DROGUE DURE

Ces films vous présentent la version officielle qui ressort en tant que reportage… mais la réalité est tout autre, car elle est organisée par les états eux-mêmes qui ouvrent leurs frontières en complicité avec les fonctionnaires corrompus, mis en place pour à la fois protéger le trafic et percevoir les commissions de la corruption. Ces mêmes hommes de la mafia en col blanc sont les banquiers Rothschild qui comme pour l’opium en Chine ou l’alcool pour les indiens à exterminer s’arrangent pour détruire les goys au nom de la supériorité de la race juive qui doit dominer le monde. Cette domination est totale, car ils ont achetés les politiques genre le branleur de Macron et l’administration dont la douane et la police. Par leurs banques ils pratiquent le blanchiment qui s’écoule dans leurs paradis fiscaux… et ces ordures de traitres nous font croire qu’ils vont lutter contre les paradis fiscaux alors que c’est leur fond de commerce ! Si vous lisez mes livres sur EPTEIN sur comprendrez bien le fonctionnement destructeur qui a comme fondement l’affaiblissement des Etats avec le gonflement de la dette, la gestion de la monnaie et son imprimerie, la destruction morale et mentale du peuple par le métissage et le forcing d’une immigration débile, ingérable et ruineuse. Avec des conflits sociaux en chaine impossibles à gérer. C’est la tactique routinière du spéculateur qui va tout faire pour vous ruiner pour vous racheter au franc symbolique. La France en faillite ne vaut pas plus d’un Euro ! La dette réelle étant de 6000 milliards personne ne pourra la rembourser…

Le retour en force des capsules de protoxyde d’azote,
la drogue «festive» prisée des ados

Avec le déconfinement et le retour des beaux jours, ce mode de défonce peu cher
et très en vogue chez des ados de plus en plus jeunes,
est de plus en plus consommé un peu partout en France. 

La «drogue du pauvre» s'achète sur Snatchap entre 30 centimes et un euro l'unité et ses capsules après usage finissent par joncher les pavés. | Leïla Khouiel - Capture d'écran Snapchat
La «drogue du pauvre» s’achète sur Snatchap entre 30 centimes et un euro l’unité et ses capsules après usage finissent par joncher les pavés.

Dans un appartement de Pantin, en région parisienne, une dizaine de jeunes fêtent l’anniversaire de l’un d’entre eux. L’âge des convives ne dépasse pas 20 ans. En cercle, un ballon de baudruche coloré à la main, les membres du groupe imitent le même geste: ils prennent chacun leur ballon et en aspirent le contenu. Les paris sont lancés: c’est à celle ou celui qui inhalera la plus grande bouffée. Des fous rires irrépressifs éclatent immédiatement. Ce sont les premiers effets du gaz. Une jeune fille perd même le contrôle de son corps et tombe de sa chaise. Hilarité générale.

Avec le déconfinement, synonyme d’un retour à la vie sociale, ces soirées de shoot collectif au protoxyde d’azote –surnommé «gaz hilarant»– sont à nouveau en vogue chez les jeunes. «Tu en respires et c’est instantané. Ça monte au cerveau, tu as l’impression de planer et tu te mets à rire sans pouvoir te contrôler, raconte encore amusé Ayoub*, 20 ans, originaire de Tremblay-en-France, en région parisienne. C’est euphorisant. Tous tes sens sont en ébullition: vision troublée, sons déformés… Je suis comme propulsé dans un autre monde, une autre dimension!»

Naomie*, 23 ans, a vécu «une expérience» similaire lorsqu’elle étudiait la sociologie à l’université Rennes II. «C’était pendant une soirée BDE, un groupe de potes m’ont proposé de tester. Ça m’a transcendée, je me suis allongée par terre, dans la rue, et j’étais morte de rire. Pour moi, les effets sont équivalents à ceux du poppers. C’est une explosion qui arrive d’un coup et ça redescend au bout d’une minute ou deux. Ça donne envie d’en reprendre aussitôt.»

«C’est chacun sa drogue»

Vendu sous forme de petites capsules métalliques, le «proto» sert à l’origine en cuisine dans les siphons à chantilly. Couplé à de l’oxygène, il est également utilisé dans les hôpitaux comme anesthésique ou antidouleur. Depuis plusieurs années, son usage est détourné à des fins récréatives et les cartouches sont devenues un objet de consommation courant en soirée. Les adeptes de cette drogue percent la capsule à l’aide d’un cracker (ou siphon) et déversent le gaz dans un ballon de baudruche avant de l’inhaler pur et concentré. La popularité de ce produit est loin d’être récente. «Dès 1999, on observait des consommations dans les free parties. Après une période où sa présence décline, le protoxyde d’azote est redevenu à la mode à partir de 2010. On l’a retrouvé dans les fêtes techno alternatives», explique Clément Gérome, sociologue à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).

Son usage s’est progressivement démocratisé et ses adeptes sont de plus en plus jeunes. «J’ai commencé à en prendre à 17 ou 18 ans avant de devenir un consommateur régulier, confie Léo*, Lillois de 20 ans. Maintenant, quand tu vas en soirée ou que tu es posé avec tes potes, il te faut des capsules. C’est à la mode, c’est un élément important si tu veux être dans un bon mood.» Le manutentionnaire ajoute: «Certains vont préférer fumer de la weed, d’autres boire de l’alcool et il y a celles et ceux qui se font des capsules. En fait, c’est chacun sa drogue. La défonce est différente.»

De retour sur le bitume

Depuis son balcon, dans la banlieue sud de Rennes, Naomie observe chaque samedi un groupe de cinq adolescentes inhaler ces ballons hilarants. Un rituel qui a commencé avec la fin du confinement. C’est aussi avec le déconfinement que les cartouches de proto ont à nouveau jonché les rues, les caniveaux et les parcs de plusieurs villes de France: Rennes, mais aussi Paris, Lille, Colmar, Bordeaux, Nice ou encore Marseille.

«Je n’ai jamais vu autant de ces capsules argentées dans mon quartier qu’en ce moment. C’est impressionnant», décrit une habitante de Perpignan. | Leïla Khouiel

Les témoignages et messages d’alertes de riverain·es se sont multipliés ces derniers jours. La préfecture des Alpes-Maritimes a récemment publié une mise en garde sur les réseaux sociaux.

📄 Communiqué de presse – Usage détourné du protoxyde d’azote (N2O) – mise en garde

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«Je n’ai jamais vu autant de ces capsules argentées dans mon quartier qu’en ce moment. C’est impressionnant, décrit une habitante de Perpignan. Certains jeunes ont dû morfler pendant le confinement. L’adolescence est toujours un moment de flottement et là les jeunes se sont retrouvés coupés de leurs amis et du cadre qu’est l’école», tente d’expliquer une opératrice de Drogues Info Service. Le produit est également perçu par nombre de jeunes comme un moyen de se détendre à l’approche de la période estivale.

