drug and at least one other concomitant drug ranged from 50% for methamphetamine to 96% for alprazolam or diazepam. Approximately 70% of drug overdose deaths involving fentanyl or heroin—the top two drugs involved in drug overdose deaths in 2016—involved at least one other specific drug.

The 10 most frequently mentioned drugs were often found in combination with each other. Drug combinations often involved drugs of different drug classes. For example, the opioid fentanyl and the stimulant cocaine were mentioned concomitantly in nearly 4,600 deaths. The opioid oxycodone and the benzodiazepine alprazolam were mentioned concomitantly in more than 1,500 deaths. In some instances, the most frequently mentioned concomitant drug was in the same drug class as the referent drug. For example, the opioids fentanyl and heroin were both mentioned in approximately 5,900 deaths. While the literal text can be used to identify the mention of the two drugs (fentanyl and heroin), the details to distinguish whether the heroin and fentanyl were taken as one (i.e., heroin laced with fentanyl) or as two separate drugs are often not available.

The drugs most frequently mentioned in the literal text varied by the intent of the drug overdose death. In 2016, unintentional drug overdose deaths most frequently mentioned fentanyl, heroin, and cocaine, while suicides by drug overdose more frequently mentioned oxycodone, diphenhydramine, hydrocodone, and alprazolam.

Data considerations and study limitations

This report used analysis of the literal text on death certificates to identify the drugs involved in overdose deaths (7). Software programs search the literal text for mentions of drugs and for terms that provide context about the involvement of the drug in the death. As shown in Table C, drug overdose deaths frequently involve multiple drugs. For deaths in which multiple drugs are involved, whether the death was caused by just one of the drugs present or was caused by a combination of some or all of the drugs present cannot be determined from the literal text analysis. This limitation in identifying the specific contribution of any given drug to the death should be considered when reviewing the findings in this report.

Reporting of deaths with at least one specific drug in the death certificate literal text improved from 73% of drug overdose deaths in 2011 to 85% in 2016. While improved reporting enhances the quality of the data, it also creates complexity in interpreting the trends and rankings observed. The findings in this report should be considered in light of the improvements in reporting. For example, some of the observed increase from 2011 through 2016 in drug overdose deaths involving the top 10 drugs is likely attributable to improvements in reporting. However, it is unlikely that the large increases seen for some drugs such as fentanyl, heroin, cocaine, and methamphetamine (i.e., drugs with an annual percent increase in mortality rates of 18% or greater) are due solely to improvements in reporting. True increases in the number of deaths involving these drugs are likely to have occurred. Similarly, decreases in rates such as those seen for drug overdose deaths involving methadone are likely to be, at least in part, due to a true decrease. It is also possible that the improvements in reporting could obscure real decreases. For example, using observed values, there was no statistically significant change in the age-adjusted rate of drug overdose deaths involving hydrocodone from 2011 through 2016. However, after adjustment for improved reporting (see Technical Notes), the age-adjusted rate of drug overdose deaths

involving hydrocodone showed a significant decline of about 4% per year from 2011 through 2016.

Methods based on literal text analysis are dependent on the quality and completeness of the literal text, which may vary from jurisdiction to jurisdiction due to variation in death investigation and reporting practices or other differences in the medicolegal death investigation systems across the United States (16,17). Issues that contribute to variation in literal text information on drug overdose deaths have been discussed in detail elsewhere (11,18), and briefly, include certain factors.

Variation in death investigation practice and reporting— This includes whether or not toxicological laboratory testing is performed to determine the type(s) of drugs present. The substances tested for and the circumstances under which the tests are performed may vary by jurisdiction, decedent, and over time.

Interpretation of toxicology results—Interpretation of findings depends on which tests are ordered, the characteristics of the causative agent(s), the characteristics of the metabolites, and other evidence gathered during the investigation and examination.

Attribution to a specific drug—Some drugs have the same metabolites or are metabolites of other drugs, potentially resulting in misattribution of the specific drugs involved in the death. For example, mentions of morphine may actually refer to involvement of heroin because morphine is a metabolite of heroin (9). This could potentially result in underestimation of the number of deaths involving heroin and overestimation of the number of deaths involving morphine.

