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Les cerveaux se réveillent 😉

Covid-19 : quel avenir pour l’OMS ?

Voilà maintenant plusieurs mois que nous sommes enfermés dans une crise mondiale sanitaire, déclarée pandémie mondiale par l’Organisation mondiale de la santé. Cette situation a amené à un bouleversement complet des relations internationales et des flux d’échanges entre les États. En effet, on remarque que les fermetures strictes des frontières entraînent une réduction des interactions sociales et commerciales, et un mélange de repli sur soi-même afin de régler la situation interne à chaque pays en priorité et de coopération afin d’améliorer la situation mondiale. Mais alors, est-ce que la crise du coronavirus va finalement déboucher sur plus de coopération internationale ou un repli sur l’État-nation ? Il semblerait, aujourd’hui, que les organisations internationales soient débordées, ne savent pas comment agir, et que les États ont pris le dessus sur la politique à mener.

L’acteur international le plus central, de la part duquel on attend le plus lors d’une crise sanitaire, est l’Organisation mondiale de la santé. C’est cet organe-là qui a déclaré l’état de pandémie mondiale, le 11 mars, et qui aujourd’hui met en place les différentes règles, normes en santé partout dans le monde, et qui recueille les informations et données sanitaires. Ce point-là est très important dans ce cadre-là où l’information provient de la Chine, un État qui n’est pas toujours transparent. En ce sens, les chiffres délivrés par Pékin sont soupçonnés d’être largement sous-évalués par rapport au nombre total de morts et au nombre d’infectés, et certaines des données cruciales n’ont pas été rapidement dévoilées. Ainsi, le comportement même de l’organisme devient biaisé en faveur d’un acteur, mais également en défaveur d’autres, et se retrouve au centre d’une guerre froide entre la Chine et les États-Unis. Le point d’orgue des tensions s’est vu lorsque les États-Unis, au lieu de s’en prendre à la Chine directement, ont décidé de cesser leur contribution à l’OMS alors qu’ils sont les plus gros contributeurs du budget de l’organisation. Cet acte souligne « la nécessité de revoir l’Organisation mondiale de la santé », selon Le Figaro. Cette situation-là – une opposition entre la puissance hégémonique d’un monde unipolaire et la montée d’un pays en développement qui concurrence cette répartition des pouvoirs, et tend à faire basculer ce schéma vers un monde bipolaire ou multipolaire – dure depuis déjà plusieurs années. L’OMS a alors perdu de son importance face à une crise sanitaire.

On voit ce phénomène également pour d’autres organisations. On sent ainsi monter une forte critique de l’Union européenne. Puisque l’Union européenne n’a pas su apporter les solutions face à cette crise, ce sont les États eux-mêmes qui, souverainement, ont pris conscience de leur propre sécurité individuellement. Certains pays, les plus touchés, dont l’Italie et l’Espagne, se sont sentis abandonnés par l’Union européenne. Paradoxalement, c’est dans ce premier pays où la population était, au départ, l’une des plus favorables à l’idée européenne qu’aujourd’hui, 75 % de la population déclare ne plus rien attendre de l’Europe. Cette vision se couple également aux idéaux altermondialistes et de décroissance.

La coopération durant cette période de crise semble plutôt bilatérale, géographique et humanitaire qu’internationale et libérale comme nous la connaissons en majorité aujourd’hui. La gestion de la situation par les organisations internationales aujourd’hui laisse à penser que, dans un futur proche, il va exister une méfiance envers d’autres acteurs et les institutions internationales, conduisant les États à faire valoir leur souveraineté nationale en premier. Cependant, il ne sera pas possible de quitter du jour au lendemain toutes ces organisations, mais certaines seront peut-être remaniées sur un autre modèle. Les États-Unis parlent, notamment, de mettre sur pied une alternative à l’OMS qui n’a pas été, dans cette crise, utile ni transparente.

Après le désastre du #coronavirus chinois, les Européens collaborent avec Trump pour transformer l’OMS

L’OMS s’est attiré des critiques pour avoir fait l’éloge public des efforts de la Chine pour combattre le coronavirus de Wuhan dans les premiers jours de la crise, alors même que le monde entier avait visionné les vidéos montrant que les fonctionnaires chinois avaient fait taire les médecins lanceurs d’alertes.