La défonce à bas coût

Vendues en toute légalité dans des épiceries, des supermarchés ou en ligne, les cartouches de protoxyde d’azote sont surnommées la «drogue du pauvre» en raison de leur prix très bas: entre 30 centimes et un euro l’unité. Et certain·es ont flairé le bon filon. Sur Snapchat, nous avons pu consulter une vingtaine de comptes promettant des livraisons en mains propres de capsules, crackers voire de bonbonnes de gaz à Paris ou encore à Lille. Entre visuels et titres accrocheurs, promotions attractives et livraison express 7 jours sur 7, tout est fait pour attirer le très jeune public de ce réseau social. On va même jusqu’à proposer des arômes (pomme, fraise, myrtille) pour agrémenter le gaz hilarant.

«Le fait de faire ça avec des ballons de toutes les couleurs, je ne pense pas que ça soit nocif»|

«Le succès de ce produit s’explique aussi parce que ses effets sont éphémères, analyse Clément Gérôme. [Ce qui permet à] certains jeunes, par exemple, d’aller en cours, de dîner avec leurs parents ou de conduire seulement quelques dizaines de minutes après avoir pris du gaz hilarant.» «Je ne considère pas le proto comme une drogue parce que les effets se dissipent très rapidement, indique pour sa part Ayoub. Le fait de faire ça en groupe, avec des ballons de toutes les couleurs, c’est presque enfantin. Je ne pense pas que ça soit nocif.»

La partie visible de l’iceberg

Pourtant, les risques sanitaires de ce composé chimique sont bien réels et la liste des effets indésirables préoccupe: perte de connaissance, maux de tête, vomissements, brûlure par le froid du gaz, problèmes d’érection, hallucinations voire paralysie dans les cas les plus graves. En cas d’utilisation régulière ou à forte dose, une atteinte de la moëlle épinière et des troubles psychiques sont à craindre.

«Nous avons enregistré trois cas graves dans les Hauts-de-France depuis le début de l’année, dont deux cas neurologiques. Ce sont des usagers mineurs qui rapportent des fourmillements, des picotements au niveau des mains, des douleurs dans les jambes, des faiblesses pour marcher, des difficultés pour se lever d’une chaise et plus du tout de possibilité de faire une activité sportive, rapporte Sylvie Deheul, médecin au centre d’addictovigilance des Hauts-de-France. Les cas recensés ne sont sûrement que la partie visible de l’iceberg. En réalité, le nombre est probablement beaucoup plus élevé.»

Il reste difficile à l’heure actuelle d’évaluer précisément l’ampleur du phénomène dans l’Hexagone car il n’existe pas de données statistiques officielles sur l’ensemble du territoire. Toutefois, selon une première étuderéalisée entre 2015 et 2017 par le Centre d’addictovigilance de Bordeaux, l’usage détourné du protoxyde d’azote arrive en deuxième position des substances les plus consommées chez les jeunes, après le cannabis.

Certaines municipalités ont pris les devants en instaurant un arrêté qui interdit l’usage et la vente de protoxyde d’azote aux personnes mineures. La liste ne cesse de s’allonger. Dernière en date: la commune de Brunoy, dans l’Essonne, où 200 à 300 cartouches sont ramassées par les services de la ville chaque jour. Au niveau national, le Sénat a voté à l’unanimité en décembre 2019 l’interdiction de la vente de protoxyde d’azote aux personnes âgées de moins de 18 ans. Le texte doit encore être examiné à l’Assemblée nationale.

En attendant, médecins et acteurs de terrain prônent la pédagogie et la nécessité d’un accompagnement des consommateurs et consommatrices régulières. «En cas de dépendance, il faut se faire aider dans des centres de prise en charge des troubles de l’usage ou des addictions, indique Faredj Cherikh, chef du service addictologie au CHU de Nice. Les troubles surviennent généralement au bout de plusieurs mois d’utilisation et peuvent être guéris la plupart du temps en arrêtant simplement la consommation.»

De la drogue dans des masques ou dans une boîte à pizza, le trafic s’adapte au confinement 

Les trafiquants de drogue sont de plus en plus créatifs pour continuer leur commerce malgré les restrictions dues à la pandémie. 

Tous les moyens sont bons pour que la drogue arrive à bon port. | Ihor Malytskyi / Unsplash
Tous les moyens sont bons pour que la drogue arrive à bon port.

Au mois de mars, avant le confinement d’une bonne partie des pays d’Europe, le Covid-19 avait stimulé le trafic de drogue. Soucieux de voir leurs principaux canaux de distribution perturbés par la pandémie, les trafiquant·es avaient accéléré leur distribution à destination des pays européens.

Finalement, rien ne semble perturber le trafic -même pas des restrictions draconiennes sur la liberté de circulation. L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a en effet constaté une augmentation de 20% des expéditions de drogue à destination de l’Europe cette année par rapport à la même période l’an dernier.

Tous les moyens sont bons pour que la drogue arrive à bon port. Un camion réfrigéré transportant des calamars ainsi que cinq tonnes de cocaïne a par exemple été intercepté en direction d’Anvers, ajoute le média américain. Au mois d’avril, les autorités anglaises ont, quant à elles, trouvé avec stupéfaction 1,3 million de dollars de cocaïne (près de 1,2 million d’euros) cachés dans une cargaison de masques anti-coronavirus provenant de Pologne.À lire aussiConfinement et cannabis, cachez cette addiction que le gouvernement ne saurait voir

La malice des trafiquants a poussé Interpol à lancer une alerte pour prévenir de leur nouveau mode opératoire. Les dealer·euses utiliseraient désormais les services de livraison de pizzas à domicile pour transporter de la drogue en plein confinement. Au début du mois d’avril, la police espagnole a intercepté sept personnes habillées en livreur·euses qui transportaient de la cocaïne et de la marijuana.

Les mêmes stratagèmes ont été observés en Malaisie, Espagne, Royaume-Uni et en Irlande où huit kilos de cocaïne et deux armes étaient dissimulées dans des cartons à pizza, ajoute Sud Ouest.

Trafic sur Telegram

En Italie, les consommateur·rices de stupéfiants utilisent également les nouvelles technologies pour se faire livrer leur drogue à domicile. Telegram, une application de messagerie russe, serait très prisée dans le pays transalpin.

«En Italie, un contact très populaire sur Telegram est celui d’un certain Mikel Jérôme. On se présente, et ensuite il montre le menu à disposition : les différents types de marijuana, la cocaïne, les drogues synthétiques et il y a même de l’héroïne. Pour le paiement celui-ci est effectué à travers des Bitcoin, anonymement».

Cachée dans un colis qui masque les odeurs, la drogue est envoyée directement à domicile, précise le Courrier International. À l’image de Telegram, le dark Web serait également une alternative de choix.