Determination of which drugs to report on the death certificate—Some medical certifiers focus on a single lethal drug rather than listing multiple drugs involved in the death, while others may list multiple drugs because they believe the drugs to be of equal lethality or that the interaction of all drugs mentioned is important. Some certifiers may not want to impose an order when listing the drugs that were present. Others have noted that space limitations in the software programs they use to complete electronic death registration limit their ability to include all drugs that contributed to the death.

These and other factors may contribute to the variation in the completeness and accuracy of the information on the death certificate about the specific drugs involved in the death. The literal text analysis is dependent on the quality of the information available. Therefore, the results presented in this report should be considered the minimum number or rate for that specific drug because there could be additional deaths in which the drug was involved, but the drug was not reported in the literal text.

Finally, it is possible that drugs rarely seen in drug overdose deaths were not included in the search term list used in this study, despite the multiple avenues taken to develop the list of search terms (7). This also could result in underestimation of the number of deaths involving a specific drug.

National Vital Statistics Reports, Vol. 67, No. 9, December 12, 2018 9

10 National Vital Statistics Reports, Vol. 67, No. 9, December 12, 2018 Conclusions

Literal text analysis can be used to extract key information from death certificates to improve national monitoring of drug overdose deaths. This report identifies the specific drugs most frequently mentioned in drug overdose deaths from 2011 through 2016, and shows that the most frequent drugs mentioned varied over time and by intent of death (i.e., unintentional drug overdose, suicide by drug overdose, and overdose death of undetermined intent). Results from the literal text analysis also confirm that many drug overdose deaths involve multiple drugs.

With slight modification, the methods used in this report can be used to identify deaths involving newly approved prescription drugs and new substances of abuse. Periodic updating of search terms and text search capabilities is essential for the ongoing surveillance and monitoring of emerging trends in drug overdose deaths using literal text analysis. In addition, this report highlights the critical importance of reporting the specific drugs involved in drug overdose deaths in the literal text on death certificates.

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16. National Research Council. Strengthening forensic science in the United States: A path forward. Washington, DC: National Academies Press. 2009.

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Detailed Table

Age-adjusted rates for drug overdose deaths involving selected opioids, benzodiazepines, and stimulants: United States, 2011–2016 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

National Vital Statistics Reports, Vol. 67, No. 9, December 12, 2018 11 Table. Age-adjusted rates for drug overdose deaths involving selected opioids, benzodiazepines, and stimulants: United States,

2011–2016

Fentanyl . . . . Heroin . . . . . Hydrocodone Methadone. . Morphine . . . Oxycodone. .

Alprazolam. . Diazepam . . .

Stimulants
. . . . . . . . . . .. . . . . . Methamphetamine . . . . . . . . . . . . .page11image2887463120page11image2887463408

Referent drug Opioids

2011 2012

0.5 0.5 1.5 2.0 1.0 1.0 1.4 1.3 1.0 1.1 1.8 1.7

1.3 1.2 0.5 0.5

1.6 1.5 0.6 0.7

2013 2014

0.6 1.3 2.7 3.5 1.0 1.0 1.2 1.1 1.2 1.2 1.6 1.7

1.2 1.3 0.5 0.5

1.7 1.8 1.0 1.2

2015 2016

2.6 5.9 4.3 5.1 0.9 1.0 1.1 1.1 1.3 1.5 1.8 1.9

1.5 2.0 0.5 0.6

2.3 3.6 1.6 2.1page11image2887504176page11image2887504464

Cocaine . . . .

…… .

…… .

…… .

…… .

…… .

…… .

. …….. .

. …….. .

. …….. .

. …….. .

. . . .. . . . . .

. …….. .

. ………….

. ………….

. ………….

. ………….

. ………….

. ………….

. ………….

. ………….

. ………….

. ………….

Benzodiazepines . ……………. ……….. ……page11image2887554784

NOTES: Drug overdose deaths are identified using International Classification of Diseases, Tenth Revision (ICD–10) underlying cause-of-death codes X40–X44, X60–X64, X85, and Y10–Y14. Deaths may involve other drugs in addition to the referent drug (i.e., the one listed). Deaths involving more than one drug (e.g., a death involving both heroin and cocaine) are counted in both totals. Caution should be used when comparing numbers across years. The reporting of at least one specific drug or drug class in the literal text, as identified using ICD–10 multiple cause-of- death codes T36–T50.8, improved from 75% of drug overdose deaths in 2011 to 85% of drug overdose deaths in 2016.