L’UE et ses gouvernements financent environ 11 % du budget de l’OMS, qui s’élève à 5,6 milliards de dollars pour la période 2018-19, les États-Unis ont fourni plus de 15 %. La Chine n’a couvert que 0,2 % du budget.

Vert clair : montant obligatoire. Vert foncé, contribution volontaire

Les gouvernements européens travaillent avec les États-Unis pour une révision de l’Organisation mondiale de la santé, a déclaré un haut responsable de la santé d’un pays européen, signalant que l’Europe partage certaines des préoccupations qui ont conduit Trump à s’en retirer.

Le responsable européen de la santé, qui s’est exprimé sous le couvert de l’anonymat car les démarches de réforme ne sont pas publiques, a déclaré que la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie discutaient des réformes de l’OMS avec les États-Unis au niveau technique.

L’objectif, selon le fonctionnaire, était d’assurer l’indépendance de l’OMS, une référence apparente aux allégations selon lesquelles l’organisme était trop proche de la Chine lors de sa première réponse à la crise du coronavirus au début de cette année (la Chine avait fait un lobbying très puissant pour imposer l’actuel président, un communiste éthiopien).

« Nous discutons des moyens de séparer le mécanisme de gestion des urgences de l’OMS de toute influence d’un seul pays », a déclaré le fonctionnaire.

Réforme

Les réformes impliqueraient de modifier le système de financement de l’OMS pour le rendre plus durable, a déclaré le fonctionnaire. L’OMS fonctionne maintenant avec un budget de deux ans, ce qui « pourrait nuire à l’indépendance de l’OMS » si elle doit collecter des fonds auprès des pays donateurs en pleine urgence, a déclaré le fonctionnaire.

  • En public, les pays européens semblent protéger l’organisation des critiques les plus vives de Trump. Leur position a généralement été que toute réforme ne devrait intervenir qu’après une évaluation de la réponse à la crise du coronavirus.
  • Mais les minutes d’une vidéoconférence des ministres de la santé de l’UE la semaine dernière montrent que les pays européens adoptent la ligne plus ferme du président américain, et cherchent à exercer une plus grande influence européenne sur l’OMS.
  • Les ministres allemand et français ont déclaré à leurs collègues « qu’une évaluation et une réforme de l’OMS étaient nécessaires », selon le compte rendu.
  • Cette formulation est plus ferme que la résolution rédigée le mois dernier par l’UE et adoptée par les 192 pays membres de l’OMS. Cette résolution demandait une évaluation de la réponse à la crise du coronavirus, mais elle n’appelait pas à des réformes.
  • Les ministres allemand et français ont également déclaré à leurs collègues que « l’UE et ses États membres devraient jouer un rôle plus important au niveau mondial », comme le montre le compte rendu.
  • Un porte-parole du ministère allemand de la santé a déclaré que Berlin souhaitait un engagement plus fort avec l’OMS avant que l’Allemagne ne prenne la présidence de l’UE le 1er juillet.

Une source du gouvernement allemand a déclaré à Reuters que l’objectif de l’intervention lors de la réunion des ministres de la santé était d’encourager le débat entre les États membres de l’UE sur la manière de réformer l’OMS. 

A la question de savoir si l’Allemagne faisait maintenant pression pour des changements plus rapides, au lieu d’attendre la fin de la crise, le fonctionnaire a répondu : 

« Les réformes des organisations internationales prennent normalement des années, et non des mois ».

Un porte-parole du ministère français de la santé a également déclaré que l’OMS serait à l’ordre du jour de la présidence allemande de l’UE, et que Paris y travaillerait avec Berlin. La France a soutenu la réforme de l’OMS, mais les changements devraient suivre l’évaluation de la gestion de la crise du COVID-19 par l’organisation, a-t-il déclaré.

Un porte-parole du gouvernement britannique a déclaré que la Grande-Bretagne travaillait avec des organisations telles que l’OMS « pour encourager et soutenir la transparence, l’efficacité et la bonne gestion ».

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