Ce qu’il y avait peut-être dans l’ecstasy
que vous avez pris samedi

Après la mort d’une overdose d’un jeune homme de 21 ans,
les «professionnels de la nuit» réclament aux pouvoirs publics français de les aider dans leurs actions de réduction des risques.

Sur cette photo prise le 21 février 2015 à Belfort, une partie d'une saisie record de comprimés d'ecstasy. | Douane française / AFP
Sur cette photo prise le 21 février 2015 à Belfort, une partie d’une saisie record de comprimés d’ecstasy. | Douane française / AFP

Dehors Brut, immense dancefloor, parisien et éphémère, vient de fermer ses portes. Un jeune homme de 21 ans est mort d’une overdose le 1erseptembre après une soirée passée dans cette future zone d’aménagement commercial du XIIe arrondissement de la capitale. Sanction immédiate de la préfecture de police: fermeture administrative pour une durée indéterminée.

«Nous rappelons que notre établissement et tous nos événements depuis 2011 ont toujours fait l’objet d’une attention toute particulière à assurer de façon optimale la sécurité de notre publica aussitôt commenté la directionNous nous sommes tenus à une obligation de moyens stricte sur toutes nos actions de préventions pour lutter contre l’usage de produits stupéfiants et l’excès d’alcool.»

Les premiers éléments de l’enquête, ouverte pour homicide involontaire et confiée à la brigade des stupéfiants, confortent l’hypothèse d’un décès par overdose. «Ses amis ont parlé de quatre ecstasys qui auraient été écrasés et mis dans une bouteille qu’ils partageaient»a confié à l’AFP une source proche du dossier.

Une substance vendue sous l’appellation ecstasy

Dès le lendemain de la mort du jeune homme, le Collectif Action Nuit(CAN), un think tank composé d’expert·es et de «professionnels de la nuit», s’est alarmé dans un communiqué de la «recrudescence de consommation de produits stupéfiants particulièrement dangereux» et notamment d’ecstasys «largement surdosés» qui circulent aujourd’hui en France:

«Ceux-ci sont particulièrement nocifs et provoquent des réactions graves, amenant souvent l’hospitalisation des consommateurs-trices, voire pire. Communément appelés “ecstasys”, des produits largement surdosés circulent ces dernières semaines en France, laissant présager une arrivée de produits asiatiques transformés et également surdosés appelés vulgairement “ecstasy chinois”.»

Le CAN évoque ici la consommation de N-Ethylpentylone, substance qui pourrait être présentée et vendue comme étant de l’ecstasy (dont le principe actif est la méthylènedioxyméthamphétamine ou MDMA), sous forme de poudre, de cristal, de capsule ou de cachets –une substance analysée dans un rapport très détaillé, daté de novembre 2018, de l’OMS. En juin dernier, le quotidien britannique The Telegrah citant la National Crime Agency, faisait état de 125 décès associés à la consommation de N-Ethylpentylone.À lire aussiDrogues licites ou pas: qui consomme quoi et à quel prix sur le marché français

Pour sa part, interrogé par Slate.fr, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) indique «ne pas avoir eu vent d’urgence ou d’événement sanitaire concernant la N-Ethylpentylone depuis le classement au niveau mondial de cette substance, en mars 2019. Nous allons bien évidemment rester très attentifs pour savoir si cette alerte est justifiée».

«À ce stade, les résultats des analyses qui ont dû être pratiquées pour identifier le ou les produits pouvant être incriminés après l’intoxication mortelle du jeune homme de 21 ans ne sont pas disponibles, ajoute l’OFDT. Nous n’avons pas d’éléments à ce sujet et nous ne sommes pas en mesure d’associer cet événement dramatique et la publication du Collectif Action Nuit évoquant une arrivée de produits asiatiques transformés et également surdosés appelés vulgairement “ecstasy chinois”».

MDMA ou Ephylone?

Pour éviter toute confusion, il convient selon l’OFDT d’établir une distinction entre l’augmentation réelle (observée dans les faits) de la teneur en MDMA des comprimés d’ecstasy en France au cours des dernières années et le fait que certains comprimés vendus comme de l’ecstasy contiennent autre chose que de la MDMA. Les comprimés ont vu, en moyenne, leur dose totale en MDMA doubler en cinq ans. Et bien souvent, les usager·es ont modifié leur mode de prise, fractionnant les doses, espaçant les prises et s’adaptant à la puissance des produits circulant aujourd’hui.

Quant au remplacement de la MDMA par d’autres substances, c’est une «arnaque» bien connue et documentée depuis longtemps qui concerne également d’autres drogues.

La N-Ethylpentylone (ou Ephylone, nom officiel retenu au niveau européen) est une substance de la famille des cathinones dont la première identification en Europe date de 2016, en Slovénie, suivie d’une première identification en France la même année. Il semble que les effets ressentis soient légers, incitant à des prises répétées, et que l’écart entre la dose nécessaire pour obtenir des effets et la dose dangereuse soit faible, entraînant un risque important d’effets secondaires (plutôt psychiques) et de surdose. Cette question du délicat dosage des nouveaux produits de synthèse (NPS) était évoquée dans le numéro d’octobre 2018 de Tendances, revue de l’OFDT.

La vente de produits stupéfiants sous d’autres appellations que leur nom réel n’est pas rare. Même si elle ne donne pas toujours lieu à des intoxications graves, elle représente toujours un réel risque pour qui en consomme, tout comme les produits trop dosés ou la présence d’agents de coupe toxiques. C’est pourquoi les associations de réduction des risques prônent la mise en place de systèmes d’analyse de drogues afin d’éviter au maximum ces écueils et d’assurer une certaine sécurité.

«L’Ephylone, cathinone présente sur le marché français depuis au moins 2016 n’a créé que très peu voire aucun engouement chez les usagers et est vendue le plus souvent (en ligne ou dans le monde physique) à l’insu de l’usager et présentée comme étant un autre produit (“arnaques”), résume l’OFDT. Notre Système d’identification national des toxiques et des substances (SINTES) qui collecte et analyse des produits nouveaux ou susceptibles de présenter un caractère de dangerosité particulière (le plus souvent après la survenue de problèmes sanitaires plus ou moins sérieux ou d’effets inattendus) a retrouvé dix-sept fois cette molécule depuis 2017. Elle était toujours vendue comme étant un autre produit. Par deux fois, en 2017, il s’agissait de comprimés vendus comme ecstasys. […]

Bien que les effets puissent être vaguement comparables, la MDMA et l’Ephylone sont deux substances de familles chimiques bien distinctes. Dans les effets ressentis: l’euphorie, la désinhibition et l’effet entactogène sont présents pour ces deux produits mais l’effet empathogène est moins marqué qu’avec la MDMA. De plus, la “descente” est plus difficile. La majorité des signalements a eu lieu durant l’été 2018. La molécule n’a jusqu’ici pas connu de diffusion en milieu festif en France. Les faits rapportés par la presse et qui ont motivé le classement de la molécule au niveau mondial en mars 2019 relèvent d’aires géographiques différentes de la France et dépendent donc de circuits d’approvisionnement potentiellement différents. Il est possible que le classement récent de la molécule devienne un frein à sa diffusion, voire contribue à sa disparition.»The Loop@WeAreTheLoopUK