SOURCE: NCHS, National Vital Statistics System, Mortality files linked with death certificate literal text, 2011–2016.

12 National Vital Statistics Reports, Vol. 67, No. 9, December 12, 2018 Technical Notes

Assessment of trends in drug-specific rates using an adjustment factor to account for improvements in reporting of specific drugs

The percentage of drug overdose deaths with an International Classification of Diseases, Tenth Revision multiple cause-of- death code T36–T50.8 indicates the reporting of specific drugs and drug classes in mortality data. During the study period 2011–2016, the percentage of drug overdose deaths with a multiple cause-of-death code T36–T50.8 increased from 74.9% of deaths in 2011 to 85.4% in 2016.

The improvement in reporting of specific drugs and drug classes during the study period could potentially influence the observed trends in drug overdose deaths for specific drugs (Figures 1–3). To assess the possible influence of improved reporting, an adjustment analysis was conducted. In this analysis, an adjustment factor was applied to each number and age-adjusted rate for drug overdose deaths involving the top 10 drugs involved in drug overdose deaths during 2011–2016. The adjustment factor was based on two assumptions: (1) the percentage of deaths with one or more drugs or drug classes specified in each year from 2011 through 2016 was the same and equal to the percentage in 2016 (85.4%), and (2) in each year, the distribution of deaths by specific drug was the same for deaths that identified one or more specific drugs, as for deaths that did not identify a specific drug. The adjustment factor was used to estimate the rate if the percentage of deaths with one or more drugs or drug classes specified had been uniform from 2011 through 2016.

The Technical Notes Table shows the crude rate, age-adjusted rate, and age-adjusted rate after application of the factor to adjust for improved reporting. The findings for the 2011–2016 trends in rates based on observed and adjusted numbers were, in general, the same (i.e., a statistically significant increase, decrease, or no change in the rate) for fentanyl, oxycodone, diazepam, cocaine, and methamphetamine. For heroin, the inflection point in 2014 was no longer found, resulting in a percent change in the rate of about 24% per year from 2011 through 2016. For morphine, the inflection point in 2015 was no longer found, resulting in a percent change in the rate of about 5% per year from 2011 through 2016. For methadone, rates decreased by about 12% per year from 2011 through 2014, and by about 3% from 2014 through 2016. For hydrocodone, there was a significant decline in the age-adjusted rates of about 4% per year from 2011 through 2016. For alprazolam, the inflection point in 2013 was no longer found, and as with the observed values, the increasing trend from 2011 through 2016 was not statistically significant.

National Vital Statistics Reports, Vol. 67, No. 9, December 12, 2018 13page13image2887848656page13image2887848944page13image2887849232page13image2887849520page13image2887849872page13image2887850160page13image2887850448page13image2887850736page13image2887851152page13image2887851440

Table. Crude rates, age-adjusted rates, and adjusted age-adjusted rates for drug overdose deaths involving selected drugs, 2011–2016

Opioids Fentanyl . . . . . . Heroin . . . . . . . Hydrocodone . . Methadone. . . . Morphine . . . . . Oxycodone. . . .

…. .

0.53 0.51 0.61 1.47 1.96 2.66 1.03 0.97 0.98 1.46 1.30 1.17 1.06 1.12 1.19 1.79 1.65 1.57

1.32 2.57 3.41 4.14 1.03 0.95 1.10 1.05 1.26 1.31 1.70 1.80

5.67 0.53 0.52 4.94 1.47 1.99 0.99 1.01 0.96 1.08 1.44 1.29 1.55 1.03 1.10 1.92 1.79 1.66

0.61 1.34 2.70 3.50 0.96 1.02 1.17 1.07 1.16 1.24 1.55 1.69

2.64 5.89 4.27 5.10 0.92 0.95 1.05 1.08 1.29 1.53 1.78 1.91

2011–2013 8.4 2011–2014 133.7 2011–2016 –1.0 2011–2014 1–9.6 2011–2015 15.7 2011–2013 –6.5

2013–2016 2014–2016 … 2014–2016 2015–2016 2013–2016

1113.3 0.60 0.59 120.0 1.67 2.23 … 1.15 1.08 0.4 1.64 1.46 17.6 1.18 1.23 7.0 2.04 1.87