We tested a gram of n-ethyl pentylone @Parklifefest yesterday – looks & smells same as MDMA crystal. Relieved this user didn’t take it. Take care & seek medical attention if unwell. #JustSayKnow #TimeToTest

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Pour le Collectif Action Nuit, le compte n’y est pas: «Trop peu de médias français ont pris la parole pour mettre en garde le public, comme l’a fait Mixmag. L’information ne circule donc ni dans les médias, ni via les autorités, et le public ne peut être mis au courant et protégé. Si notre devoir est évidemment d’alerter le public potentiellement touché par ce désastre, c’est avant tout à l’État de traiter et de mettre en œuvre des actions concrètes afin de l’éradiquer au plus vite. Il s’agit d’un sujet de santé publique grave. Des jeunes meurent. Nous, professionnels de la nuit, revendiquons une considération de l’État à la mesure de l’enjeu, pour éviter de nouvelles tragédies au sein de nos établissements.»

Consommation doublée en dix ans

Déjà en mars 2018, le CAN avait lancé une alerte à la suite d’une série de graves accidents médicaux dus à l’absorption de substances dangereuses (notamment le GHB) dans plusieurs clubs de la capitale:

«Le GBL est une substance interdite depuis 2011 et pourtant accessible sur internet. Certains publics le détournent de son usage professionnel pour en faire une drogue qui, une fois absorbée, modifie des fonctions physiologiques ou psychiques de l’organisme. Il entraîne des vertiges, des pertes de mémoire, allant jusqu’à la perte de conscience, le coma, l’arrêt cardiaque ou encore l’insuffisance respiratoire. Un dosage infinitésimal suffit et les risques de surdosage sont par conséquent fréquents d’autant plus qu’ils sont associés à la prise d’alcool. Les consommateurs ignorent le plus souvent le mix mortel. Son prix particulièrement attractif et son accès facile sur internet en font un produit prisé des jeunes publics. Le GHB est connu des publics à risques VIH et MST depuis les années 1990. Le GBL dispose aussi d’une particularité chimique recherchée par les prédateurs sexuels, celle d’être métabolisée très rapidement par l’organisme en GHB (appelée la drogue du violeur).»

Ce collectif avait alors transmis aux ministres de la Santé (Agnès Buzyn) et de l’Intérieur (Gérard Collomb) cinq propositions concrètes de mesures urgentes à mettre en œuvre:

  • «des campagnes d’information grand public lors de la circulation avérée de produits toxiques […];
  • l’organisation d’une table ronde autour de la question incluant les associations de prévention terrain […];
  • la fouille des clients par des agents de sécurité agréés par le ministère de l’Intérieur;
  • un moyen d’analyse des produits pour prévenir en cas de toxicité mortelle; 
  • un guichet unique de l’administration pour traiter le signalement des cas constatés.»

Un an et demi plus tard, aucune de ces propositions n’a été suivie d’effets. «Que faire? Il faut d’abord souligner la difficulté du travail (souvent remarquable) de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies pour coller au plus près du phénomène sans cesse évolutif des drogues festives,explique le Dr William Lowenstein, président de SOS AddictionsIl faut souligner l’urgente nécessité pour les grandes villes et notamment pour Paris de financer des “observatoires locaux de la nuit”. C’est là un sujet qui méritera de figurer lors des débats des prochaines élections municipales.»

Hasard ou fatalité, cette nouvelle mobilisation des «professionnels de la nuit» coïncidait avec la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses qui a vu l’Agence nationale française de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) vanter son action dans ce domaine.

«Depuis 2015, l’ANSM s’est mobilisée pour permettre aux usagers de drogues, aux patients en situation de surdosage et à leur entourage un accès large et facilité à la naloxone pour le traitement d’urgence des overdoses aux opioïdes médicamenteux tels que la morphine et la méthadone, ou illicites tels que l’héroïne ou les fentanyloïdes de synthèse, dans l’attente d’une prise en charge médicale.»

Dans le même temps, d’autres voix se sont levées, en France et en Europe, disant une autre réalité. En dix ans, et bien au-delà des seuls espaces festifs, la consommation (licite ou illicite) d’antalgiques opiacés a plus que doublé en France. Les décès par surdose ne cessent d’augmenter tandis que l’un des antidotes –la naloxone commercialisée sous les marques Prenoxad (injectable) et Nascue (spay nasal)– est loin d’être aussi disponible et accessible que le sous-entend l’ANSM ou que le prévoit le Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022.À lire aussiNe pas mourir d’une overdose à domicile, c’est désormais possible

«Concrètement rien n’est fait pour que les recommandations officielles soient suivies d’effets, bien au contraire!, accuse l’association AidesLe grand écart est visible à plusieurs endroits. Au niveau de l’offre tout d’abord, Indivior, le laboratoire qui produit le seul spray nasal disponible aujourd’hui en France a annoncé la fin de sa commercialisation parce que non rentable financièrement. […] Il est primordial que ces deux formes de naloxone demeurent disponibles en France, avec une meilleure accessibilité effective aux personnes concernées. Enfin, nous dénonçons l’absence de dotation de kits de naloxone aux services de premiers secours. […] En tant que premiers acteurs du système de santé à entrer en contact avec les victimes de surdoses, ils doivent absolument être en mesure d’administrer la naloxone et ainsi assurer leur mission: sauver des vies.» De jour comme de nuit.

Aux États-Unis, les overdoses tuent plus
que les accidents de voiture

La consommation de drogues est maintenant qualifiée d’épidémie.

Le fentanyl est la cause principale de l'épidémie qui sévit aux Etats-Unis. | Trey Gibson via Unsplash
Le fentanyl est la cause principale de l’épidémie qui sévit aux Etats-Unis.

Pour la première fois dans l’histoire des statistiques aux États-Unis, le risque de mourir d’une overdose d’opioïde est plus grand que celui de mourir dans un accident de voiture. Cette conclusion provient d’une analyse menée par le National Safety Council (NSC) qui a analysé les chiffres de blessures évitables et de décès en 2017.

En examinant différentes données aux niveaux fédéral et national, le NSC estime la probabilité à une chance sur quatre-vingt-seize de mourir d’une overdose, au cours d’une vie. Pour ce qui est des accidents de voiture, la chance est d’une sur 103 et dans le cas d’une chute, d’une sur 114. Le risque de mourir d’un suicide reste le plus élevé avec une chance sur quatre-vingt-huit.

«Trop de personnes pensent encore que la crise liée aux opioïdes est abstraite et ne les touchera pas. Beaucoup ne la voient pas encore comme une menace majeure pour eux ou leur famille», souligne Maureen Vogel, porte-parole du National Safety Council.

La consommation de drogue est une épidémie

En 2016, les blessures involontaires étaient la première cause de mort aux États-Unis avec plus de 61.000 victimes âgées de 1 à 44 ans. Pratiquement deux fois plus que dans le cas d’un cancer ou d’un trouble cardiaque. Le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) note que la majorité de ces morts étaient imputables à un accident de voiture ou à un empoisonnement accidentel.

En 2017, les morts par overdose ont atteint un nouveau pic en dépassant les 70.000 victimes. «Ce qui a commencé il y a plus de deux décennies comme un problème de santé publique, principalement pour des hommes blancs jeunes et d’âge moyen, est maintenant une épidémie d’abus d’opioïde par ordonnance ou illicite, qui a des répercussions sur chaque tranche de la société américaine», affirme l’équipe de recherche.

Un rapport paru en décembre révèle qu’en 2016, le fentanyl a détrôné l’héroïne comme drogue la plus consommée lors d’une overdose aux États-Unis.En savoir plus: Santé Monde overdose Etats-Unis accident de la route drogueEnvie de retrouver votre poids idéal ?Comme J’aime|SponsoriséObtenir ce trésor est impossible! Prouvez-nous le contraire!Hero Wars|SponsoriséHUAWEI P30 PRO NEW EDITION : Changez les règles de la photographieHUAWEI|SponsoriséBeaucoup ont échoué avant. Voulez-vous terminer l’essai?Hero Wars|SponsoriséFaut-il travailler tout nu en open space?Comment une petite agence de communication de San Francisco a fait croire au monde que son staff avait travaillé tout nu pendant un mois, et ce que ce poisson d’avril trop crédible nous dit de l’évolution de l’organisation du travail.Slate.frEst-il possible d’investir dans des entreprises qui guérissent le coronavirus ?eToro Blog Post|Sponsorisé

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Dépression et addiction sont en train de tuer toute une génération de rappeurs

Le décès de Mac Miller, dépressif depuis des années, montre que derrière les textes de plus en plus introspectifs des rappeurs couve souvent un mal-être bien réel.

Mac Miller au festival Coachella à Indio (Californie), le 14 avril 2017 | Christopher Polk / Getty Images for Coachella / AFP
Mac Miller au festival Coachella à Indio (Californie)

Le rappeur américain Mac Miller est mort vendredi 7 septembre à l’âge de 26 ans, des suites d’une overdose si l’on en croit TMZ. Derrière cette triste nouvelle, qui a suscité l’émoi de la quasi-totalité du monde du rap, il y a évidemment une famille et des proches en deuil. Et une ex-petite amie aussi, la pop star Ariana Grande.

Celle qui l’a quitté en mai dernier à cause –entre autres– de ses problèmes de drogues et de sa dépression, celle qui a inspiré les deux derniers albums du rappeur (The Divine Feminine en 2016, puis l’excellent Swimming en août), celle qui aujourd’hui doit faire face à un torrent d’insultes sur les réseaux sociaux de la part de personnes la tenant pour responsable de la mort de Mac Miller. Ce lynchage a poussé Ariana Grande à supprimer d’emblée la section commentaires de son compte Instagram, pour faire taire les horreurs, les mettre sous le tapis.

Fossé entre vie privée et perception du public

Pour une partie du public, visiblement, la logique est simple: il aurait fallu que la chanteuse sacrifie son bien-être et sa carrière pour tenir à bout de bras un boyfriend mal en point depuis des lustres.

Qui peut demander cela sans connaître l’intimité d’un couple? Les deux artistes, au-delà des chiffres pharamineux que l’on associe à leur succès, menaient aussi une vie privée, avec tout ce que cela comprend de moments heureux, mais aussi de blessures. Blâmer Ariana Grande pour le décès de Mac Miller est ridicule et cruel.

L’image renvoyée par les stars de la musique, qui ont en apparence tout pour elles, rend parfois difficile la visualisation d’une dépression. La drogue, on comprend, on dit même qu’elle fait partie du truc; mais la dépression… L’argent, le succès, les fans ou l’épanouissement artistique: cela rend forcément heureux! Que nenni.

Mac Miller était mal depuis belle lurette, et Ariana Grande n’a visiblement pas pu y faire grand-chose. Il suffit d’ailleurs de se pencher sur les textes du rappeur depuis 2012 pour percevoir un mal-être évident, explicite, et une musique souvent cathartique.

«J’avais des problèmes de drogue, reconnaissait-il en 2015 dans une interview avec l’animateur Larry King. Pendant longtemps, ça ne s’est pas limité à la musique, j’avais ces problèmes qui provenaient d’un certain état d’esprit dans lequel j’étais. J’étais dépressif. C’est drôle, parce que quand tu discutes avec des gens, ils te demandent: “Comment peux-tu être déprimé? Tu as de l’argent, etc.” Je devais avoir 18 ou 19 ans quand ça m’est arrivé pour la première fois. C’est une période où les jeunes essaient de savoir qui ils sont, de trouver leur propre identité. Tout est décuplé. La célébrité est trompeuse, parce que tu lis des choses, tout ce qui est dit sur toi, et tu commences à ne plus savoir ce qui est vrai ou non. La limite commence à être floue. J’avais du mal à m’avouer que j’étais dépressif. Enfin, je voulais me l’avouer, mais je n’y arrivais pas. Je me réveillais en étant… pas très heureux, disons.»PUBLICITÉJe fonce#OnSeComprend Inspired by

Œuvre triste, textes prémonitoires

La musique de Mac Miller a été profondément influencée par sa dépression. Sur l’album Watching Movies With The Sound Off en 2013, certainement celui le plus complexe et le plus noir, sa relation aux drogues le questionne déjà, comme le prouve le titre «The Star Room»: «Dealing with these demons, feel the pressure / Find the perfect style / Making sure my mom and dad are still somewhat in love / All there backfires of my experiments with drugs» («Composer avec mes démons, ressentir la pression / Trouver le style parfait / S’assurer que maman et papa ont encore un peu d’amour pour moi / Et tout cela se retourne contre moi avec mon expérimentation des drogues»).

Deux ans plus tard, sur GO:OD AM, et notamment sur le morceau «Perfect Circle / God Speed», c’est la peur face à l’ampleur de son addiction qui le hante: «Them pills that I’m popping, I need to man up / Admit it’s a problem, I need a wake up / Before one morning, I don’t wake up» («Ces pilules que je gobe, il faut que je mûrisse / Que j’admette que c’est un problème, il faut que je me réveille / Avant qu’un matin, je ne me réveille pas»).