0.67 1.42 2.96 3.71 1.06 1.08 1.29 1.14 1.28 1.31 1.70 1.79

2.71 5.89 4.39 5.10 0.94 0.95 1.08 1.08 1.33 1.53 1.83 1.91

2011–2013 2011–2016 2011–2016 2011–2014 2011–2016 2011–2013

6.1 123.7 1–3.7 1–11.8 14.6 –8.4

2013–2016 1107.0 …… …… 2014–2016 1–2.7 …… 2013–2016 3.7

Drug

2011 2012 2013 2014 2015 2016 2011 2012 2013 2014 2015 2016

percent Years change

Years

Years

Years

Benzodiazepines Alprazolam. . . . . . . . Diazepam . . . . . . . . .

1.92 1.32 1.23 0.63 0.54 0.49

1.20 1.33 0.50 0.55

1.52 1.96 0.55 0.63

2011–2013 –6.7 2011–2016 3.5

18.2 1.51 1.38

1.31 1.41 0.55 0.58

1.56 1.96 0.56 0.63

2011–2016 2011–2016

5.8 0.7

Stimulants Cocaine . . . . . . . . . . Methamphetamine . .

.

1.63 1.52 1.68 0.61 0.72 1.01

1.85 2.28 1.18 1.58

3.50 1.62 1.52 2.09 0.62 0.73

1.67 1.85 1.02 1.18

2.29 3.55 1.60 2.12

2011–2016 118.4 2011–2016 128.6

…… 1.85 1.71 …… 0.71 0.82

1.83 1.96 1.12 1.25

2.36 3.55 1.64 2.12

2011–2016 2011–2016

115.2 125.1

… …

…. .

…. .

…. .

…. .

…. .

… Category not applicable. 1Significant change in rate, p < 0.05.

.

1.30 1.21 1.18 0.54 0.50 0.51

1.33 1.49 0.55 0.56

2013–2016
…… 0.61 0.55

… …

.

… …

.

… …

Crude rate Age-adjusted rate

Trend 1

Trend 2

Adjusted age-adjusted rate

Trend 1

Trend 2

X85, and Y10–Y14. Deaths may involve other drugs in (i.e., the one listed). Deaths involving more than one drug (e.g., a death involving both heroin and cocaine) are counted in both rates. Trends in death rates were evaluated using the Joinpoint Regression Program set

addition to the referent drug to identify a maximum of two

NOTES: Drug overdose deaths are identified using International Classification of Diseases, Tenth Revision underlying cause-of-death codes X40–X44, X60–X64,

joinpoints.
SOURCE: NCHS, National Vital Statistics System, Mortality files linked with death certificate literal text, 2011–2016.

Annual

Annual
percent
change 2011 2012 2013 2014 2015 2016

Annual percent change

Annual percent change

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National Vital Statistics Reports, Vol. 67, No. 9, December 12, 2018

Contents

Abstract . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 Methods . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2

Data source and study population . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2 Identifying drug mentions and involvement of the drug in the death . . . . . . . 2 Analysis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .3 Assessing improvement in reporting on death certificates . . . . . . . . . . . . . . .3

Results . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .3 Most frequently mentioned drugs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .3 Age-adjusted rates for drug overdose deaths involving the most

frequently mentioned drugs, 2011–2016 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 Drug overdose deaths in 2016 involving multiple drugs . . . . . . . . . . . . . . . .7 Most frequently mentioned drugs involved in drug overdose

deaths in 2016, by intent of death . . . . . Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Findings for specific drugs . . . . . . . . . . . . Data considerations and study limitations Conclusions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . References . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Detailed Table . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Technical Notes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Suggested citation

Hedegaard H, Bastian BA, Trinidad JP, Spencer M, Warner M. Drugs most frequently involved in drug overdose deaths: United States, 2011–2016. National Vital Statistics Reports;

vol 67 no 9. Hyattsville, MD: National Center for Health Statistics. 2018.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .9 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .12page14image2888806448page14image2888806736page14image2888807024

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Charles J. Rothwell, M.S., M.B.A., Director Jennifer H. Madans, Ph.D., Associate Director for

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Irma E. Arispe, Ph.D., Director
Irma E. Arispe, Ph.D., Acting Associate Director for

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Steven Schwartz, Ph.D., Director Hanyu Ni, Ph.D., M.P.H., Associate Director for

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DHHS Publication No. 2019–1120 • CS298465

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