Et que dire du titre «Small Worlds», extrait de son dernier album, Swimming? «Nobody know me, oh well / Hard to complain from this five stars hotel […] Nine times out of ten I get it wrong / That’s why I wrote this song, told myself to hold on / I can feel my fingers slippin’ / In a motherfuckin’ instant, I’ll be gone» («Personne ne me connaît / Difficile de se plaindre depuis cet hôtel cinq étoiles […] Neuf fois sur dix, je fais mal les choses / C’est pourquoi j’ai écrit cette chanson, pour me dire à moi-même de tenir / Je peux sentir mes doigts glisser / Dans un putain d’instant, j’aurai disparu»).

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Tabou partiellement levé

Un malaise pèse sur le rap depuis quelques années: celui d’une dépression massive. Puisque cette musique est devenue plus introspective qu’avant, plus égocentrée encore, que les artistes ont de moins en moins peur de cacher leurs fêlures, il est de bon ton de dire que la dépression est à la mode. Chez les jeunes rappeurs, surtout.

On peut y voir un effet de style, certes, mais pas que. Il existe tout un tas de raisons qui peuvent pousser un artiste à succès vers les pensées noires, et la drogue en est une. Alors que la lean, ce mélange de sirop codéiné et de soda très populaire parmi les rappeurs américains (et pas que), se cantonnait surtout au rap sudiste ou de Chicago il y a encore dix ans, elle est aujourd’hui partout. Mac Miller en savait quelque chose, il y fut accroc.

Les troubles mentaux, les vrais, ne sont pas nouveaux dans le rap. Il n’y a qu’à écouter le titre «Mind Playing Tricks On Me» des Geto Boys, sorti en 1991, pour s’en apercevoir. Les trois rappeurs y content leur mal-être, leur schizophrénie et leurs délires psychotiques dans une chanson géniale, mais parfaitement déglinguée.

Dans le milieu du rap, la dépression a pourtant longtemps été taboue. Qu’est-ce qu’Eminem n’a pas entendu lorsqu’il a avoué en souffrir en 2008… Si son album de 2010 s’appelle Recoveryce n’est pas pour rien.

La prise de conscience a peut-être eu lieu en 2012, lorsque le rappeur new-yorkais Capital STEEZ se donne la mort, à seulement 19 ans. Depuis, les artistes rap sont plus nombreux à se confier, que ce soit Mac Miller dans ses textes ou une petite dizaine d’autres au site Vice, qui a rassemblé de nombreux témoignages éclairants en 2016.

Troublante scène «emo-rap»

Il ne faut pas que les nouvelles générations se trompent: la dépression décrite par beaucoup de jeunes rappeurs n’est pas feinte, elle n’est pas qu’une figure de style.

Dans la scène Soundcloud, du nom de la plateforme via laquelle de très nombreux nouveaux artistes ont émergé depuis cinq ans, parmi lesquels XXXTentacion ou 6ix9ine, elle est même omniprésente, au point de la caractériser aux yeux du grand public et d’être baptisée «emo-rap». L’overdose au Fentanyl et au Xanax de Lil Peep à 21 ans, en novembre 2017, a jeté un froid dans cette scène marquée par les délires trash et la violence.

Le rap a encore une grande difficulté à appréhender la dépression, soit taboue, soit érigée au rang de code musical. Et la glorification de la lean n’arrange rien. Depuis la mort de Mac Miller, les rappeurs ont multiplié les appels à une meilleure prise en charge des troubles mentaux dans leur milieu, à l’image de J. Cole.

«Ceci est un message pour toutes les personnes dans ce milieu qui traversent une mauvaise passe. Si vous ne vous sentez pas bien, si vous avez un problème d’addiction, si vous avez besoin d’une oreille attentive pour vider votre sac. Si vous n’êtes pas à l’aise à l’idée de parler à votre entourage. Contactez-moi, s’il vous plaît.»

C’est une bonne chose. Car si le rap est un jeu, la dépression, elle, n’en est pas un –loin de là.

La «lean» décime les rappeurs… et le reste des États-Unis

L’épidémie d’overdoses par opioïdes qui ravage les États-Unis depuis le début des années 2010 est en train de faire baisser l’espérance de vie américaine. Et de détruire toute une nouvelle génération de rappeurs.

Illustration par Eduardo Bertone / Marie Bastille
Illustration par Eduardo Bertone / Marie Bastille

Le 31 décembre dernier, alors que vous n’étiez plus qu’à une bouteille de champagne d’oublier tout 2017, Lil Pump loadait une vidéo contagieuse sur Instagram, dans laquelle on le voyait préparer une partie de Beer Pong remixée aux psychotropes. «En 2018, on joue au lean pong!», fanfaronnait l’ado aux dreadlocks roses et au visage tatoué, en fixant l’objectif avec un sourire laissant scintiller un appareil dentaire.

À 17 ans, Lil Pump, superstar du rap chez les kids, cumule bientôt un milliard de vues sur sa chaîne YouTube grâce à son hit «Gucci Gang», dans lequel il répète cinquante-trois fois le mot «Gucci» et explique qu’il aime prendre des médicaments avec sa grand-mère.

«Héroïne liquide»

Dans ses gobelets, ce qu’il nomme de la lean n’a absolument rien à voir avec de la bière. Également appelée «purple drank», «dirty Sprite» ou même «héroïne liquide», la boisson en question est un mélange de médicaments à base de codéine et de soda. Elle est très prisée par une nouvelle génération de rappeurs n’ayant pas peur de mêler aux codes du hip-hop la déprime narcotique du mouvement grunge et l’esprit écervelé de la culture des frat boys américains.

«La codéine est un opioïde, un dérivé semi-synthétique de la morphine,prévient pourtant l’addictologue Michel Artus. Elle est principalement utilisée en médecine pour traiter la douleur et la toux. Elle provoque un certain détachement du réel, des troubles de l’attention, une légère euphorie et une somnolence qui, en cas de surdosage, peut aller jusqu’au coma avec décès par arrêt respiratoire.»

Mais tout cela n’a pas vraiment l’air de préoccuper cette vague de jeunes rappeurs aux noms malicieusement pharmaceutiques (SmokepurppTrippie ReddLil Uzi VertLil Xan…). Ils racontent à longueur de couplets leurs expériences sous codéine et leurs trips aux pilules antidouleur telles que l’oxycodon, le percocet et autres produits hautement addictifs contenant des opioïdes.

Pourquoi? Tout simplement parce que le rap est, comme toujours, un reflet fidèle de la société américaine. Et depuis quelques années, les États-Unis ont basculé dans une véritable crise des opioïdes. Toutes les couches de la société sont concernées.

Sur la seule année 2016, près de 64.000 personnes ont trouvé la mort par overdose dans le pays –soit l’équivalent des pertes américaines causées par les guerres du Viêt Nam, d’Irak et d’Afghanistan réunies.

C’est d’ailleurs à un photographe de guerre, James Nachtwey, que le Time a ouvert ses pages en février, pour un numéro exceptionnel consacré à cette crise. Pour la première fois en quatre-vingt-quinze ans d’existence, le magazine a entièrement chamboulé son sommaire pour ne parler que de l’épidémie d’addiction aux opioïdes, qui a fait reculer l’espérance de vie nationale pour la première fois depuis un demi­-siècle.

Pour comprendre comment le pays le plus riche du monde s’est retrouvé à ce point accro aux médocs, il faut remonter au début des années 2000, quand le rappeur Lil Pump n’était même pas né.

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Tempête narcotique

La démocrate Regina LaBelle a eu tout le temps d’analyser cette crise touchant autant les rappeurs que les banquiers. En 2012, elle a été chargée par le président Obama de prendre la tête, à la Maison-­Blanche, d’un bu­reau dédié à la mise en place d’une politique nationale de contrôle des drogues.

Selon elle, plusieurs facteurs sont à l’origine de cette tempête narcotique. Tout d’abord, le fait qu’au début des années 2000, les médecins aient accordé une attention nouvelle à la question de la douleur. «À l’époque, on parlait de la douleur comme du cinquième signe vital –comme le pouls ou la respiration, par exemple– et les docteurs ont commencé à être jugés en fonction de la manière dont ils parvenaient à la traiter», explique la démocrate.

À la même période, la société Purdue Pharma met au point l’oxycodone, une molécule de la famille des opioïdes faite pour soulager les douleurs. L’entreprise n’hésite pas à abuser du marketing pour parvenir à vendre son médicament en dehors de son domaine d’application –les malades du cancer en phase terminale, suivie par d’autres labos.

«Ces groupes pharmaceutiques ont promis aux médecins que leurs patients n’avaient presque aucun risque de devenir accro à l’oxycodone. Et comme au début des années 2000 nous comprenions beaucoup moins bien les mécanismes de l’addiction, les médecins ont prescrit de l’oxycodone en masse», reprend la «madame drogues» d’Obama.

Pour fournir tous ces consommateurs, certaines pharmacies n’ont pas hésité à mettre leur éthique de côté. C’est ce qui a donné naissance en Floride, là où a grandi Lil Pump, au phénomène des pill mills (littéralement des «piluliers»). Dans ces lieux (une clinique, un cabinet…), des professionnels de santé ont profité de la législation plus laxiste de cet État et ont littéralement inondé toute la côte est de pilules antidouleur.

«Vous veniez y voir un docteur pendant à peine une minute, vous lui disiez que vous aviez mal et vous repartiez avec vos pilules. C’était presque comme des magasins en libre-service», résume Regina LaBelle.

Le 16 novembre 2000, le célèbre DJ de Houston DJ Screw décédait d’une overdose de sirop à la codéine, après avoir popularisé dans tout le milieu du rap du sud des États-Unis ce médicament qu’il récupérait dans des pill mills.

«Juste une boîte de médicaments»

C’est dans l’une d’elles que s’est retrouvé un peu malgré lui Ryan Hampton. Loin de se produire aux platines dans des soirées hip-hop, il travaillait à la Maison-­Blanche lors du deuxième mandat du président Bill Clinton. Il était l’une des étoiles montantes du parti démocrate jusqu’en 2003.

Cette année-là, il se fracture la cheville lors d’une randonnée et se voit prescrire de l’hydromorphone, un opioïde dérivé de la morphine. Au lieu d’aller voir ensuite un spécialiste pour faire de la rééducation, Ryan prend l’habitude de renouveler son ordonnance d’antidouleur et finit par se faire prescrire dans les pill mills un très haut dosage d’oxycodone doublé de xanax.

«Je ne voyais pas ça comme de la drogue. C’était juste une boîte de médicaments prescrite par un médecin. Mais, un jour, j’ai loupé un rendez-vous chez le docteur et je n’ai donc rien pris pendant douze heures. Là, j’ai commencé à être vraiment malade. Je voyais flou, je n’arrivais plus à respirer, je suis quasiment tombé au sol. Je ne le savais pas encore, mais j’étais accro», se rappelle Ryan Hampton.

Plutôt que de diminuer sa consommation, il cherche de nouveaux moyens d’obtenir des médicaments. Et lorsque l’État de Floride décide enfin de sévir en 2007 pour contrôler les émissions d’ordonnances, les médecins qui acceptaient avec joie les paiements cash de Ryan se mettent soudainement à le renvoyer chez lui en le traitant de junkie.

«Je suis sorti d’un rendez-vous sans ordonnance et terriblement déprimé. Juste en face de chez le médecin, il y avait un dealer d’héroïne. Il ne m’a fallu que vingt secondes de réflexion pour passer d’un golden boy de la Maison-­Blanche à un accro à l’héroïne», raconte le quarantenaire.

Après de longues années d’errance et la mort par overdose de plusieurs de ses amis proches, Ryan est maintenant tiré d’affaire, grâce à l’organisme d’aide Facing Addiction. Il est devenu l’un des militants les plus actifs sur le net autour de la crise des opioïdes et sortira en août un essai sur le sujet, American Fix: Inside the Opioid Addiction Crisis.

Aujourd’hui, il ne peut s’empêcher d’en vouloir aux médias ou à certains rappeurs qui font des médicaments un accessoire branché: «Il y a toujours eu chez les jeunes une manière romantique de voir la drogue. Mais je vous garantis que les opioïdes au quotidien n’ont rien de romantique.»

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«Entasser les cadavres»

Même s’il a été l’un des premiers en France à rapper sur le sujet, le chanteur Dehmo trouve lui aussi que les plus jeunes vont un peu loin: «Ils prônent la lean, les pilules, les médicaments, ce genre de drogues vraiment dures. Mais il faut se rendre compte qu’il y a plein de gens aux États-Unis qui commencent à mourir, à force d’en abuser.»

Ryan Hampton confirme que la situation est critique: «Dans l’Ohio, il n’y a même plus assez de place pour entasser les cadavres. Les autorités sont obligées de les conserver dans des réfrigérateurs mobiles laissés sur le trottoir!»

En octobre, l’administration Trump a déclaré la crise des opioïdes «urgence de santé nationale». Pour lutter contre le fléau, elle vient d’annoncer un budget un peu flou, tournant autour des six milliards de dollars. «Ce n’est rien. Selon les estimations, pour renverser les effets de cette crise, il faudrait entre trente et trente-cinq milliards par comté américain. Soit presque 11.000 milliards de dollars. Il faut revoir tout le système de santé, de justice et d’action sociale. Le changement doit être global», développe l’ancien addict.

D’autant plus que depuis quelques années, un nouvel opioïde surpuissant commence à inonder le marché: le fentanyl. Cinquante  fois plus fort que l’héroïne tout en étant beaucoup moins coûteux, ce médicament est désormais fabriqué illégalement en Chine, puis revendu dans les rues américaines.

Dans certaines régions des États-Unis et du Canada, cet antidouleur tue désormais plus que l’héroïne, car il est souvent absorbé par des consommateurs pensant avoir affaire à des opioïdes moins puissants. C’est comme ça que sont morts, par exemple, Michael Jackson, Prince, Tom Petty ou Dolores O’Riordan.

Il y a trois mois, c’est la jeune star du rap Lil Peep, 21 ans, qui décédait d’une overdose de fentanyl et de xanax, après avoir posté sur les réseaux sociaux des photos de lui la bouche pleine de pilules.

Il y a un mois, c’est cette fois le rappeur Fredo Santana qui mourait après avoir surdosé son gobelet de lean. De quoi jeter un froid dans le monde du hip-hop, où de plus en plus d’artistes commencent à militer contre les médicaments qu’ils ont longtemps prônés.

C’est le cas de Wiz Khalifa qui multiplie les déclarations contre la leanqu’il aimait tant, ou de Dehmo en France. «Ce n’est plus trop mon délire», explique ce dernier. Même chose du côté de Lil Xan qui, malgré son nom, a récemment lancé un mouvement anti-xanax. Sur scène, il scande désormais: «Fuck Xanax 2018.» Promis, pour le réveillon 2019, retour au bon vieux beer pong.

La mafia de la drogue du Kosovo
fournit de l’héroïne à l’Europe

Les agences internationales qui luttent contre le trafic de drogue avertissent que le Kosovo est devenu un “paradis pour les contrebandiers” qui fournit jusqu’à 40% de l’héroïne vendue en Europe et en Amérique du Nord.

Les forces nationales, qui luttent pour le maintien de la paix dans la province un an après la guerre, n’ont aucun mandat pour combattre les trafiquants de drogue ; et – avec l’expulsion du Kosovo de la police serbe, y compris de la “4ème unité” de la brigade des stupéfiants – les trafiquants empruntent la “route des Balkans” en toute liberté.

Les soldats de la paix de la K-For “pourraient bien venir d’une autre planète quand il s’agit de s’attaquer à ces types”, a déclaré Marko Nicovic, avocat et vice-président de l’association internationale des officiers chargés de la lutte contre les stupéfiants, basée à New York.

“C’est le réseau de narcotiques le plus difficile à démanteler parce qu’il est dirigé par des familles et qu’il a même sa propre langue. Le Kosovo est en passe de devenir le centre du cancer en Europe, comme l’Europe occidentale le découvrira bientôt”.

Il estime que les trafiquants de la province manipulent actuellement entre 4,5 et 5 tonnes d’héroïne par mois et que ce chiffre augmente rapidement, comparé aux deux tonnes qu’ils transféraient avant la guerre du Kosovo de mars-juin de l’année dernière, lorsque les bombardements de l’OTAN ont forcé le régime serbe à se retirer de la province, majoritairement albanaise.

“C’est plus facile et moins cher – et il y en a beaucoup plus. Le prix baisse et si cela continue, nous prévoyons un boom de l’héroïne en Europe occidentale comme au début des années 80”.

Un trafiquant d’héroïne de Belgrade a confirmé au Guardian que depuis la guerre, les trafiquants d’héroïne du Kosovo, pour la plupart issus de quatre grandes familles, se concentrent sur les marchés d’Europe occidentale et des États-Unis.

Un kilo d’héroïne qui vaut 10 000 livres au Kosovo ou 20 000 livres à Belgrade peut rapporter 40 000 livres sur les marchés britannique, italien ou suisse, a déclaré cet intermédiaire d’héroïne de 24 ans. Il s’attend à ce que la route du Kosovo se développe : “Il n’y a personne pour les arrêter.”

Seule la moitié des 5 000 policiers promis sont arrivés pour participer à l’opération de paix dans la province, qui est maintenant la principale voie d’acheminement de l’héroïne vers l’Europe occidentale et les États-Unis, en passant par certains des pays les plus troublés du monde, l’Afghanistan, le nord de l’Iran, les États du sud de la Fédération de Russie, l’Azerbaïdjan, la Turquie et le Kosovo.

“C’est la Colombie de l’Europe”, a déclaré M. Nikovic, qui a été le chef de la brigade des stupéfiants yougoslave jusqu’en 1996. “Lorsque la police serbe brûlait des maisons au Kosovo, elle en trouvait [de l’héroïne] fourrée dans le toit. Pour autant que je sache, il n’y a pas eu un seul rapport de saisie d’héroïne par la K-For au cours de la dernière année. Ce sont des soldats, pas des enquêteurs criminels”.

En écho à cela, un fonctionnaire de l’OTAN à Bruxelles a déclaré “Les généraux ne veulent pas transformer leurs troupes en flics … Ils ne veulent pas que leurs troupes se fassent tirer dessus en poursuivant des vendeurs au noir.”

Il n’y a aucune preuve que l’Armée de libération du Kosovo des Albanais de souche soit directement impliquée dans le trafic de drogue, mais selon la Revue internationale de la police, basée en Grande-Bretagne et publiée par Jane’s, elle pourrait être dépendante des familles de trafiquants qui, selon la Revue, ont partiellement financé les opérations de l’UCK au Kosovo l’année dernière.

Lorsque les chefs des brigades des stupéfiants d’Europe du Nord et de l’Est se sont rencontrés en Suède il y a 10 jours, la route des Balkans était le principal problème, selon le chef de l’agence tchèque des stupéfiants, Jiri Komorous : “Il y a quatre voies de trafic de drogue à travers les Balkans vers l’Europe occidentale et nous devons améliorer nos tentatives pour contrôler les Albanais du Kosovo”.

La mafia kosovare fait de la contrebande d’héroïne depuis le milieu des années 80 – mais depuis la guerre du Kosovo, elle a pris ses propres responsabilités, selon M. Nicovic : “Vous avez un pays entier sans une force de police qui sait ce qui se passe.

La mafia albanaise du Kosovo est presque intouchable. “Tout se passe sur la base de la structure familiale ou clanique, la Fic (fraternité), il est donc impossible de planter des informateurs”, a déclaré M. Nicovic.

“Leur diaspora est en Turquie et en Allemagne depuis les purges communistes de Tito, donc toute la filière est mise en place. Maintenant, ils ont trouvé le seul pays entre l’Asie et l’Europe qui n’est pas membre d’Interpol”.

Pour la Grande-Bretagne, a-t-il dit, il y a deux routes : “Par camion à travers l’Allemagne, la Belgique et la France, puis via Douvres – et aussi à travers Budapest, la Pologne, les Pays-Bas, puis vers la Grande-Bretagne”.

La responsabilité de l’organisation du travail de la police au Kosovo “est une zone grise”, a déclaré le fonctionnaire de l’OTAN, mais “si le crime organisé continue à prospérer, il aura des ramifications intentionnelles”.

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